DR Congo

RDC: L'ONU ouvre une enquête sur des accusations de cannibalisme

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KINSHASA, 9 janvier (IRIN) - La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (appelée la MONUC) a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête sur des accusations de cannibalisme et autres violations des droits de l'homme perpétrées par des rebelles près de la ville de Beni, dans la province du Nord Kivu, au nord-est du pays.
"Une équipe de la MONUC a commencé des investigations [dans cette zone] o=F9 80 000 à 120 000 personnes ont été déplacées", a déclaré aux journalistes la responsable de l'information de la MONUC, Patricia Tome, dans la capitale Kinshasa.

L'évêque de Beni-Butembo, Mgr Melchisédec Sikuli Paluku, ainsi que des militants des droits de l'homme, ont accusé le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) dirigé par Jean-Pierre Bemba, et son allié, le Rassemblement congolais pour la démocratie - National (RCD-N), d'avoir pratiqué le cannibalisme.

"Des personnes déplacées [à l'intérieur du pays] ont rapporté que [les rebelles] avaient mangé des pygmées et obligé des prisonniers à manger leurs propres oreilles, gros orteils et d'autres parties du corps", a soutenu Mgr Sikuli.

Les enquêteurs ont déjà questionné 200 personnes déplacées. Mme Tome a précisé que la plupart des personnes interrogées étaient soit des victimes
de viols, des habitants dont les biens ont été pillés et leurs animaux massacrés, ou des témoins d'exécutions sommaires et extrajudiciaires. Toutefois, dit-elle, les enquêteurs n'ont pas encore découvert d'"informations précises" prouvant la pratique du cannibalisme. Les résultats de l'enquête seront communiqués au Conseil de sécurité de l'ONU.

"Mbusa Nyamwisi [le chef du RCD - Kisangani - Mouvement de libération, RCD-K-ML] a promis de pourchasser les responsables de ces violations, et
Jean-Pierre Bemba a (aussi) promis de punir les responsables", a confirmé Mme Tome. Le MLC et le RCD-N ont repris les combats contre le RCD-K-ML dès le lendemain de la signature d'un accord de cessez-le-feu parrainé par l'ONU, le 30 décembre dans la ville de Gbadolite, au nord-ouest du pays. La recrudescence des combats a incité près de 130 000 personnes à prendre la fuite.

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