DR Congo

RDC : Point de presse du mercredi 13 juillet 2005

Source
Posted
Originally published
PID

« La MONUC déplore l'assassinat, une fois encore, d'innocents civils Congolais, par des miliciens, dont l'identité reste à déterminer », a déclaré le Directeur de l'Information Publique - lors du point de presse hebdomadaire de la MONUC - au sujet des évènements tragiques de ce week-end dans la localité de Mamba, située dans le Sud Kivu.

« Il s'agit de l'expression des derniers soubresauts d'une guerre qui n'a que trop duré. Ce sont, en tout cas, des actes de terreur et de désespoir », a-t-il ajouté avant d'annoncer, citant que le Commandant adjoint des Forces de la MONUC, le Général Patrick Cammaert, que « la MONUC fera tout pour trouver ces criminels et les traduire devant la justice congolaise ».

Expliquant que « c'est justement pour mettre fin à ce type de tueries que la MONUC a accéléré récemment ses opérations dans le Sud Kivu », M. Kemal Saïki a rappelé que « l'objectif des opérations 'Iron Fist' et 'Falcon Sweep' est, effectivement, de faire comprendre aux FDLR et autres groupes armés, que le message de la MONUC reste ferme : Les FDLR doivent laisser leurs troupes intégrer le processus de désarmement volontaire conformément à l'acte d'engagement qu'ils ont signé, fin mars à Rome ».

Au sujet des opérations des Casques bleus sur le terrain, le porte-parole militaire, le Lieutenant-colonel Thierry Provendier, a indiqué que « depuis le 4 juillet la brigade du Sud Kivu mène une série d'opérations militaires dans différentes zones sensibles du Nord et Nord-Est de la province. L'objectif est d'élargir la zone sous contrôle de la MONUC afin d'assurer la sécurité des populations qui souffrent d'exactions ».

Le Lieutenant-colonel Provendier a précisé que « les opérations menées actuellement sont des opérations de contrôle de zone de deux types qui impliquent les troupes pakistanaises et les forces spéciales Guathemalthèques appuyées par des hélicoptères de combats indiens. Elles consistaient d'une part à des déploiements de troupes héliportées dans diverses zones occupées par les groupes armés. Et d'autre part en des déploiements terrestres massifs lancés le 7 juillet dans les territoires de Walungu et Kabare ».

« Le bilan est positif, les FDLR et autres Rasta ont montré des signes manifestes de désorganisation devant le renforcement des activités militaires de la MONUC » a noté le porte-parole militaire.

Le chef d'Etat Major de la MONUC, le Général Collot D'Escury, a pour sa part indiqué que le mandat reçu par la MONUC à travers la Résolution 1565 ne consiste pas à s'engager dans des opérations conduisant à un désarmement forcé. « Nous n'avons pas ce mandat, ni les moyens. Cette mission est du ressort des Forces armées congolaises. Nous sommes en train de travailler en étroite coopération avec l'Etat-major des FARDC pour d'une part renforcer l'équipement de l'armée congolaise et d'autre part améliorer dans la durée le processus de soutien logistique des unités déployées sur le terrain et engagées dans les opérations », a déclaré, le général Collot D'Escury. « Nous sommes certes sous le chapitre 7 mais il est aucunement question dans la Charte des Nations Unies de faire la guerre. Les opérations de guerre sont de la responsabilité des FARDC » a ajouté le Chef d'Etat Major avant de conclure qu' « il est anormal que la MONUC soit toujours prise pour bouc émissaire. La MONUC n'a pas un mandat de maintien d'ordre et de poursuite judiciaire ».

En relation avec l'Ituri, le Directeur de L'Information Publique a noté que «la presse ougandaise a rapporté récemment des informations au sujet de l'accueil réservé par les autorités ougandaises aux chefs des milices criminelles de l'Ituri. Selon ces articles, Kampala aurait même suggéré ne pas avoir reçu de mandat pour leur arrestation ».

Tout en rappelant que l'Ouganda n'est pas encore membre de la Communauté des Etats d'Afrique australe (SADEC) et que, par conséquent le Protocole du 3 Octobre 2002 sur l'extradition ne lui est pas applicable, M. Kemal Saïki a indiqué qu' « il existe cependant une base juridique pouvant être utilisée par l'Ouganda pour extrader les seigneurs de guerre de l'Ituri ».

« La Résolution du Conseil de Sécurité 1592 du 30 mars 2005 exige dans son Paragraphe 9 que le Gouvernement de l'Ouganda fasse cesser l'utilisation de son territoire en soutien aux activités des groupes armés opérant dans la région. D'autre part, la Résolution 1565 (toujours applicable conformément au paragraphe 1 de la Résolution 1592) exige dans son Paragraphe 19 que les Gouvernements de la région (donc y compris l'Ouganda) prennent sans tarder les dispositions nécessaires pour traduire en justice les responsables des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire, le cas échéant avec l'assistance internationale appropriée », a notamment expliqué M. Saikï.

La MONUC « félicite les autorités de la transition ainsi que l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), parti de l'opposition, pour la tenue pacifique du meeting organisé par ce dernier, le samedi 9 juillet 2005 à Kinshasa », a d'autre part souligné le Directeur de l'Information Publique.

