DR Congo

RD Congo : Nord-Kivu - prise d'une base militaire par la rébellion, civils en fuite vers Goma

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"Ces attaques constituent une violation flagrante des accords signés en janvier 2008 à Goma et du processus de paix Amani (engagé depuis avril, ndlr)", a déclaré ce matin le ministre congolais de l'Intérieur Célestin Mbuyu, dénonçant et confirmant la reprise des combats depuis vendredi dans la province orientale Nord-Kivu, o=F9 les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (Cndp) du général dissident Laurent Nkunda ont repris hier le contrôle de la localité et la base militaire de Rumangabo, à 50 km au nord-est de la capitale provinciale Goma. Selon Kinshasa, "deux bataillons étrangers" ont apporté leur assistance aux hommes du Cndp lors de cette offensive qui a conduit à la chute de Rumangabo, une des bases militaires les plus importantes de l'armée congolaise (Fardc) dans la région du Kivu, déjà occupée début octobre puis abandonnée suite à une négociation engagée entre la rébellion et des négociateurs internationaux. Le bilan de ces derniers combats n'est pas encore connu en ce qui concerne les éventuelles victimes et blessés tandis que la fuite d'un nombre imprécisé d'habitants des localités de Rumangabo et Rugari vers Goma a été confirmée. Les violents combats à l'arme lourde signalés depuis vendredi auraient également affecté les localités de Tongo, Kabiza, tandis que le colonel Delphin Kahimbi, commandant des opérations militaires des Fardc sur l'axe Rutshuru, a rapporté que les mêmes combattants de Nkunda ont attaqué leurs positions à Kalengera, sans donner d'autres détails.

Les autorités administratives locales à Rubare et Kalengera ont déclaré à Radio Okapi (émetteur de la Monuc) que les villages comme Rumangabo, Ruvunga et Katale sont de nouveau vidés de leurs habitants qui se sont déversés à Kalengera et que la route Goma-Rutshuru est restée bloquée hier matin, aucun véhicule commercial n'ayant pu franchir les zones des combats. La rébellion a justifié ces nouvelles attaques comme une réponse aux "actes de provocation des Fardc qui ont commencé à attaquer leurs position à Ntamugenga et à Busanza, depuis mardi dernier", selon Bertrand Bisimwa, le porte-parole de la rébellion. Suite à l'évolution de la situation au Nord-Kivu, le porte-parole de la Mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc), Michel Bonnardeaux, a appelé "à un cessez-le-feu immédiat et à un retour aux positions initiales pour qu'on puisse continuer avec le processus de désengagement" et annoncé un renforcement de son dispositif militaire sur le terrain. Selon la mission onusienne, Rumangabo est une position qui doit être placée sous le contrôle des Forces armées régulières du Congo et sa reconquête par le Cnpd de Nkunda va à l'encontre de l'acte d'engagement signé entre les parties en janvier dernier à Goma, prévoyant un cessez-le-feu immédiat dans l'est du pays et le respect des principes internationaux régissant les droits humains ; en cette occasion des zones de séparation avaient été définies, devant être respectées par les forces en présence. [VV][CO]