DR Congo

RD Congo : une eau de meilleure qualité grâce à la Croix-Rouge

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par Paul MPOYI BULONGO à Kinshasa

Les activités de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo dans le secteur de l'eau et assainissement connaissent un grand développement. Il s'illustre notamment par le Programme Initiative Congo (PIC), dont l'approche consiste à responsabiliser la communauté dans la solution de ses problèmes et à multiplier les succès par la duplication du programme dans d'autres milieux.

Bien qu'entourée de plusieurs cours d'eau, la ville de Mbandaka (Province de l'Equateur) a toujours connu de sérieux problèmes d'eau potable. Le centre ville compte deux sources d'eau atteignables en deux heures. Des puits non aménagés existent, mais destinés davantage aux travaux ménagers.

Un grand nombre d'habitants avaient l'habitude de consommer l'eau de fleuve. « C'est une tradition culturelle, l'eau de fleuve a une saveur spéciale et le choix est clair », nous explique Marie Jeanne Bofosa, une ménagère de Mbandaka.

Habituée à boire une eau de fleuve non traitée, la population de Mbandaka est exposée à toutes sortes de maladies hydriques. D'après une enquête menée par l'Unicef avant la mise en œuvre du programme, 76% de la population de l'Equateur n'avaient pas accès à l'eau potable, 61 % aux installations hygiéniques Le taux de mortalité infantile liée à l'eau sale était de 146 pour mille.

Les difficultés de creuser des puits pour atteindre la nappe phréatique sont tributaires de la nature très meuble du sol, propice aux éboulements. Ainsi les latrines traditionnelles recouvertes de troncs d'arbres à la place de dalles s'effondrent avant d'être remplies. Les principaux marchés de la ville étaient des foyers de maladies car ils ne disposaient d'aucune latrine ni de l'eau dans les voisinages. Les défécations se faisaient anarchiquement dans les environs des marchés et les matières fécales étaient emballées dans des sachets pour être jetées dans le fleuve.

Avec les réalisations du Programme Initiative Congo à Mbandaka et Bumba, 7000 personnes dont 5000 à Mbandaka et 2000 à Bumba ont désormais accès à l'eau potable. Dans les deux villes, cent mille personnes ont été sensibilisées à la pratique de comportements favorables à la santé et à l'hygiène. A Mbandaka, 21.700 personnes ont maintenant accès aux latrines hygiéniques dont 20.000 latrines familiales et 1700 aux latrines publiques.

« Nous saluons cette heureuse initiative du PIC qui donne aujourd'hui, à la population une identité propre et plus de respect à sa dignité par les autorités », déclare Prince Elikandani, communicateur de la Croix-Rouge Equateur, membre de l'équipe d'animation du programme de diffusion des Principes Fondamentaux et Valeurs Humanitaires dans la ville de Mbandaka depuis deux ans.

Grâce au partenariat avec la Croix-Rouge suédoise, plusieurs ouvrages ont été réalisés par la communauté de Mbandaka et des environs avec l'encadrement des volontaires de la Croix-Rouge. Pour le mois d'avril, la communauté a construit 78 latrines familiales, une latrine scolaire, 3 puits et 200 dalles dans les quartiers Air Congo et Ipeko.

Tous ces succès ont permis à la Croix-Rouge de la RDC, section de l'Equateur, d'être plébiscitée point focal provincial pour l'eau et l'assainissement. Elle réunit chaque mois à son siège les partenaires du Cluster Eau et Assainissement dont elle a le leadership depuis plus de deux ans. Tous les projets Eau et assainissement sont référés à la Croix-Rouge pour des avis techniques. Les autorités provinciales l'ont retenue dans la commission Eau et assainissement pour l'élaboration du Plan de développement provincial.

Pour mieux jouer son rôle d'accompagnement, la Croix-Rouge de l'Equateur a mobilisé des volontaires pour mener des campagnes de sensibilisation porte à porte sur les comportements favorables à la santé et promouvoir la construction des latrines familiales. En 2007, elle compte toucher au moins 250.000 personnes à Mbandaka.

« Nous sommes confrontés à la résistance des riverains qui utilisent peu les latrines publiques mais sommes déterminés à relever ce défi grâce à la sensibilisation, » affirme Matthieu Sekalo, coordinateur du PIC Equateur.

La philosophie du PIC implique que la population se prenne en charge. Dans ce cadre, la communauté de l'Equateur a décidé elle-même le versement d'une contribution financière par famille, de 3000 Francs congolais, soit 6 $ US environ, qui permet d'assurer la maintenance des puits et la fabrication des dalles des latrines familiales.

« Je suis touché par ce degré d'implication des communautés en ce qui concerne la maintenance des puits et des latrines », constate Andrei Neascu, responsable de programme pour l'Afrique centrale de la Croix-Rouge suédoise. « Nous sommes déterminés à continuer de soutenir l'action de la Croix-Rouge de RDC à travers la Fédération internationale et nous souhaitons voir d'autres sociétés nationales participantes s'investir dans des projets similaires », conclut-il.

Le projet Eau et Assainissement soutenu par la Fédération internationale dans cette région de la République démocratique du Congo est donc un projet pilote qui doit pouvoir faire école. De nombreux progrès restent en effet à accomplir en matière d'eau et assainissement dans l'ensemble de ce gigantesque pays.