DR Congo

RDC : Point de presse du mercredi 6 juillet 2005

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La MONUC « note des progrès encourageants dans le processus d'enregistrement des électeurs en République Démocratique du Congo », a indiqué le Directeur de l'Information Publique, M.Kemal Saiki, lors du point de presse hebdomadaire.

« Au rythme actuel des inscriptions, on va sans doute atteindre puis dépasser le chiffre d'un million d'électeurs inscrits avant la fin de cette semaine », a-t-il ajouté avant d'observer que « par les temps qui courent, les foules sont plus nombreuses devant les bureaux de recensement que pour manifester ».

« Le train de la nouvelle ère de transition démocratique de la RDC a démarré et ceux qui au lieu d'aider à accélérer le processus électoral pourraient le faire dérailler, risquent de rester sur le quai » a déclaré, M. Saiki.

« Il est important que tout le monde s'enregistre pour pouvoir voter. Il faut aussi que les responsables des partis politiques s'inscrivent car si on n'a pas sa carte d'électeur, on ne pourra ni élire ni être élu. Il est également très important de souligner que la carte d'électeur est gratuite. Il n'est pas question de prendre de l'argent à ceux qui y ont droit, ou, en donner pour l'obtenir », a poursuivi le chef de l'Information Publique.

La MONUC déplore les pertes en vies humaines, blessés, destructions de biens ainsi que les pillages survenus au cours des évènements de dimanche dernier à Mbandaka et est préoccupée par les conséquences de ces violences qui font des victimes dans la population civile et visent des organisations humanitaires qui sont là pour servir cette population.

« La MONUC, une fois de plus, voudrait attirer l'attention du gouvernement de transition sur la nécessité de prendre les mesures urgentes qui s'imposent pour accélérer les réformes en cours dans le secteur de la sécurité et notamment le brassage ainsi que l'intégration au sein de l'armée nationale unifiée », a indiqué le Directeur de l'Information Publique.

Estimant qu'il est « crucial pour la République Démocratique du Congo de disposer d'une armée bien formée, bien équipée, adéquatement et régulièrement payée », M. Saiki a rappelé que « la communauté internationale et la MONUC ont insisté à plusieurs reprises pour que le gouvernement de transition mette en place des mécanismes fiables et durables afin que la solde des militaires arrive bien à destination et soit effectivement encaissée par leurs destinataires réels, à savoir les militaires des FARDC, qui méritent de recevoir à temps leurs salaires mensuels et leur nourriture ». « Il est absolument inadmissible que des sommes énormes sortent chaque mois des caisses de l'Etat et soient destinées à des soldats fantômes et détournées de leurs bénéficiaires officiels », a déclaré le Directeur de l'Information Publique.

« A propos de l'Ituri, la MONUC dénonce les appuis provenant d'un pays limitrophe et dont bénéficient ceux des milices qui ont choisi de poursuivre leurs violences, meurtres, massacres et pillages en Ituri pour le compte de réseaux mafieux aux ramifications internationales » a conclu M. Kemal Saïki.

Au sujet des activités militaires, le porte-parole militaire, le Lieutenant-colonel Thierry Provendier a indiqué que « le 4 juillet 2005, la brigade du sud a lancé une opération baptisée Falcon Sweep. Essentiellement dissuasive, cette opération militaire avait pour objectif d'élargir la zone d'action de la brigade. Elle poursuit deux buts : Tout d'abord rechercher et pousser les groupes armés qui se trouvent actuellement dans la région à la quitter. Ensuite, assurer la sécurité de la population ». « Cette opération a lieu dans les territoires de Walungu et Kabare. Il s'agit d'opération conjointe qui met en ouvre toutes les unités disponibles de la brigade du sud kivu. C'est à dire la compagnie Guatémaltèque, les éléments de réserve et de réaction rapide pakistanaise. Les unités de FARDC prennent également part à cette opération. Nous avons à peu près 80 hommes qui recherchent les camps de combattants et prennent contact avec eux », a précisé le Lieutenant-colonel Provendier.

S'agissant des conflits de leadership au sein des FDLR, M. Patrick Garba de la Division du DDRRR a déclaré que « la MONUC n'est pas concernée par ces conflits. Nous n'avons pas d'interlocuteurs privilégiés. Seules nous intéresse, les personnes pouvant faire avancer le processus de désarmement et de rapatriement ».

