DR Congo

RDC : La réinsertion des déplacés de guerre en marche

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Passalet Samy/MONUC

Plus de 3 000 déplacés de guerre à bord du bateau MB INGA regagnent leurs milieux d'origine. Ceux de Mbandaka vivant dans les sites ont pu embarquer dans ce bateau le vendredi 04 juin en présence du Ministre des Affaires Sociales qui a séjourné du 31 mai au 04 juin 2005 à Mbandaka pour superviser l'opération.

Mbandaka, le 04 juin 2005. Après quatre nuits d'accostage au port de Mbandaka, le bateau MB INGA, en provenance de Kinshasa et affrété par le Projet de réinsertion des déplacés de guerre, a quitté le samedi 04 juin pour Kisangani via Boumba, Lisala et Makanza. Au départ de Kinshasa, ce bateau avait à son bord 2 332 passagers. A Mbandaka, 752 déplacés de guerre sur les 2 500 ont obtenu leur quitus de départ pour leurs régions et villes d'origines. L'opération d'identification et d'embarcation de ces déplacés de guerre s'est déroulée au port public de l'ONATRA en présence du ministre des affaires sociales, Laurent OTETE Omanga. Il est venu superviser l'opération et constater de visu la situation sécuritaire et l'état sanitaire de tous les déplacés de guerre à bord du bateau MB INGA. «Je suis venu personnellement coordonner cette opération pour éviter les dérapages et m'assurer de la réinsertion de ces déplacés de guerre qui ont encore les séquelles de la guerre et de la famine. Toutes les dispositions sont prises par le Projet de réinsertion pour assurer le bon déplacement de ces personnes vulnérables dans leurs milieux d'origine. Ils recevront des vivres pour une période de deux mois», a déclaré le ministre des affaires sociales qui se penche en ce moment sur le cas des déplacés qui n'ont pas pu embarquer. Pour Laurent OTETE, les raisons existent: «les déplacés de guerre vivant dans les sites sont prioritaires; ceux qui sont dans les familles d'accueil pourront quitter dans les prochains jours si les moyens sont débloqués après concertation entre le ministère des affaires et le système des Nations Unies.»

Satisfaction des déplacés de guerre

Cette opération conjointement pilotée par le ministère des affaires sociales et le système des Nations Unies a connu cette fois-ci un succès, affirment les déplacés de guerre identifiée dans les sites. «Dans un passé récent, l'opération de réinsertion n'a pas réussi à cause de cafouillages et magouilles de tout genre. Cette fois-ci, avec l'implication du système des Nations Unies les choses se passent à la satisfaction de tous, même si beaucoup attendent leur départ dans les prochains jours», a lancé un déplacé de guerre au départ de Mbandaka. Il a confirmé également que chaque déplacé de guerre reçoit un kit composé de 55 dollars US, un vélo, un matelas mousse et des denrées alimentaires.

Les mécontents sont en majorité les déplacés de guerre vivant dans les familles d'accueil qui n'ont pas pu embarquer dans le bateau. Ils ont exprimé leur ras-le-bol au ministre des affaires sociales et aux responsables du Projet de réinsertion: «Depuis des mois nous vivons dans des conditions exécrables et on nous dit d'attendre encore quelques jours. C'est inadmissible. Nous avons exprimé notre mécontement au ministre des affaires sociales et au comité local de réinsertion. Après cinq ans de refuge, nous sommes impatients pour regagner nos milieux d'origine», a fait remarquer une femme, déplacée de guerre, au port public de l'ONATRA.

Le jeudi 02 juin, un groupe de déplacés de guerre a tenté de brutaliser les responsables du Comité local de réinsertion. Quatre personnes ont été arrêtées et huit autres ont été blessés suite aux échauffourées avec la police, a souligné le porte-parole des déplacés de guerre de Mbandaka. Information confirmée par l'Inspecteur principal de la police de Mbandaka qui promet de les libérer ce samedi 04 juin 2005. Pour l'inspecteur principal de police, ils ont perturbé le déroulement de l'opération.

Problèmes sanitaires

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la Croix Rouge et la MONUC, par le truchement de leurs représentations, ont apporté leurs soutiens à ces personnes vulnérables: soins médicaux, protections, assistances sanitaires à une femme qui a accouché dans le bateau, à quatre personnes qui souffraient de la malaria, à deux personnes qui faisaient la diarrhée et aux gens malnutris.

Les responsables de la Croix Rouge reconnaissent que les conditions dans lesquelles vivaient ces déplacés de guerre sont déplorables: manque de nourriture et d'eau potable face à la malaria qui fait des victimes dans la province de l'Equateur. Pour parer au plus pressé, la MONUC a donné de l'eau potable à chaque déplacé de guerre. Un apport salué par les passagers de MB INGA.

L'avenir du Projet de réinsertion de déplacés de guerre

Les questions ne manquent pas sur l'avenir de ce Projet qui a connu pas mal de péripétie. «En RDC nous avons dénombré 3 400 000 déplacés pour un budget d'environ 900 000 000 dollars américains. Le système des Nations Unies apporte son appui financier pour réussir l'opération et par la mise en place d'un fichier national d'identification des déplacés de guerre. Nous faisons en sorte que ce Projet pilote accorde une dignité aux déplacés de guerre et nous incitons les concernés à développer des activités génératrices de revenus pour leur auto promotion», c'est ce qu'a déclaré le Conseiller technique principal du Projet conjoint Ministère des Affaires Sociales et le Système des Nations Unies.