DR Congo

RD Congo - Les victimes du jeu de bascule

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Les forces du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du Général rebelle Nkunda ont gagné jusqu'à 60 % du Nord-Kivu, menacent Goma, la capitale du territoire après avoir investi la ville de Rutshuru o=F9 elles ont démantelé les camps de déplacés pour forcer la population à rentrer chez elle.

Devant une situation extrêmement volatile d'une journée sur l'autre o=F9 les populations fuient devant l'arrivée des forces rebelles et les combats, il est très difficile de recenser le nombre de déplacés. Plus d'un million selon l'estimation provisoire d'Ocha (Bureau de coordination des affaires humanitaires). Les populations opèrent un jeu de bascule et un mouvement perpétuel. Ainsi les familles d'accueil de Rutshuru deviennent à leur tour des déplacés en raison des combats, et si elles reviennent chez elles, elles seront considérées comme "populations retournées" (returnees dans le jargon du HCR et des ONG).

Cette subtilité peut paraître futile au regard de la situation, mais pour les humanitaires, se pose un enjeu considérable. Comment atteindre les plus vulnérables pour lesquels sont organisés des programmes, quand légitimement toutes les populations, quelles qu'elles soient, peuvent prétendre l'être ? Pour identifier les bénéficiaires et assurer le suivi de leurs activités dans le cadre du programme, les déplacés doivent être quelque peu stabilisés.

Tout l'enjeu pour le Secours Catholique/Caritas France et la Caritas locale est de poursuivre ces activités essentielles, malgré la situation de violence, pour assurer la sécurité alimentaire pour la population composée de déplacés et de familles d'accueil. En l'occurrence et loin d'être une coïncidence, les combats dans cette région ont repris à la période la plus délicate de l'entretien des champs pour la préparation des récoltes de décembre.

L'objectif du programme de Caritas est de donner les moyens aux bénéficiaires d'assurer leur propre consommation et au delà, d'en vendre une partie. Une façon d'éviter de tomber dans la spirale de la distribution de rations alimentaires, et un moyen en revanche de les rendre autonome.

=C0 Rutshuru, les nouvelles du programmes sont plutôt rassurantes. Avec la prudence qui s'impose, les parcelles ont été jusque-là épargnées par les combats. Les bénéficiaires osent y accéder pour déjà récolter le haricot arrivé à maturité. Des ventes de ce haricot ont d'ores et déjà été observées sur le marché local. Un signe positif pour la poursuite de ce programme, malgré les énormes difficultés d'action et de capacité opérationnelles sur le terrain.

Emmanuelle Dethomas