DR Congo

RDC : l'ONU alarmée par les violations des droits de l'homme au Nord-Kivu

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Le Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé vendredi sa très profonde préoccupation concernant les violations des droits de l'homme au cours des derniers jours dans le Nord-Kivu, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), et a appelé toutes les parties à respecter les droits de l'homme et le droit humanitaire international.

« Pendant les précédentes périodes de combats dans cette région, nous avons constaté des exécutions arbitraires et sommaires, des viols, des enlèvements, des tortures, des harcèlements, des arrestations illégales et des détentions arbitraires à grande échelle, sans compter les vagues de déplacés », a souligné Mme Pillay dans un communiqué. « Au cours des derniers jours, un certain nombre de nouvelles violations ont été enregistrées par le personnel des Nations Unies chargé des droits de l'homme dans la région », a-t-elle ajouté.

Dans la capitale provinciale Goma, les principaux auteurs de pillages, de tueries et de viols semblent être des soldats renégats des forces armées congolaises (FARDC) dont beaucoup ont fui les combats. D'autres graves violations, dont des meurtres ciblés, ont été signalées dans des zones tenues par les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) commandés par Laurent Nkunda, ajoute le communiqué.

La reprise des combats il y a près d'une semaine entre les rebelles du CNDP et les FARDC ont poussé sur les routes des dizaines de milliers de civils. Le CNDP a déclaré un cessez-le-feu mercredi. La Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) a appelé toutes les parties à maintenir ce cessez-le-feu. La Mission a déployé jeudi dans la ville de Goma des patrouilles pour rassurer la population et empêcher de nouveaux actes de pillages et des violences contre la population civile. Elle assure également la sécurité des installations stratégiques telles que l'aéroport et les sièges des institutions, précise-t-elle dans un communiqué.

« Le nombre total de civils tués pour l'instant est inconnu, mais il est clair que la situation est extrêmement dangereuse », a dit Navi Pillay. Elle a appelé le gouvernement de la RDC à mettre en place des réformes institutionnelles radicales afin que ses forces de sécurité respectent les droits de l'homme de ses citoyens. « Ce qui s'est passé à Goma n'aurait pas dû arriver, alors que la plupart des violations ont été commises par des soldats appartenant aux forces gouvernementales », a-t-elle ajouté. Mme Pillay a également appelé la communauté internationale à aider le gouvernement à mettre en place ces réformes.