RDC: François Grignon souligne l’importance d’un dispositif de protection durable des populations civiles

Le Représentant spécial adjoint par intérim du Secrétaire Général des Nations Unies chargé de la Protection et des Opérations, François Grignon, a échangé avec la presse, ce mercredi 13 novembre, sur les activités de la Mission et les progrès en cours dans l’application de son mandat en partenariat avec le gouvernement congolais. A cet effet, il a plaidé pour la mise en place d’un dispositif de protection durable des populations civiles.

Dans la perspective du renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUSCO), François Grignon a informé la presse de la tenue à New York, ce 13 novembre, d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, qui marque le début des négociations pour le renouvellement du mandat de la Mission, le 20 décembre prochain. ‘’Cette réunion sera consacrée à débattre du rapport de la revue stratégique indépendante qui a été remise, il y a quelques semaines, au Conseil de sécurité’’, a-t-il déclaré, précisant que ‘’les recommandations de la revue ne sont pas celles du Secrétariat ou de la MONUSCO et elles n’ont pas encore été discutées en détail avec le Gouvernement’’.

Cependant, M. Grignon note que la philosophie générale du rapport de la revue stratégique souligne l’importance pour la MONUSCO de s’engager dans une stratégie de sortie durable et responsable pour faire place à un nouveau type de partenariat entre le Congo et les Nations Unies, se reposant sur le soutien de l’équipe de pays au Gouvernement et à la population. ‘’ Nous devons avoir une appropriation de l’Etat sur la gestion des questions de protection, étant donné que la MONUSCO est sur une stratégie de sortie de la République Démocratique du Congo’’, a-t-il déclaré devant la presse.

Le Représentant spécial adjoint estime que la réponse aux défis qui restent à relever en RDC doit se reposer en priorité sur la consolidation de l’Etat de droit. ‘’Plus que jamais, le Congo a besoin d’Etat, d’un Etat démocratique, d’un Etat dont les fonctions régaliennes minimales ont été consolidées sur l’ensemble du territoire, et surtout d’un Etat de droit, où le maintien de l’ordre est démilitarisé et où il n’y a plus d’impunité pour les crimes graves’’, a-t-il souligné.

Francois Grignon a salué les progrès importants réalisés depuis plusieurs années par rapport à la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire de la République. Il fait remarquer qu’actuellement, seulement 12 des 135 territoires du pays restent affectés en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud Kivu, par des violences armées.

Evoquant la situation dans en Ituri, M. Grignon note que la crise à Djugu s’est apaisée ces dernières semaines, notamment grâce aux efforts du Gouvernement et des autorités provinciales. Il parle aussi des progrès dans le processus de désarmement des miliciens FRPI dans le territoire d’Irumu. ‘’Ces progrès restent cependant réversibles et nous devons continuer à travailler en étroite collaboration avec les autorités pour les consolider et en assurer la pérennité’’, avertit-il.

Le chef adjoint de la MONUSCO a aussi exprimé ses inquiétudes face à la crise de protection que connait le Nord-Kivu, notamment dans le Petit Nord où, 53 % de toutes les violations des droits de l’homme sur le territoire de la République ont eu lieu cette année et 65 % d’entre elles ont été le fait de groupes armés nationaux et étrangers.

Dans les territoires de Fizi et Uvira, au Sud-Kivu, qui ont connu une détérioration significative ces dernières semaines, Francois Grignon juge inacceptables le discours de haine documenté dans certains médias et sur les médias sociaux contre les populations congolaises Banyamulenge. ‘’Nous condamnons cette violence et travaillerons avec le Gouvernement pour que les responsables [des discours de haine] soient menés devant la justice’’, a-t-il prévenu.

Sur le plan opérationnel, la MONUSCO a renforcé sa présence sur les hauts plateaux pour exercer un rôle dissuasif. La Mission appelle également à un renfort rapide de la présence et des moyens des FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo) pour reprendre rapidement le contrôle de la situation.

‘’Les crises dans le Sud-Kivu, comme le Nord-Kivu et l’Ituri, ont besoin de la restauration de l’autorité de l’Etat : un Etat démocratique, un Etat fonctionnel et impartial, et un Etat de droit’’, a conclu M. Grignon.