DR Congo

RD Congo/Nord Kivu : Des camps de déplacés utilisés comme base d'attaques rebelles

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La Mission de l'Organisation des Nations unies en République Démocratique du Congo (MONUC) s'est insurgée, le 29 octobre 2008, contre l'utilisation des camps de déplacés par les rebelles du CNDP (Congrès National pour la Défense du peuple) pour lancer des attaques contre les FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo), en violation des conventions internationales.

Intervenant au cours du point de presse de la MONUC, le chef des opérations militaires de la Mission onusienne, le Lieutenant Colonel Samba Tall, a indiqué que les attaques des rebelles visaient également les humanitaires, les Casques bleus et les installations de la MONUC.

Donnant plus de détails à ce sujet, le Lieutenant Colonel Tall a souligné que le CNDP avait initié, le 28 octobre dernier, des attaques sur le camp des déplacés de Mugunga. La MONUC craint la poursuite de ces attaques du CNDP sur les camps des déplacés situés entre Sake et Goma.

Pour parer à toute éventualité, «la MONUC a pris toutes les mesures qui rentrent dans le cadre de son mandat, à savoir protéger la population, sécuriser les axes et protéger les déplacés», a déclaré le Lieutenant Colonel Tall, précisant que le Mission a, ces trois derniers jours, utilisé la force à plusieurs reprises pour sécuriser les populations. «La MONUC continuera à le faire en application de son mandat», a-t-il dit.

Abondant dans le même sens, le porte-parole civile de la MONUC, Michel Bonnardeaux, a déploré le fait que les habitants de cette province (Nord-Kivu) subissaient de sérieuses violations du droit humanitaire, notant que des villages et des camps de déplacés avaient été pillés. Il a révélé que depuis le début des combats le 28 août dernier, on dénombre plus de 40 attaques sur des centres de santé, plus de 80 attaques sur des convois et installations humanitaires.

«Les combattants attaquent et pillent en toute impunité les ONG nationales et internationales», a-t-il affirmé.

La MONUC rappelle que l'extorsion de la propriété des civils est une violation grave des obligations de groupes armés en matière de conflits. Elle exige que toutes les forces belligérantes respectent les conventions de Genève et particulièrement le statut de Rome.

La MONUC demande aussi que les parties en conflit garantissent la libre circulation des personnes qui cherchent refuge pour se protéger des combats ainsi que la libre circulation des humanitaires qui cherchent à les secourir. Les forces combattantes ont aussi obligation de respecter l'infrastructure sociale tels que les hôpitaux, les centres de santé et les infrastructures d'eau potable.

Dégradation de la situation humanitaire

Le Bureau de Coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) en RDC a rapporté que la situation humanitaire s'était considérablement dégradée dans la province du Nord-Kivu depuis le week-end dernier, suite à l'intensification des combats sur l'axe Rutshuru-Goma.

OCHA a annoncé que les combats ont poussé des milliers de personnes (25 à 30.000) soit vers Rutshuru et Kiwandja au nord, soit en direction de Goma au sud.

Face à cette situation, les humanitaires font ce qu'ils peuvent, en distribuant à ces personnes de la nourriture et du matériel d'abris, compte tenu des pluies qui tombent régulièrement.

Par ailleurs, OCHA signale que depuis le début du mois de septembre, et selon les estimations faites par les organisations humanitaires, les combats au Nord-Kivu auraient provoqué le déplacement de 250.000 personnes dans les territoires de Rutshuru et de Masisi. A ce chiffre s'ajoutent de nombreux autres déplacés suite à la reprise des combats le 25 octobre dernier.

La plupart des personnes déplacées sont installées dans des sites publics créés spontanément. D'autres personnes déplacées cherchent plutôt refuge près des bases de la MONUC, comme à Tongo.

En dépit des efforts consentis par les acteurs humanitaires pour venir en aide aux déplacés, certaines zones restent inaccessibles à cause des combats, des barrières, des réquisitions de véhicules humanitaires, du ressentiment de la population etc.

C'est notamment le cas des régions de Nyanzale et de Mweso, dans le territoire de Rutshuru, signale OCHA. Par conséquent, une partie seulement de nouveaux lieux de déplacement ont déjà été évalués en besoins d'assistance d'urgence. Cette crise a créé des besoins humanitaires importants, en particulier en vivres, non vivres et abris, eau et assainissement, santé et protection, selon OCHA.