En relation avec l'Ituri, le porte-parole adjoint, M. Mamadou Bah a noté , s'agissant du Désarmement et la Réintégration communautaire que « les centres de transit sont fermés dans le district sauf à Bunia. A charge maintenant pour le PNUD et la CONADER d'assumer leurs responsabilités en ce qui concerne la réinsertion communautaire des ex-miliciens en Ituri. Il s'agit notamment pour la CONADER de vérifier la base de données, de s'assurer qu'un plan cohérent de paiement des indemnités du filet de sécurité soit mis en place en étroite collaboration avec la MONUC, qui assure la sécurité en Ituri ».

« Depuis le 25 juin, aucun ex-combattant ne peut avoir accès aux bénéfices du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (PNDDR) s'il n'a pas été désarmé avant cette date », a précisé M. Bah.

Le porte-parole adjoint a également indiqué que «Les avantages ou bénéfices du PNDDR incluent la prime de retour (qui est de 110 dollars) et les indemnités du filet de sécurité (qui sont de 25 dollars par mois pendant un an). C'est une somme significative par rapport au niveau de vie local. C'est un effort considérable consenti par la communauté internationale car c'est elle qui finance et paie ce programme. Il est donc essentiel de mettre en place un système de gestion, de planification et de distribution qui corresponde à des standards internationaux ».

M. Mamadou Bah a ajouté que pour l'instant, il n'y a pas de bureau de la CONADER à Bunia ou ailleurs dans l'Ituri, un district qui compte 6 millions d'habitants avec une superficie de 65.000 kilomètres carrés.

« La MONUC recommande la mise en place d'un cadre de dialogue avec les ex-combattants qui leur permette de savoir exactement ce qu'ils veulent faire comme métier et ce à quoi ils ont droit » a-t-il conclu.

Sur l'agenda du chef de la MONUC, le porte-parole adjoint a indiqué que « le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la RDC, William Swing, s'est rendu ce mercredi à Mbandaka, dans le cadre du suivi des évènements qui se sont produits dans cette ville dimanche dernier. Monsieur Swing doit s'y entretenir avec le gouverneur, discuter avec les autorités locales et rencontrer les membres du personnel du bureau local de la MONUC ».

M. Bah a aussi annoncé que « ce week-end Monsieur Swing quittera Kinshasa pour se rendre à Bruxelles o=F9 il participera, lundi prochain, le 11 juillet, à une réunion des bailleurs de fonds destinée à mobiliser des ressources financières pour les élections en République Démocratique du Congo. Le Chef de la MONUC prononcera le discours d'ouverture de cette conférence des donateurs. Le lendemain, toujours à Bruxelles, le chef de la MONUC prendra part à une session sur la bonne gouvernance et la corruption, organisée à l'initiative de l'Union européenne. A cette occasion, Monsieur Swing prononcera un discours le matin et fera une présentation sur la RDC au cours de l'après-midi ».

Présents au point de presse, le Directeur de la Division des Droits de l'Homme, Monsieur Fernando Castanon, et le Chef de l'Unité d'Appui à la Justice, Monsieur Luc Henkinbrant ont rendu public un rapport sur les manifestations publiques à l'occasion du 30 juin 2005 dans les provinces du Kasaï oriental, du Kasaï occidental et Kinshasa. Concernant cette dernière province, la Division des Droits de l'Homme de la MONUC a conduit des enquêtes le 1e juillet dans neuf hôpitaux et cliniques de la ville. « L'équipe d'enquête a pu confirmer un cas de mort et 19 cas de blessures, dont 7 par balles », a noté M. Henkinbrant.

Considérant que la plupart des cas de blessures par balles de citoyens qui se trouvaient chez eux sont dues à une utilisation non nécessaires des armes à feu utilisées pour disperser les manifestants , le chef de l'Unité d'Appui à la Justice a indiqué que « la MONUC recommande que les enquêtes nécessaires soient diligentées pour élucider les circonstances exactes de tous les cas de décès et blessures et le cas échéant que les responsables soient identifiés et traduits devant les instances disciplinaires et les tribunaux ».

Au sujet des événements de Mbuji-Mayi, la Division des Droits de l'Homme de la MONUC mène des enquêtes sur les allégations d'usage excessif de la force par la police. « Selon des informations recueillies des heurts violents se sont produits le 25 juin 2005 dans plusieurs endroits de la ville entre civils et des agent de la PIR qui ont occasionné la mort d'au moins quatre personnes fait neuf blessés . Nous avons pu constater sur les corps des victimes les traces des impacts d'armes à feu », a notamment déclaré M. Luc Henkinbrant.