Nyiragongo - Goma
Depuis juin 2022, la Province du Nord Kivu en République Démocratique du Congo (RDC) fait face à une nouvelle crise liée au groupe M23 entrainant, d’importants déplacements de populations dans des zones jugées « sécures ». À leur arrivée, des milliers de PDIs occupent des sites reconnus par l’État dits « sites formels ».
Par contre, d’autres PDIs également nombreux, se retrouvent faute d'alternatives, dans des centres collectifs (établissements scolaires, églises, etc.) non reconnus par les autorités, constituant ainsi des sites informels. Pendant que l’attention et les efforts des autorités et de la communauté humanitaire se concentrent sur la recherche des terres pouvant accueillir les personnes déplacées internes (PDI), un autre défi majeur émerge : l’accès à la terre pour les sépultures des déplacés internes décédés, comme en témoignent Madame Anna et Monsieur Bahati, des déplacés internes vivants sur le site de Rusayo 2, Territoire de Nyiragongo.
Il est à noter que la précarité caractérisée par l’insuffisance de nourriture, l’exposition aux intempéries et aux maladies, est un facteur majeur des décès croissants parmi les PDIs dans les villages de Munigi, Rusayo et Muja dans le Territoire de Nyiragongo, ainsi que dans les sites périphériques de la ville de Goma.
Selon des sources locales, en particulier la société civile, les autorités locales et les familles éprouvées, les communautés déplacées rencontrent de sérieux problèmes pour « assurer des enterrements dignes à leurs défunts ». Cette situation s’explique par l’absence de terrains communautaires destinés aux sépultures dans les zones d’accueil. Les cimetières existants appartiennent à des entreprises privées et leur accès est conditionné au payement des frais.
En attendant l’issue des négociations avec les chefs terriens, les PDIs, faute de ressources financières pour payer les frais de morgue, sont souvent contraints de garder le corps dans la maison, malgré les risques sanitaires que cela comporte. Des sources locales ont déclaré que le montant pour avoir un espace pour l’enterrement est de « 35,000 francs congolais (environ 12.5 dollars américain) à payer avant de procéder à l’enterrement », ce qui constitue une somme difficilement accessible pour les familles déplacées.