« Autorisée par le Gouvernorat de Kinshasa conformément à la législation en vigueur, cette réunion s'est déroulée dans le calme et le respect de la loi », a-t-il poursuivi avant de remarquer que « la MONUC note avec satisfaction que les autorités ont fait preuve d'un grand sens des responsabilités dans le maintien de l'ordre tandis que les sympathisants de l'opposition qui ont participé à ce meeting ont, pour leur part, exercé leurs droits dans un esprit de maturité et de retenue ».

Espérant qu'il s'agit là d'une nouvelle phase dans la pratique de l'expression politique en RDC, la MONUC « se réjouit d'une telle évolution qui démontre la capacité de toutes les parties, en RDC, à faire preuve de tolérance et à respecter les principes de l'ordre républicain ainsi que ceux de l'exercice de la démocratie, qui doivent caractériser le processus qui mènera le pays à des élections libres, transparentes et crédibles », a déclaré M.Saïki.

« La manifestation du 9 juillet est la démonstration qu'il est possible pour la police de gérer le maintien de l'ordre sans usage des armes à feu », a enfin observé le chef de l'Information Publique.

Au sujet du processus d'enregistrement des électeurs en République Démocratique du Congo, « le chiffre de 1.750.000 inscrits a été dépassé et nous atteindrons sans doute celui de 2 millions avant la fin de cette semaine », a indiqué, M. Kemal Saïki

Sur l'agenda du chef de la MONUC, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la RDC, le porte-parole adjoint, M. Mamadou Bah, a rappelé que « M. William Swing, a participé le lundi 11 juillet 2005 à Bruxelles, à la réunion des bailleurs de fonds du processus électoral en République Démocratique du Congo, co-présidée par la Commission européenne et les Nations Unies ».

« Les donateurs de la communauté internationale ont décidé de renforcer leur soutien pour des élections en RDC, en s'engageant à apporter des fonds supplémentaires pour un montant équivalent à 100 millions de dollars américains », a ajouté M. Bah

" Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'ONU pour la RDC, M. Ross Mountain, se réjouit des résultats de cette conférence de Bruxelles dont il estime qu'ils constituent une bonne nouvelle pour la RDC. Monsieur Ross Mountain souhaite souligner que cette conférence des donateurs de la RDC à Bruxelles est le fruit des efforts déployés spécialement par le commissaire européen au Développement, Louis Michel, qui a eu l'initiative de la tenue d'une telle réunion. Le Représentant spécial adjoint estime que l'investissement personnel de Monsieur Louis Michel dans ce dossier est la preuve de l'importance qu'il continue d'attacher au processus de transition démocratique en RDC. C'est également la preuve de l'importance de l'implication de l'Union européenne en République Démocratique du Congo. Enfin, Monsieur Mountain exprime la gratitude de la MONUC à l'ensemble des pays de la communauté internationale qui ont fait preuve de leur engagement au profit du processus électoral congolais. Il s'agit notamment de la Belgique, des Pays-Bas, du Canada, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et de la Suède » a par ailleurs déclaré, le porte-parole adjoint.

M. Mamadou Bah a aussi annoncé qu'« hier, mardi 12 juillet, après avoir participé à une réunion dans la capitale belge sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, Monsieur Swing s'est rendu à New York, au siège des Nations Unies. Ce mercredi 13 juillet 2005, Monsieur Swing fera une présentation orale sur la situation en RDC devant le Conseil de Sécurité de l'ONU. Immédiatement après il donnera une conférence de presse devant les journalistes basés à New York ».

Enfin dans le cadre de ses efforts pour maintenir l'attention et l'engagement ferme de la communauté internationale et des donateurs sur le dossier de la RDC, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'ONU pour la RDC, « Monsieur Mountain, doit se rendre la semaine prochaine aux Pays-Bas, à Paris et Genève.Cette tournée européenne, aura essentiellement pour but la mobilisation de ressources financières dans le domaine de l'humanitaire et du développement en République Démocratique du Congo. Le Représentant spécial adjoint qui est également le coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC, préside cette semaine la réunion en vue de l'élaboration de l'Appel Consolidé 2006 pour la RDC. Cette réunion, qui a débuté hier et se poursuit aujourd'hui, réunit des bailleurs de fonds, des pays donateurs, des organisations non gouvernementales et des agences humanitaires. Plusieurs experts en provenance des capitales européennes participent aussi à cette rencontre annuelle. L'objectif est de mettre en ouvre la stratégie humanitaire commune de la RDC pour 2006 », a indiqué Mamadou Bah.

Présent au point de presse, le Directeur de la Division des Droits de l'Homme, M. Fernando Castasnon a mentionné que suite aux incidents survenus à Mbandaka les 3 et 4 juillet « la MONUC a dépêché du 5 au 7 juillet, une équipe de l'Unité d'enquêtes spéciales afin d'enquêter. Après avoir visité les quartiers les plus touchés par l'attaque des militaires et rencontré 41 victimes et témoins, la MONUC a pu confirmer l'exécution sommaire de 5 civils, la blessure de 26 personnes, dont 12 blessés par balle, le viol d'au moins 22 civils dont trois mineures et un homme ».

Précisant que « les responsables de ces incidents sont surtout les éléments du 391e bataillon de la 39e brigade », M. Castanon a souligné que « la MONUC se félicite que le commandement de la 3e région militaire ait ouvert des enquêtes lendemain de l'incident. Ils ont pu récupérer une partie des biens pillés et arrêté 58 militaires ».