DR Congo

RDC : 21 jours après, sortir de l’épidémie d’Ebola

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Le 25 octobre 2014 a marqué le 21ème jour depuis l’hospitalisation du dernier cas confirmé d’Ebola. Trois jours plus tôt, Barbara Bentein, la représentante de l’UNICEF en République Démocratique du Congo, se rendait à Boende pour constater le travail des équipes du terrain.

Le 21ème jour, un stade clé

Les personnes atteintes par la maladie à virus Ebola développent les premiers symptômes jusqu’à 21 jours après avoir été en contact avec la maladie. Au-delà de ce seuil, le personne dite « contact », jusqu’alors suivie quotidiennement, est considérée hors de danger et peut reprendre une vie normale.

Le 21ème jour après l’hospitalisation du dernier cas confirmé en RDC le 4 octobre dernier est également une étape cruciale, puisqu’elle pourrait marquer le début de la sortie de crise. C’est un premier seuil. S’il n’y a pas de nouveau cas confirmé d’Ebola dans les 21 prochains jours, la RDC aura officiellement mis fin à l’épidémie ayant frappé la zone de santé de Boende, dans la province de l’Equateur, déclarée le 24 août 2014.

A la rencontre des équipes sur le terrain

Le 22 octobre, Barbara Bentein et Nona Zicherman, respectivement Représentante et Chef des Urgences de l’UNICEF en RDC, se sont rendues à Boende, en visite aux équipes et partenaires sur le terrain.

Pour atteindre Boende, l’avion de l’UNHAS a d’abord survolé l’immense forêt équatoriale et le splendide lac Inongo, avant d’atterrir à Mbandaka, où l’équipe a embarqué avec Aviation Sans Frontière pour Boende. A l’arrivée, la température des passagers a été prise une première fois, ce qui sera également le cas au retour, après que leurs souliers aient été méticuleusement désinfectés. Le protocole de santé est déterminant dans la gestion de la crise.

A l’aéroport de Boende, trois hangars ont été mis en place en coopération avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Ils abritent des vivres, du matériel médical et d’hygiène, ainsi que hors-bord et des vélos, qui permettent aux équipes de se rendre au sein des communautés, notamment pour la sensibilisation aux méthodes de prévention des contaminations et l’identification des cas et contacts.

« Nos collègues et nos partenaires travaillent dans des conditions extraordinaires. Leur investissement est permanent » a salué la Représentante de l’UNICEF.

Une coordination hors pair

Le gouvernement congolais a pris les rênes de la réponse à la crise dès ses prémices. Dès que l’épidémie a été déclarée, le gouvernement a positionné des fournitures médicales, des équipements et du personnel à Boende et Lokolia, l’épicentre de l’épidémie. Le mécanisme de réponse mis en place par le gouvernement comprend sept commissions: surveillance épidémiologique, soins médicaux et prévention des infections, laboratoire et recherche, soins psychosociaux, logistique, WaSH et communication.

Lors de sa rencontre avec le Chef de la coordination de la réponse du Ministère de la Santé et les autorités locales, la Représentante de l’UNICEF a félicité « l’excellente coordination et mobilisation des différente commissions. Depuis le début de l’épidémie les autorités et les agences travaillent ensemble, afin de répondre de manière efficace et coordonnée à la crise ».

Les partenaires du gouvernement fournissent leur assistance technique. Médecins Sans Frontières s’occupe de la prise en charge des cas, l’Organisation Mondiale de la Santé du suivi épidémiologique et l’UNICEF des actions de sensibilisation communautaire notamment. Le PAM et UNHAS ont mis en place un système de rotation afin que des vols réguliers soient assurés à destination de Boende.

Sur le plan médical, le contrôle de l’épidémie s’articule autour de quatre axes. L’identification des cas suspects, grâce aux relais communautaires se rendant en moto, à vélo, en bateau ou à pied dans les villages. L’investigation active des cas suspects effectuée par les relais à partir des rumeurs circulant dans les communautés. Le suivi des contacts : il y en a eu près de 800 depuis le début de la crise, aujourd’hui tous ont pu être renvoyés chez eux après un suivi de 21 jours. Les contacts non officiels (rumeurs, décès indéterminés) sont également suivis. Enfin, la sensibilisation de masse est le dernier élément clé permettant de contenir l’épidémie.

L’UNICEF, un appui fort dans la réponse à la crise

Lorsque le gouvernement a commencé à positionner des articles médicaux à Boende pour répondre à la crise, l’UNICEF a fourni du matériel médical et d’hygiène, des véhicules et des équipements de protection individuelle pour le personnel de santé. L’UNICEF a appuyé la mise en place de la gratuité des soins de santé dans la zone affectée, qui participe à renforcer l’identification des cas et des contacts.

Un système de pompage de l’eau de la rivière, ensuite filtrée et désinfectée, a été mis en place afin de fournir de l’eau potable à l’Hôpital Général de Référence ainsi qu’à la population. L’eau est pour l’instant stockée dans des réservoirs temporaires (bladders) mais un système pérenne est à l’étude, dans une perspective de sortie de crise. Le programme Village Assaini intégrera la zone de santé de Boende en 2015, afin de prolonger l’amélioration des conditions d’hygiène.

Des kits scolaires ont été distribués dans les écoles de la zone de santé, afin de garantir l’accès à l’éducation des enfants affectés. Des systèmes de lavage des mains ont été mis en place dans ces écoles, et les élèves ont été sensibilisés à la prévention contre la maladie. Certaines écoles seront réhabilitées ou reconstruites afin de renforcer la scolarisation des enfants sur le long-terme.

Pour la première fois, l’UNICEF RDC a privilégié l’intervention directe dans la réponse à l’urgence. Une semaine après le début de l’épidémie, Marcel Kabeya – chef du bureau de l’UNICEF pour la province du Bas-Congo – était envoyé sur le terrain. Depuis, 6 à 10 membres de l’équipe UNICEF sont en permanence sur le terrain, et disposent d’un système de financement « cash on hand » très souple leur permettant de répondre directement aux besoins qui surgissent.

Face à la crise, l’esprit d’équipe

La RDC n’est pas encore sortie de crise, mais un premier seuil a été franchi, deux mois exactement après que l’épidémie soit déclarée. La réponse a été exceptionnelle : l’épidémie a été identifiée deux semaines après le premier cas, contre 3 ou 4 mois lors des épidémies précédentes, grâce à l’implication du médecin chef de zone et la réactivité des autorités.

Sous l’impulsion du Chef de l’Etat avec le soutien de l’UNICEF, 21 formateurs dont 17 congolais viennent d’achever une formation de 10 jours pour renforcer leur expertise en formation d’équipes multidisciplinaires de riposte à l’épidémie d’Ebola. Ces experts renforceront ensuite les équipes internationales déployées dans les pays d’Afrique de l’Ouest affectés par l’épidémie. Cette formation pourrait avoir une importance cruciale en RDC si des cas d’Ebola surgissaient en milieu urbain, comme à Kinshasa, mais aussi pour faire face à d’autres épidémies. C’est en même temps un bel exemple de collaboration africaine qui se met en place.

L’investissement dans un effort d’équipe, entre autorités, agences et organisations, est une dimension forte de la réponse sur le terrain. Alors que Marcel Kabeya vient d’apprendre qu’il est hors de danger, 21 jours précisément après son retour du terrain, celui-ci conclut :

« Je voudrais remercier « mes compagnons de lutte » pour leur courage et qualités professionnelles que je n’aurais pu découvrir autrement. »