RD Congo: Plan de réponses stratégique et opérationnel face à l’impact humanitaire de la crise conflit inter communautaire dans les Moyens et Hauts-Plateaux de Fizi et de Mwenga, Zone de Santé de Minembwe, Fizi, Nundu et d’Itombwe, juillet – décembre 2019

1. SITUATION GENERALE DU CONTEXTE

APERCU DE LA CRISE

La crise dans la région de Fizi et Itombwe a commencé en février 2019. L’événement déclencheur de la crise semble être des actes de violences ou d’agression sexuelle perpétrés sur une femme Bafuliru au début de février 2019 par des présumés miliciens Banyamulenge. Cet incident a été à l’origine de la montée des tensions communautaires qui ont finalement basculé en des affrontements entre les communautés par milices interposées. Il en résulte d’importants déplacements de population à Mikalati, Minembwe, Itombwe et même vers Fizi-Centre. Une nouvelle escalade de violences a également éclaté en début mai 2019, impliquant les milices d’autodéfense Banyamulenge et une coalition de milices Mayi Mayi issues des autres communautés locales. Cet incident a embrasé toute la région. A l’origine, des actes de représailles des Mayi Mayi contre des membres de la communauté Banyamulenge, suite à l’assassinat d’un chef de village d’origine Banyindu par des présumés miliciens d’origine Banyamulenge.

Depuis près de deux décennies, la région des Hauts-Plateaux de Fizi/Itombwe (Mwenga) et d’Uvira est en proie à de graves tensions et à des affrontements récurrents. Ces violences résultent des conflits latents qui entravent les rapports entre populations dites autochtones et allochtones. Selon différentes sources locales, les peuples autochtones représentent 77% de la population ; ce sont les Bafuliru (40%), les Babembe (30%) ; Banyindu (5%) et Bavira (2%). Les Banyamulenge, considérés comme les allochtones, représentent (20%) ainsi que d’autres communautés minoritaires que sont les Batwa, les Barega et les Bashi, représentant environ 3% de la population.

La cohabitation entre ces différentes communautés est toujours traversée par des luttes de positionnement fondées principalement sur des faits/événements antérieurs liés à des enjeux politiques et économiques, se traduisant par des épisodes cycliques de violences. Ces violences ont généralement pour soubassement des antagonismes individuels et des problèmes liées à la gestion de la transhumance.

Les spécificités suivantes sont à relever dans cet épisode de tensions :

  • Les affrontements se sont étendus du nord vers le sud : du Secteur d’Itombwe vers Minembwe et les Moyens Plateaux de Fizi. Par ailleurs, d’autres affrontements entre les FARDC et les groupes/milices armés ont été rapportés dans le Secteur de Tanganyika (Moyens Plateaux de Fizi) ;

  • 23 Aires de Santé dans trois Zones de Santé - Itombwe, Minembwe et Hauts-Plateaux d’Uvira ont été touchées par les violences, occasionnant environ 211 000 déplacés autour de Mikenge,
    Minembwe, Nundu, les Moyens Plateaux de Fizi et dans la brousse ;

  • Les affrontements ont été très violents, marqués par des pillages des biens, des incendies de maisons, de destruction de villages entiers de part et d’autre ; et la destruction de plusieurs infrastructures sociocommunautaires (formations sanitaires, établissements scolaires, marchés) ;

  • Le recours à la violence sexuelle a été systématisé par les deux communautés comme moyen de destruction et d’humiliation des communautés adverses.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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