RDC: Rapport d’analyse mensuelle - Région : Nord-Est (Nord-Kivu, Ituri) Septembre 2019

Report
from UN High Commissioner for Refugees, Protection Cluster
Published on 10 Oct 2019 View Original

Les groupes armés restent présents et actifs dans la Province du Nord-Kivu.

Les opérations des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) contre les Forces Démocratique pour la Libération du Rwanda (FDLR) et leurs alliés, lors desquelles le général du FDLR a été tué, ont marqué la situation sécuritaire à Bwito en territoire de Rutshuru. D’ailleurs le territoire de Rutshuru a été marqué par 26 enlèvements et des opérations militaires contre les groupes armés afin de réduire leurs capacités de nuisance.
Dans le territoire de Walikalé, le 20 septembre, une forte présence des éléments Nduma Defense of Congo-Renove (NDC-R) a été observée autour des villages Luvungi, Binyampuri et Kembe, en groupement d’Ihana, au motif qu’ils recherchaient tous les déserteurs de leur mouvement.
Dans le territoire de Lubero, il a été rapporté des incursions et attaques contre des structures sanitaires ayant occasionné des destructions de matériels sanitaires et des enlèvements de personnel de la santé en violation de la résolution 1612 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

En territoire de Beni à Manyama, le 18 septembre 2019, des miliciens de groupes armés d’obédiences ethniques autochtones ont tenu une réunion populaire appelant la population à la désobéissance fiscale. Ces miliciens ont saccagé le bâtiment administratif du bureau de la Police Nationale Congolaise (PNC) et de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). Au regard de la tension observée dans cette localité à l’initiative des miliciens, les civils ont tué, par jets de pierres, un militaire des FARDC de passage. Si des éléments des FARDC décident d’intervenir militairement en guise de représailles, les populations pourraient être contraintes au déplacement.
La nuit du 22 au 23 septembre 2019, le site des déplacés de Mungote, à Kitshanga, dans le territoire de Masisi, qui est sous la coordination du HCR et géré par la Commission Nationale des Réfugiés (CNR), a fait l’objet d’une attaque meurtrière avec 2 personnes déplacées mortes et 3 PDIs blessées par balles.

Les points de contrôle tenus par des éléments des FARDC et des éléments de groupes armés sont des lieux de prélèvements de taxes illégales. Autour de Mweso en territoire de Masisi, la FDLR a érigé plusieurs barrières en mois de septembre auxquelles la population civile est victime d’extorsions et de prélèvements sur leurs biens. Cette situation restreint ainsi la circulation des civils (PDIs, PDIs-retournées, résidents et réfugiés) vers le marché et vers leurs champs.

Dans la Province d’Ituri, les FARDC ont lancé, depuis le 21 juin 2019, l’opération militaire dénommée « Tempête de l’Ituri» qui a permis de libérer plusieurs localités aux mains d’hommes armés non identifiés. En dépit de ces résultats, la couverture géographique par les forces loyalistes reste faible, ce qui permet aux hommes armés non-identifiés et groupes armés de continuer à mener des incursions dans des villages et des sites spontanés de déplacés (Duko et Rho en territoire de Djugu). Ces attaques ont provoqué de nouveaux déplacements de ces sites vers les autres villages et sites dont Katoto, Telega, Luvangire, Sesele, Mutumbi, et Bunia. La continuation des attaques contre les sites des déplacés par des hommes en armes risque de causer un nouveau au déplacement massif vers Bunia et des villages environnants de Bunia. Ce qui augmenterait encore les besoins humanitaires dans ces zones d’accueil.

Les habitants des zones de santé de Linga et Rety en territoire de Djugu sont victimes des exactions, comme des cas de coups et blessures et de pillages, de la part des éléments de la FARDC. Les FARDC exigeraient aux personnes qui passent par leurs points des contrôles sur l’axe Linga – Jiba entre 100 et 500 Francs Congolais. Ces exactions sont à la base du climat de méfiance entre les civils et les FARDC