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RD Congo : Mission d'évaluation des besoins humanitaires dans le District de Bas-Uélé, 1 - 15 Mars 2007

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Résumé

Le rapatriement volontaire des réfugiés congolais du Soudan l'année dernière à Buta n'a pas connu une bonne exécution dans sa phase de réinsertion, par manque de synergie entre les différents partenaires impliqués dans cette opération. A ce jour, aucun lopin de terre ne leur a été attribué pour les travaux agricoles. L'insécurité alimentaire s'installe au sein de cette communauté. A leur arrivée, aucun cas de malnutrition n'a été signalé, mais lors de notre passage dans le site(1), 47 cas des enfants mal nourris ont été recensés ; 164 enfants sont non scolarisés, 11 personnes sont mortes dont 4 enfants, de faim et par manque des soins médicaux appropriés. Vu les conditions socio-économiques dont ils sont victimes, 7 familles (+/- nanties) sont reparties au soudan en passant par Buta-Beni (par avion) - Kasindi-Kampala jusqu'à Juba au soudan. 27 autres personnes sont reparties à pieds, en passant par Dingila-Tapili-Doruma-Bangadi et Juba. A cette allure, seules les personnes âgées et sans soutien au soudan pourront rester à Buta, attendre leurs derniers jours, si aucun secours humanitaire ne leur est apporté.

Le manque des médicaments essentiels dans la plupart des structures sanitaires visitées, la persistance de don de sang non qualifié dans certaines formations de référence,(Les ruptures fréquentes des intrants font que pour la zone de santé d'Aketi, 14 transfusions ont été faites avec du sang non qualifié, de janvier 2007 à ce jour), la vétusté des infrastructures de santé, la carence en eau potable, une chimère dans la quasi-totalité des ménages (seulement 12% de la population accède aux points d'eau aménagés), la montée en flèche des cas des violences sexuelles au sein des communautés( les antennes de CAMPS de Buta,d'Aketi et Titule ont notifié respectivement 244, 200 et 170 cas de violence sexuel de Juin 2006 à ce jour), l'inexistence des intrants et autres matériels aratoires, la diminution de production est de l'ordre de 40 à 50%, les aléas climatiques,...... sont potentiellement des risques auxquels la population du Bas Uélé est exposé et pourrait continuer à l'être si rien n'est fait(2).

Eut égard de ce qui précède, une grande partie du District par rapport aux autres districts de la Province, pourrait favoriser que la province ne puisse évoluer à double vitesse. D'un coté, les zones de santé en phase de développement, avec le soutien des partenaires et de l'autre coté les zones de santé en phase d'urgence comme c'est le cas de Ango, Bambesa, Titule et Monga. L'absence des partenaires(3), la rupture des stocks en médicaments essentiels génériques font que l'utilisation des services des soins curatifs soit moindre. L'absence des structures obstétricales de base fait que sur 100000 naissances vivantes on observe 700 de décès maternels. Aucune enquête nutritionnelle n'a été effectuée dans la zone de santé d'Aketi. Néanmoins 49 cas de MPC ont été notifiés en 2006. Ces 49 cas sont peut être la partie visible de l'iceberg car souvent la malnutrition survient dans les familles démunies et sans moyen pour assumer les coûts des soins. Le faible poids de naissance est de 12% corroborant une malnutrition globale de la population. L'insuffisance de la prise en charge des nouveaux nés fait que le taux de décès des moins de 7 jours est de 16%.

La phase d'urgence du Programme de l'Unicef dans le district sanitaire de Dingila connaît ses débuts, avec la formation des prestataires des soins mais l approvisionnement en médicaments n'est pas encore assuré(4).

Par ailleurs, à Dingila, Aketi et Bambesa, le niveau de destruction des infrastructures de deux sociétés commerciales, la CODENOR et le CFU a eu une incidence dans la détérioration de la situation socio-économique des habitants du Bas Uélé.

Les Mbororo, nomades armés, venus du soudan, et de la RCA sont installés dans les plaines de Dakwa, Digba, et autres localités (territoire d'Ango) depuis plus de 5 ans. C'est pendant la saison sèche que leur effectif augmente. Aucun recensement n'a été effectué pour connaître leur nombre. Des accrochages entre les mbororo et la population locale, en Septembre 2006 a entraîné un sentiment de haine et xénophobie entre les deux communautés. Les mbororo n'étant plus bien servis par la population en produits agricoles, ils dévastent et récoltent les champs de la population locale sans autorisation, ce qui ne fait que tendre les relations déjà conflictuelles, pouvant provoquer à la longue des affrontements armés. La réhabilitation d'urgence des bretelles des chemins de fer des Uélé entre Bumba-Aketi-Bondo aura un effet d'entraînement sur plusieurs secteurs de la vie dans cette partie de la Province.

Apostilles

(1) L'équipe d'évaluation s'est rendue au site des rapatriés le 2 mars 2007,

(2) Le manque d'exploitation de l'information sur les réalités du District du Bas Uélé fait que cette partie de la Province Orientale ait été longtemps oublié.

(3) la BAD devrait soutenir les zones de santé du Bas Uélé depuis 2003, mais jusqu'à présent rien n'est fais dans la plupart des ces zones Buta, Bondo, Monga, Aketi,...)

(4) L'Unicef a rassuré que toutes les commandes pour les équipements et médicaments ont été passées et un lot important des matériels pour les zones de santé, les centres de santé et les relais communautaires sont en voie d'être acheminés dans les tous prochains jours.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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