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RD Congo/Epidémie de Choléra à Kisangani : une mission conjointe gouvernement-OMS et UNICEF pour évaluer la situation sur le terrain

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Par Raymonde Senga Kosi

Face à la propagation de l'épidémie de choléra, le ministre de la Santé Publique, le représentant de l'OMS et la représentante de l'UNICEF ont effectué une visite de supervision dans la ville de Kisangani.

La propagation de l'épidémie du choléra a été constatée début mars 2011 à Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale. Au 31 mars 2011, un total de 786 cas avec 45 décès (taux de létalité : 5,7%) a été rapporté. Pour s'enquérir de la situation sur le terrain, le ministre de la Santé publique, Dr Victor Makwenge Kaput, le représentant de l'OMS, Léodégal Bazira et la représentante de l'UNICEF Pierrette Vu Thi, ont effectué du 30 au 31 mars 2011 une mission conjointe d'évaluation dans cette ville du Nord-Est de la RDC.

Dès leur arrivée, les membres de la délégation ont visité tour à tour les centres de prise en charge des cas dont le Centre de traitement du choléra (CTC) de Lubunga situé sur la rive gauche du Fleuve Congo tenu par MSF-B, et l'hôpital général de référence de Makiso-Kisangani sous la gestion du ministère de la Santé publique, avec l'appui de la Croix-Rouge de la RDC.

«Il était très important de venir à Kisangani, car la ville est victime d'une grosse épidémie qui a tendance à s'étendre vers d'autres zones de l'intérieur de la province, en particulier le long de principaux axes routiers », a indiqué le Dr Victor Makwenge Kaput, en insistant sur « le renforcement de la coordination de tous les partenaires autour de l'autorité provinciale afin d'éviter la dispersion des forces ».

Le communiqué conjoint sur la mission a fait savoir que dès le début de l'épidémie, l'OMS, l'UNICEF, la MONUSCO à travers leurs bureaux provinciaux respectifs ont apporté leur appui aux structures décentralisées de l'Etat pour organiser la lutte. Cet appui comprend entre autres la fourniture de médicaments et de solutés, l'organisation des points de chloration de l'eau de boisson et la participation à la campagne de sensibilisation.

La mission conjointe a également été l'occasion pour ces différents partenaires du gouvernement d'apporter un complément de matériels et de médicaments aux malades, lesquels ont été officiellement remis au gouverneur de la province, lors d'une cérémonie organisée pour la circonstance.

« L'OMS apportera tout l'appui possible au gouvernement, notamment les intrants pour mieux organiser la prise en charge de l'épidémie», a déclaré le Dr Léodégal Bazira, Représentant de l'OMS par intérim en RDC. Il a rappelé la nécessité de renforcer les mesures d'hygiène individuelle et collective au sein de la population, de fournir l'eau potable et de construire des latrines pour éviter que l'épidémie ne s'installe dans la durée.

« Des mesures de prévention à long terme doivent être prises pour que le choléra ne se répande pas », a souligné, de son côté, Mme Pierrette Vu Thi, représentante de l'UNICEF, en plaidant pour une forte sensibilisation de la population.

Au cours de cette visite sur le terrain, le ministre de la Santé publique a présidé la réunion élargie à tous les partenaires, notamment l'OMS, UNICEF, MONUSCO, MSF, IRC, CICR, Croix-Rouge de la RDC, LWF et OXFAM, ainsi qu'aux ministres provinciaux, les députés et les cadres de l'Administration.

A l'issue de cette réunion de coordination, les recommandations suivantes ont été formulées, à savoir la mise à disposition d'intrants suffisants pour la prise en charge des cas ; la création des CTC additionnels au niveau de nouvelles zones de santé rapportant un grand nombre de cas et le renforcement de la sensibilisation aux mesures d'hygiène et changement de comportement au sein de la population. Il a également été recommandé la recherche active des cas de décès dans la communauté ; le renforcement de la surveillance épidémiologique ; la chloration et la mise à disposition de l'eau dans les zones de santé affectées et dans une vision à moyen et long termes, la revitalisation du projet « villages assainis» pour prévenir d'autres résurgences épidémiques à l'avenir.