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RDC: 22 réfugiés centrafricains d’une même famille accueillis par un jeune Congolais à Mobayi-Mbongo

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Gbadolite, le 13 décembre 2017 (caritasdev.cd) : La conjoncture économique difficile et la solidarité africaine poussent souvent des parents à vivre dans une même parcelle avec leurs enfants et petits-fils. C’est ce qui est arrivé à Madame Ange-Marie NYAKONYADE. Commerçante de son état, cette quinquagénaire vivait paisiblement avec son mari, un pêcheur septuagénaire, et leurs enfants, neveux et petits-fils, dans la localité MUNE, Groupement Somba, en République Centrafricaine (RCA). Leur « petite » famille comptait ainsi 35 personnes. Tous Centrafricains.

Mme Ange-Marie excellait dans la vente du poisson. Elle traversait la rivière Ubangi, qui sépare son pays de la République Démocratique du Congo (RDC), particulièrement du Territoire de Mobayi-Mbongo, pour acheter du poisson qu’elle revendait en RCA.

Elle arrivait ainsi avec son mari à satisfaire les besoins fondamentaux de leur famille ; jusqu’au 16 mai 2017, lorsque les affrontements meurtriers entre les miliciens Seleka (d’obédience musulmane) et Anti-Balaka (de tendance chrétienne) les ont obligés à fuir en désordre vers Mobayi-Mbongo en RDC. Il n’était pas facile de réussir pareille opération pour une si grande famille. Mme Ange-Marie et son mari ont dû faire deux navettes avec une pirogue pour faire traverser tous leurs 33 dépendants en RDC.

B. Kokanda saisi de compassion sur la rive congolaise

De la rive congolaise à Mobayi-Mbongo, on pouvait entendre ce mardi-là des crépitements des balles de l’autre côté de la rivière. Les Congolais voyaient alors les réfugiés centrafricains, affolés, débarquer sur leur rive. Mr Gboku Kokanda était parmi eux. Habituée à traverser à Mobayi-Mbongo, Mme Ange-Marie s’était enfoncée dans le quartier riverain avec quelques enfants avant de revenir au rivage. Elle réussit ainsi à loger 13 enfants dans trois familles congolaises.

Mais, elle-même, son mari et 20 autres enfants se sont retrouvés sur la plage, ne sachant où aller, sous une pluie battante. C’est là que Gboku Kokanda est entré en jeu. Agé de 28 ans, fils du chef de Groupement, ce pêcheur congolais est marié et père de quatre enfants. Il a vu Mme Ange-Marie se couper en quatre pour mettre ses enfants, déjà traumatisés par la guerre qui les a chassés de leur maison en RCA, à l’abri de la pluie. A part elle et son mari, il y avait 8 filles et 12 garçons. Il a eu pitié d’eux. « Je vais tous les emmener chez moi, même si nous devrions après dormir comme des cochons », se dit-il. La maison de Gboku Kokanda compte quatre chambres. Lorsqu’il installa ses hôtes, il n’y avait plus de place pour lui, sa femme et ses enfants. Dans son élan de solidarité, il a dû alors leur laisser toute la maison pour aller vivre provisoirement chez son père.

Survie difficile pour ces réfugiés

Il était dès lors difficile pour Mme Ange-Marie de subvenir aux besoins fondamentaux de sa grande famille, a-t-elle confiée à caritasdev.cd, sous la traduction de Mme Mbuanga Ziambi Mado, Référente de la paroisse Saint Michel de Mobayi-Mbongo du Programme « Veille Humanitaire », piloté par Caritas International Belgique, pour le compte de la Caritas-Développement Molegbe. « Au début, je traversais et allais dans notre marché du côté de la RCA. Mais, la détérioration des conditions sécuritaires ne le permet plus depuis août dernier. Les miliciens Seleka et Anti-Balaka sont dans les parages. Le petit fonds que nous avons amené de la RCA est épuisé. Du coup, nous vivotons ici », a relevé la réfugiée.

« Pour manger, il faut espérer que l’enfant qui nous a accueillis attrape du poisson, qu’il nous le donne et que nous vendions, pour acheter des feuilles de manioc », a-t-elle poursuivi.

Que dire alors de l’éducation des enfants et des soins médicaux ? « Les enfants, surtout ceux du Cycle secondaire, ont difficile à étudier. Il leur faut des fournitures et frais scolaires. Voilà pourquoi deux enfants n’étudient pas », a regretté la Centrafricaine. Quant aux soins médicaux, ils ne sont pas assurés à la mesure des besoins. Mme Ange-Marie était elle-même couverte d’un gros pull-over, au moment de l’entretien ; car, depuis trois jours, elle faisait une fièvre sans possibilité de se faire soigner…

Besoin d’au moins 300 dollars Us pour démarrer un petit commerce

Face à cette misère, Mme Ange-Marie lance un cri de cœur aux personnes de bonne foi pour lui trouver au moins une somme de 300 dollars américains pour démarrer un petit commerce. Elle pourrait faire la route et aller chercher des marchandises vers Kotakoli (à 75 km) et rentrer les vendre à Mobayi-Mbongo. Elle pourrait aussi, avec moins que cela, débuter à vendre des beignets sur place. (Les bonnes volontés peuvent l’atteindre à travers le Chargé de Communication de la Caritas Congo Asbl au +243 998 45 60 39, communication@caritasdev.cd ).

Le Programme Veille Humanitaire en actions

Pour rappel, face à l’afflux des réfugiés centrafricains dans les Diocèse de Molgebe, Caritas International Belgique (CIbe) a intensifié son Programme de veille Humanitaire dans cette partie de la RDC. Caritas-Développement Molegbe, la Croix-Rouge sous la houlette de la Caritas Provinciale de Mbandaka, a organisé récemment une mission d’accompagnement et de renforcement des capacités des Référents CPC de 5 Paroisses ainsi que des volontaires de la Croix-Rouge sur l’axe Gbadolite-Yakoma, où se retrouvent les réfugiés centrafricains.

Cette mission a offert une belle opportunité à Caritas Congo Asbl de palper du doigt la situation des réfugiés centrafricains et collecter des informations pertinentes à partager avec l’ensemble de la Communauté humanitaire ainsi que toute la Confédération de Caritas Internationalis.

Voilà pourquoi un communiqué de presse a été publié le 11 novembre 2017, sous le titre : « Nord-Ubangi : pas assez d’aide pour les réfugies centrafricains ! ». Et ce témoignage de Mme Ange-Marie est une preuve du travail que réalisent ces Référents paroissiaux de « Veille Humanitaire. » Guy-Marin Kamandji