RD Congo - Sud-Kivu & Maniema : Note d’informations humanitaires du 06/02/2018

Faits saillants

  • Situation humanitaire toujours préoccupante à Fizi malgré quelques retours

  • Quelque 17 000 personnes de Baraka et Uvira sensibilisées sur les bonnes pratiques d’hygiène

Aperçu de la situation

Le calme précaire observé dans la presqu’île d’Ubwari ainsi que dans la partie littorale du Territoire de Fizi a permis le retour de plusieurs milliers de personnes qui avaient fui les opérations militaires lancées par l’armée congolaise contre les groupes armés le 21 janvier. Les sources sanitaires font état du retour de près de 80% de la population de Kikonde et Nemba, soit 4 400 et 6 400 personnes respectivement, depuis le 29 janvier.

Environ 20% des habitants de Kazimia, ce qui représente 3 500 personnes, auraient elles aussi regagné leur foyer. Les sources locales signalent cependant que les structures sanitaires et les écoles de ces trois localités ont été pillées, réduisant la capacité de prise en charge médicale et empêchant les élèves de reprendre leur cursus scolaire.

Aucune évaluation précise de la situation humanitaire n’est toutefois encore disponible en raison de la difficulté d’accès à cette zone. La distribution de vivres prévue pour 3 000 ménages dans plusieurs localités au sud de Baraka par l’ONG Adventist Development and Relief Agency (ADRA) a par exemple été suspendue.

Toutefois, les dernières informations disponibles fournies par les sources locales dépeignent un tableau sombre : environ 100 000 personnes vivant dans 11 aires de santé de Fizi auraient été affectées par les combats. Les chiffres transmis par le Haut-commissariat pour les réfugiés font état de l’arrivée de près de 7 800 personnes de la RDC au Burundi entre le 24 et le 30 janvier et de plus de 1 000 autres en Tanzanie (chiffres au 30 janvier). Près de 500 ménages ont aussi été enregistrés par la Direction générale des migrations à Uvira.

Le climat d’insécurité qui prévaut également dans le Territoire de Kabambare (Maniema) a aussi provoqué des mouvements de population vers le Sud-Kivu. C’est notamment le cas au sud du Territoire de Shabunda, où entre le 3 et le 4 février, environ 1 800 personnes en provenance de Salamabila (Maniema) se sont réfugiées dans les villages de Kalabula et d’Ingili, indique la société civile du groupement Batali. Dans l’aire de santé de Lubichako (Territoire de Fizi), les relais communautaires ont de leur côté indiqué, fin janvier, la présence de près de 8 000 personnes venues de l’axe Kalonda Kibuyu-Lukolo (Maniema) entre octobre et décembre 2017. Ces déplacés vivent en famille d’accueil et n’ont bénéficié d’aucune assistance en vivres ou en biens non-alimentaires en raison de l’insécurité qui secoue cette zone.

En outre, ACTED a attiré l’attention sur les besoins en vivres, abris et biens non-alimentaire de 2 800 ménages déplacés entre juillet 2017 et janvier 2018 qui se trouvent dans trois localités des hauts-plateaux de Kalehe (Ramba, Chirimiro et Murango). Plus de 300 ménages retournés, qui s’étaient déplacés depuis 2016, ont également été identifiés dans ces localités par l’ONG internationale lors d’une mission d’évaluation multisectorielle du 23 au 31 janvier.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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