DR Congo

RD Congo : Nord Kivu - Nouveaux combats, l'Afrique australe soutient Kinshasa

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De nouveaux combats ont été signalés aujourd'hui dans les environs de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, la province de l'est congolais. Selon des sources des Nations Unies, les affrontements entre les membres du mouvement de Laurent Nkunda (le Cndp, Congrès national de défense du peuple) et des groupes armés irréguliers soutenant l'armée congolaise ont continué ce matin dans la zone de Ngungu (60 km au sud-est de Goma), à la frontière entre le Nord et le Sud-Kivu. Pour le moment, il n'est pas clair si ces faits sont de simples escarmouches ou indiquent la reprise de véritables combats tels que ceux qui ont affecté hier la même zone et s'étaient conclus suite à une intervention de la mission locale de l'Onu (Monuc). En revanche, il est certain, précisent des sources locales, que les localités de Ngungu, Murambi et Luzirandaka ont été totalement abandonnées par leurs habitants ayant fui la zone ces dernières 48 heures. Des mouvements de civils en fuite ont été signalés aussi dans la zone de Kanyabayonga, 160 km au nord de Goma, o=F9, selon Radio Okapi (l'émetteur radiophonique de la Monuc) de nombreux déplacés affluent depuis samedi, provenant de Nyanzale, Kikuku, Mine et Kibirizi. Des sources de la MISNA à Goma précisent que dans tous les cas les informations provenant des zones voisines de Goma demeurent très confuses, tandis que les principaux développements semblent arriver du front politique et diplomatique, avec la nette prise de position en faveur du gouvernement et de l'armée de Kinshasa par la Communauté de développement des pays d'Afrique australe (Sadc), réunis hier pour un sommet d'urgence en Afrique du Sud à propos de la crise congolaise et de la négociation politique en cours au Zimbabwe. Dans le document final de la rencontre, dont la MISNA a obtenu une copie intégrale, 15 chefs d'état de la région soutiennent que "la situation sécuritaire au Congo menace la paix et la stabilité des régions des Grands Lacs et de l'Afrique australe", accusant ouvertement les responsables du Cndp de ne pas appliquer "les nombreux accords signés pour rétablir la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs", à cause de "l'intransigeance de Laurent Nkunda", et affirment la nécessité d' "un soutien à l'armée congolaise pour protéger l'intégrité territoriale et sa souveraineté". Sur le front militaire, les pays de la Sadc ont annoncé le déploiement immédiat au Congo d'une équipe d'experts chargés de vérifier la situation dans l'est, d'une commission de monitorage devant contrôler la situation aux frontières avec le Burundi, l'Ouganda et le Rwanda et l'envoi d'un groupe de conseillers militaires qui travailleront en collaboration avec le commandement de l'armée congolaise "sur des questions qui seront décidées avec Kinshasa". Tout en réaffirmant que la solution à la crise congolaise pourra seulement intervenir par le biais de la négociation, la Sadc a souligné à plusieurs reprises le caractère d'urgence des décisions relatives au Congo, insistant sur le fait que "la région ne restera pas immobile, en train de regarder les actes de violence incessants et destructeurs de n'importe quel groupe armé contre les civils innocents". Ce week-end, les appels en faveur de la paix au Nord-Kivu se sont multipliés, de Benoît XVI à celui de l'archevêque de Bukavu, monseigneur François-Xavier Maroy Rusengo. Quelques jours plus tôt, l'archevêque de Kinshasa, monseigneur Laurent Monsengwo, lors d'une conférence de presse sur la crise dans l'est du pays, avait lancé que "lorsque des gens meurent, il faut immédiatement intervenir". Selon le prélat, dans la région "il y a en ce moment 1,6 million de Congolais contraints de fuir leurs villages à cause de la soldatesque de Nkunda" ; au vu des difficultés de la Mission onusienne dans le pays, "l'Union européenne et les états-Unis devraient penser à envoyer une force de dissuasion". Durant la conférence de presse qui a eu lieu au siège de l'épiscopat à Bruxelles (Belgique), o=F9 il a célébré la messe de la Toussaint, monseigneur Monsengwo avait dénoncé "une volonté de balkanisation" à travers cette infiltration dans l'est, c'est-à-dire de division et partition du pays.D'après lui, les violences de ces dernières semaines dans la province du Nord-Kivu, ont pour toile de fond la lutte pour le contrôle des ressources naturelles stratégiques, y compris des contrats souscrits entre le gouvernement congolais et quelques sociétés chinoises auxquels certaines forces tentent de s'opposer.