RD Congo/Butembo : Baraka, enfant soldat, "général" à 12 ans

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from Radio Okapi
Published on 20 Nov 2008 View Original
Nord Kivu | 20 Novembre 2008 à 12:05:08

Au Nord Kivu et plus particulièrement dans le secteur de Butembo, plusieurs enfants sont recrutés quotidiennement par les groupes armés. Leur destin bascule souvent dans la violence et l'horreur. La reprise des hostilités n'a fait qu'aggraver la situation. Le groupe armé qui détiendrait le plus grand effectif d'enfants soldats est celui de Vurondo. Ce dernier a pour chef un certain général Baraka, âgé de 12 ans. Radiookapi.net dresse son portrait, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant.

Baraka ou général Baraka comme l'appellent affectueusement ses hommes, est né en 1996 à Vurondo. Ici, il n'y a pas. Aujourd'hui âgé de 12 ans, le général Baraka ne sait ni lire ni écrire. Il est orphelin de père et de mère.

Lorsqu'il perd son père au début de l'année 2000, Baraka est élevé au rang de général par les compagnons de son père, milicien de son vivant. D'après les témoignages des compagnons de son défunt père, Baraka, au moment o=F9 son géniteur décède, était déjà capable de transformer les pierres en bombes. Il pouvait également prédire l'avenir. Baraka apprend le maniement des armes. Sûrs d'être commandés par un si grand chef; ses hommes se lancent dans la conquête des plusieurs villages. Vite, Muhila, Musenge, Masoy, Vihya, Kambaila voire Kirima sur la route Butembo-Mangurejipa, passent sous leur contrôle.

D'après certains témoignages, ces Maï Maï pillent les fermes, violent, tuent et érigent des barrières sur les routes de desserte agricole. Ils y perçoivent la taxe routière au nom du général Baraka. Aux multiples appels du gouvernement pour le désarmement et la démobilisation de ses troupes, l'enfant-général Baraka dit non.

Certains combattants qui ont réussi à s'échapper du camp de Vurondo affirment que l'enfant commandant Maï Maï est devenu incontrôlable. Baraka, selon eux, se drogue régulièrement et n'écoute personne, sauf ses courtisans.

Bukavu : droit de l'enfant et scolarité

" L'enfant n'a plus facilement accès à l'école à cause de la prime payée par les parents mais aussi à cause des conflits qui poussent beaucoup d'enfants à abandonner les études». C'est le constat fait par des associations de défense des droits de l'enfant au Sud-Kivu. Et c'est à l'occasion de la journée de la convention relative aux droits de l'enfant. Ces associations invitent le gouvernement à prendre ses responsabilités en main pour assurer le bien-être de plusieurs milliers d'enfants en détresse. C'est le cas de l'ONG Internationale ''War Child Holland ''qui appuie les associations en charge de l'enfant et qui reconnaît la limite de ses actions sans l'implication réelle de l'exécutif national.

Le problème d'abandon scolaire pour ces deux raisons ci-haut évoquées concerne l'enfant de la province tant à l'intérieur qu'en ville.

Plusieurs écoles de l'intérieur enregistrent une forte déperdition. Beaucoup d'enfants sont contraints à l'abandon suite à l'incapacité d'honorer la prime des enseignants. Leurs parents sont paupérisés par les conflits à répétition mais aussi par la majoration à la hausse des frais de prise en charge des enseignants.

Même en pleine ville, certains enfants sont confrontés aux mêmes difficultés. Christophe Irenge fréquente l'une de grandes écoles de Bukavu, il raconte son calvaire : « J'ai difficile à payer les frais scolaires. Même l'année passée mes camarades ont cotisé, ils ont réuni 51 USD. Mes parents n'ont pas de travail; j'étudie difficilement. »

Les associations de défense des droits de l'enfant au Sud-Kivu en appellent à la bonne foi des dirigeants du pays conformément à l'article 43 de la constitution.

Le gestionnaire des projets d'appui aux ONG locales qui assurent la prise en charge des enfants de Bukavu Luc Mukulu explique : « nous pouvons apporter notre appui à court terme mais il faut trouver des solutions à long terme et là je crois qu'il faut amener le gouvernement à respecter les lois. L'enseignement primaire doit être gratuit et obligatoire. »

Ituri : la DDR a sorti près de 12 milles enfants des groupes armés

Ces enfants sont sortis des groupes armés depuis 2003 à l'issue des trois phases du programme Division de Démobilisation et Réinsertion, DDR. Déclaration faite ce jeudi par le chef de bureau de l'Unicef en Ituri. C'était à l'occasion de la cérémonie commémorative de la journée internationale des droits de l'enfant à Bunia. Il a ajouté que depuis 2003 on enregistre en moyenne 2 milles cas de filles victimes des violences sexuelles et autres violences liées au genre. Les auteurs de ces violences sexuelles sont aussi bien des civils, des militaires que des combattants des groupes armés.

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