RD Congo - Sud-Kivu : Note d’informations humanitaires du 10/07/2017

Faits saillants

  • Déplacement d’environ 80.000 personnes de la Zone de Santé de Kimbi-Lulenge, en Territoire de Fizi

  • 46 cas suspects de choléra notifiés à Bukavu dans l’aire de santé de Nguba à la semaine 25

Aperçu de la situation

Territoire de Fizi Le contexte sécuritaire de la province, particulièrement dans la partie sud du Territoire de Fizi, a connu une détérioration brusque suite aux attaques lancées le jeudi 29 juin 2017 contre l’Etat-major FARDC de Lulimba par des hommes armés se réclamant de la coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo (CNPSC). Il s’agit d’une nouvelle plate-forme qui regrouperait plusieurs factions Mayi – Mayi actives dans l’Est de la RDC. Les combats se sont rapidement étendus sur plusieurs fronts notamment, sur les axes Misisi-Nyange-Bendera au Sud, Lulimba-Kilembwe à l’Ouest de Lulimba et Lubondja-Namisha au Nord. Sous la pression de la contre-offensive menée par les FARDC au Sud et au Nord, les éléments de la CNPSC décrochent depuis le lundi 03 juillet, de toutes les localités qu’ils occupaient, en se repliant vers les montagnes environnantes du Secteur de Lulenge. Depuis quelques jours, les combats ont cessé, mais la zone est fortement militarisée, laissant craindre le risque des représailles envers les populations locales.

Territoire d’Uvira Le mardi 4 juillet 2017, des éléments Mayi Mayi appartenant au groupe Réunion ont mené une incursion dans la localité de Kabumbe 1. Cette situation a occasionné l’interruption du trafic sur le tronçon Uvira-Bakara, pendant quelques heures de la matinée. Ces assaillants, actifs dans les Moyens Plateaux du Secteur de Tanganyika, se sont retirés après avoir volé les bétails et blessé 2 habitants par balles. Cet incident a perturbé les mouvements des acteurs humanitaires sur cet axe. En effet, les équipes de terrain du HCR et de l’ONG AIRD basées à Mboko n’ont pas pu se rendre à Uvira dans le cadre de la réunion de concertation planifiée avec le PAM en vue d’harmoniser l’approche d’intervention en faveur des réfugiés burundais.

Besoins et réponses humanitaires

Mouvements de population

Selon les premières estimations des chiffres fournis par les services de santé dans la région, près de 80 000 habitants de l’axe Lulimba-Nyange (partie Kimbi), dans la zone de santé de Kimbi – Lulenge, auraient été forcés de se déplacer vers Bendera, Mapanda et Kalemie (Province de Tanganyika), Butale, Misisi, Lulimba (à l’intérieur du Territoire de Fizi, Sud Kivu) et l’axe Kalonda Kibuyu – Quatre-Coins (Province du Maniema). Dans la partie Lulenge, la plupart des déplacements ont été enregistrés depuis les aires de santé de Kihungwe, Maindombe, Kilembwe, Mayi Moto, en direction de Salamabila en Territoire de Kabambare (Province du Maniema). La CARITAS/Kasongo signale l’arrivée de près de 7 120personnes à Wamaza et de quelques 6 200 à Kasongo sur un total d’environ 13 000 personnes parties de Salamabila. Les sources locales rapportent que les affrontements sur l’axe Lulimba-Nyange et à Kilembwe, ont entrainé le déplacement de plus de 33 000 personnes dans plusieurs localités des Territoires de Kabambare et de Kasongo au Maniema. A Kasanga tout comme sur l’axe WamazaKasongo, les déplacés s’entassent dans des écoles, des structures de santé et des églises, faute de capacités d’accueil dans les familles hôtes.

Avant les récents incidents, l’axe Lulimba-Nyange (partie Kimbi) comptait plus de 170 000 habitants dont environ 20 000 déplacés venus des provinces du Tanganyika et du Maniema suite aux conflits intercommunautaires, de février à avril 2017, entre la coalition Bafuliri/Banyamulenge et les Twa. Sur les axes Kalonda Kibuyu et Salamabila, la plupart de déplacés passent leurs nuits à la belle étoile, exposés aux intempéries et aux moustiques.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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