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RD Congo : Note d’informations humanitaires pour la province du Nord-Kivu, 3 novembre 2021

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Ce rapport a été produit par OCHA en collaboration avec les partenaires humanitaires et couvre la période du 18 au 31 octobre 2021.

FAITS SAILLANTS

  • Plus de 116 000 personnes déplacées privées d’assistance à cause de l’insécurité à Beni

  • 18 000 personnes retournées dans le Territoire de Rutshuru attendent de l’aide depuis plus deux mois

APERÇU DE LA SITUATION

L’insécurité entrave l’accès à l’assistance aux populations vulnérables à Beni

Des incursions armées continuent d’être rapportées quasi quotidiennement dans le territoire de Beni où des milliers de personnes déplacées, y compris celles en provenance de la province de l’Ituri ont trouvé refuge. Au moins 54 personnes ont trouvé la mort au cours des attaques dans les zones de santé de Mutwanga et Oïcha, entre le 19 et 30 octobre.

La Zone de Santé de Mutwanga reste la plus touchée par ces incursions. Selon les autorités locales, huit attaques ayant entrainé la mort de 42 civils ont été signalées dans cette zone qui a également accueilli, le 29 octobre, plus de 13 860 personnes déplacées, principalement dans les localités de Mutwanga et Kasindi. C’est également dans cette même zone de santé que huit explosions de bombes ont eu lieu en trois mois, dont la plus récente survenue le 19 octobre sur l’axe Mutwanga-Mwenda, faisant trois blessés. Depuis décembre 2020, l’insécurité dans cette zone a entrainé l’arrêt des interventions d’au moins 11 acteurs humanitaires, privant plus de 116 000 personnes déplacées d’assistance.

Trois détonations de bombes artisanales ont aussi été enregistrées dans les zones de santé d’Oicha et de Mabalako, épargnées jusqu’ici de ce phénomène observé depuis plus de trois mois dans le territoire de Beni. Ces explosions ont grièvement blessé cinq personnes dont un bébé de huit mois, portant à 11 le nombre total d’explosions de bombes artisanales dans le territoire de Beni depuis le 22 juillet ; trois personnes en sont mortes et 17 autres ont été blessées depuis fin juillet.

Selon des sources humanitaires, plus 13 800 personnes se sont déplacées vers le Territoire de Beni, à la suite de violences armées dans les territoires d’Irumu et de Mambasa, en Ituri. Ces personnes vivent au sein des familles d’accueil à Eringeti, Oicha et Mbau dans la Zone de Santé d’Oicha, ainsi qu’à Mangina dans la Zone de Santé de Mabalako. Elles ont tout abandonné au moment de la fuite et présentent ainsi des besoins urgents en vivres, articles ménagers essentiels et santé.

De nouvelles violences armées entrainent des déplacements dans les territoires de Masisi et de Walikale

Selon les autorités locales, le 22 octobre, plus de 15 000 se sont déplacées vers les localités du Territoire de Kalehe (Sud-Kivu), à la suite des affrontements entre l’armée congolaise et un groupe armé dans le territoire voisin de Masisi. Ces personnes s’ajoutent aux près de 23 000 autres qui avaient quitté la région sud-ouest de Masisi en septembre dernier. L’ampleur des mouvements de populations à l’intérieur de la Zone de Santé de Katoyi est estimée à plus de 33 000 personnes déplacées en trois mois, d’août à octobre 2021. Bien que les anciens déplacés en Territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, aient déjà été évalués par une ONGI pour une éventuelle assistance, d’autres évaluations rapides multisectorielles sont nécessaires dans les deux régions afin de mieux estimer l’ampleur de ces mouvements et les besoins des nouveaux déplacés.

Dans le Territoire de Walikale, plus de 7 000 personnes ont été contraintes au déplacement depuis le 18 octobre, à cause des combats récurrents entre des groupes armés dans les zones de santé de Pinga et de Kibua. Plus de 5 500 d’entre elles logent principalement dans des familles d’accueil. Environ 1 500 autres ont trouvé refuge au sein de l’Hôpital général de référence de Pinga depuis le 28 octobre. Entre juillet et août 2020, des combats entre ces mêmes groupes armés avaient poussé plus de 7 500 personnes à fuir vers Pinga. La majorité de celles-ci, déjà retournée, risque ainsi d’être contrainte à un nouveau déplacement.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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