DR Congo

RDC - Situation de Protection Territoire d'Irumu Province de l'Ituri, Septembre 2020

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INTRODUCTION

Depuis le début du mois de septembre 2020, il a été observé une détérioration de la situation sécuritaire et de protection dans la zone de santé de Boga. Cette détérioration s’explique par les incursions récurrentes des groupes armés ( ADF, FRPI et la coalition des hommes armés qui appartiendraient à la communauté Nyali et Maï Maï Mazembe ) dans des villages de la région suivi des violations des droits humains, notamment les homicides, enlèvements, pillages, travaux forcés, incendies de maisons y compris certains sites spontanés des déplacés. Ces attaques multiples ont forcé de nombreux ménages à fuir leurs foyers dans les chefferies de Banyali Tchabi, Walese Vonkutu pour trouver refuge dans les localités qu’ils jugent relativement calme dans la chefferie de Bahema Boga située à environ 60 Km.

Cette insécurité fragilise davantage la situation de protection des civils dans la région, mais aussi limite leur accès aux champs pour les activités agricoles. Elle est aussi à la base de la perturbation de la cohésion sociale entre les membres des communautés, spécifiquement entre les Banyabwisha et Nyali. Ainsi par exemple, les membres de la communauté Nyali sont exposés aux risque d’être victimes des exactions (meurtres, viols, enlèvements, coups et blessures) lorsqu’ils empruntent les axes passant par les villages en forte concentration de Banyabwisha (villages Busyo, Katanga, Kyamata, Malaya et Malibongo). Cette situation est la même pour les membres de la communauté de Banyabwisha pour traverser les villages majoritairement habités par les Nyali (village Rubingo, la partie ouest de la localité de Tchabi).

Ce contexte de protection préoccupant a été décrit dans les alertes numéros 115 et 117 du 10 et 12 septembre 2020 partagées par INTERSOS/UNHCR.

A titre illustratif, le 08 septembre 2020 vers 18 heures, un groupe d’hommes armés qui appartiendraient à la communauté Nyali et qui seraient en coalition avec les miliciens Maï Maï Mazembe ont fait une incursion dans la localité à Payi payi dans les périphéries Belu1 en zone de santé de Boga. Lors de cette attaque ils ont tué 29 personnes à la machette et abondonné les corps dans la brousse. Toutefois, seuls 12 corps de 7 hommes et 3 femmes de plus de 20 ans ainsi que ceux de deux enfants garçons de 4 et 6 ans ont été récupérés et enterrés par les volontaires de la croix rouge. Les 17 autres corps n’ont jamais été retrouvés car les volontaires ne pouvaient pas mener des recherches à cause de la presence des hommes armés dans la zone. Lors de cette même incursion, une femme enceinte avait été enlevée puis relâchée dans la journée du 09 septembre 2020 vers 12 heures. Il sied de noter que toutes ces victimes sont de la communauté Banyabwisha.

C’est dans cette optique qu’une mission a été conduite dans ces zones de déplacement du 16 au 20 Septembre 2020. L’objectif principal de cette mission était de faire une analyse de la situation de protection et des facteurs limitant la jouissance d’accès aux services de base a été conduite.

L’équipe en mission s’est attelée aussi à évaluer, les menaces aux droits humains et libertés fondamentales auxquelles font face les déplacés qui se trouvent dans les localités de Boga, du Groupement Buleyi en chefferie de Bahema Boga et Tchabi du groupement Baleyi en chefferie de Banyari Tchabi.

Dans ce cadre une analyse a été faite sur les menaces liées à la limitation de la jouissance des droits et de l’accès aux services sociaux de base; une evaluation des capacités locales à faire face aux menaces de protection identifiées dans la zone, et aussi des aspects liés à la cohésion sociale et la nature de la collaboration entre la population hôte et les déplacés. Enfin, procéder à une collecte systématique des éléments sur le MRM et le MARA.

En vue d’obtenir des données et/ou informations plus fiables et suffisamment représentatives, l’équipe composée d’un Officier de Protection, de trois assistants de protection et d’un animateur de protection a utilisé une méthodologie active et participative (interactive) mais aussi inclusive. Des entrevues individuelles ont eu lieu avec 15 informateurs clés (des autorités locales, des représentants de la société civile, responsables des églises, des structures médicales et autres) ont été effectuées tout en tenant compte de l’aspect âge, genre et des différentes catégories d’âge.

Seize Focus Group Discussions (FGDs) ont été réalisés avec les groupes des déplacés dans ces différentes localités et aussi avec des membres de la communauté hôte (composés de 6 personnes au maximum). L’observation directe a été parmi les méthodes utilisées par l’équipe tout au long de la mission.

Lors des récoltes des données, les mesures barrières contre la propagation du Coronavirus ont été respectés dans l’objectif de prévenir de probables contaminations.