RDC. Soutenues par care, les victimes de viols et violences sexuelles démarrent une nouvelle vie

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from CARE
Published on 12 Jul 2018 View Original

En République démocratique du Congo, les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre. Les femmes qui en sont victimes font preuve d’un immense courage pour se reconstruire. CARE les accompagne, mène des projets de prévention et leur apporte un soutien médical et psychosocial afin qu’elles démarrent une nouvelle vie.

Violences sexuelles : armes de guerre dévastatrices

La RDC est en proie à de violents conflits qui semblent interminables et qui ne cessent de s’intensifier, en particulier dans les régions du Nord-Kivu et du Kasaï. Ainsi, la situation humanitaire est aujourd’hui l’une des plus complexes au monde : le pays compte plus de 4,25 millions de déplacés internes, et en Afrique subsaharienne, plus de 600 000 réfugiés sont originaires de RDC.

Les femmes, mais aussi les enfants, sont particulièrement impactées puisque les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre. Selon l’ONU, entre 1996 et les années 2010, ces violences ont fait plus de 500 000 victimes dans le pays. Les traumatismes psychosociaux et physiques sont dévastateurs pour les victimes, dont plus de la moitié sont des jeunes filles de 12 à 17 ans. Le retour à une vie « normale » s’avère compliqué, d’autant plus que les victimes sont marginalisées par leur communauté et obligées de payer une compensation pour « réparer leur faute » et éviter d’être rejetées. C’est ce qu’explique Grace :

" J’ai été battue et violée par cinq hommes armés en rentrant chez moi. Mon mari sait que j’ai été forcée, que je n’y suis pour rien, mais les gens parlent… Sa famille a réclamé une compensation. J’ai donné une chèvre pour réparer mon viol "

Malgré le traumatisme, la plupart des femmes expriment avec force leur souhait de rebondir. A travers ce portrait, c’est cette détermination et cette force qu’a souhaité retransmettre Fanny Lou :

" J’ai utilisé des couleurs franches et vives pour amener du positif dans ces destins et pour garder cette force que ces femmes représentent ".

Démarrer une nouvelle vie

Peu de victimes ont accès aux soins médicaux et psychosociaux. Quasiment aucune n’obtient justice, ni même de réparations financières. C’est pourquoi CARE soutient des centres de santé, forme le personnel soignant et distribue des médicaments, des kits de prophylaxie post exposition (PEP) et des antibiotiques pour limiter la transmission du VIH ou d’autres MST. Des travailleurs sociaux sont aussi formés afin d’assurer des séances d’information pour briser le tabou entourant le viol et accompagner les victimes dans leur reconstruction.

" J’ai reçu de l’aide et du soutien de la part de CARE. Ça m’a beaucoup aidée. J’ai appris comment avoir accès aux soins. Lors des séances de soutien psychologique, j’ai pu m’ouvrir. Je me sens mieux" témoigne Joséphine.

Pour garantir la réintégration des victimes et l’autonomisation des femmes à long terme, CARE fournit également une assistance financière, aide à la mise en place d’activités génératrices de revenus ou d’associations villageoises d'épargne et de crédit (AVEC) et offre des formations professionnelles.

Ensemble, nous pouvons changer les choses !