DR Congo

RD Congo : La MONUC préoccupée par l'augmentation des attaques contre les civiles et les humanitaires à l'Est

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Au cours de sa conférence de presse hebdomadaire du 27 Juin 2007, la MONUC a exprimé sa préoccupation pour la dégradation de la situation sécuritaire à l'Est du pays. La MONUC a déclaré que les attaques contre les populations civiles et les humanitaires se sont accrues, particulièrement au Nord Kivu.

Au Nord Kivu, une attaque a été perpétrée lundi par des hommes armés et portant uniforme, contre deux véhicules appartenant à une ONG internationale circulant en direction de Kisharo (Territoire de Rutshuru).

Si aucune victime n'est heureusement à déplorer, cet incident est d'autant plus inquiétant qu'il fait suite à un autre similaire, intervenu quelques jours plus tôt dans la même région, ainsi qu'au pillage dans la nuit du 20 juin de l'entrepôt d'une autre ONG internationale à Uvira, là encore par des hommes armés en uniforme.

Les humanitaires impliqués dans la protection ont pour l'instant décidé de suspendre leurs activités dans les zones contrôlées par les troupes du général dissident Nkunda, en raison de la détérioration des conditions de sécurité.

Toujours au Nord Kivu, la section des Affaires civiles a mené la semaine passée une mission conjointe d'évaluation dans les localités de Kisharo, Nyamilima et Ishasha, dont l'objectif était d'évaluer les conditions de sécurité et de protection des populations civiles et notamment des déplacés, sur l'axe Ngwenda - Ishasha.

La mission a constaté que des attaques quasi-quotidiennes étaient commises à l'encontre des civils, soit de la part des FDLR, soit de la part des soldats des Brigades mixées, déployées dans la région, attaques qui ont provoqué des concentrations de déplacés à Kiwanja, Nyamilima et Ishasha, Kisharo, où près de 42 000 personnes se sont désormais regroupées depuis février dernier.

Par ailleurs, la section des Affaires civiles s'inquiète des manœuvres du CNPD, la structure politique du général Nkunda, qui pousse les autorités civiles à fermer les camps de déplacés - à Kichanga, Mweso (Territoire de Masisi) et Nyanzale (Territoire de Rutshuru)-, impose des taxes aux populations et met en place sa propre administration.

La Croix Rouge et l'ONG CEPAC (Communauté des Eglises de Pentecôte au Congo) signalent un mouvement de population depuis avril 2007 vers Kasugho dans le sud du territoire de Lubero. Ils signalent également des affrontements entre les deux groupes Mayi Mayi de La Fontaine et de Jackson. Par ailleurs, les habitants des villages situés à l'ouest de Kasugho, où se trouvent des éléments du FDLR, quittent leurs villages à cause de leurs exactions.

Toujours selon la Croix Rouge et CEPAC, les FDLR abusent sexuellement des femmes, pillent les récoltes, les maisons et le bétail. Une mission d'évaluation à Kasugho est en cours de préparation.

Suite à des rapports qui signalent une hausse de tension à Kitshanga (territoire de Masisi) et Nyazale (territoire de Rutshuru), une mission d'évaluation a été effectuée par OCHA et la section des affaires civiles de la MONUC. La mission a pu confirmer que le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), exige la fermeture des camps de déplacées et accuse les déplacées d'abriter des éléments du FDLR dans les camps.

Dans la même province, les 5 000 anciens ménages déplacés de Kisharu n'ont toujours pas reçu d'assistance à cause du risque élevé de pillage qui persiste dans la région. De plus, fuyant l'insécurité causée par les FDLR et la brigade Bravo, il y a trois semaines encore, 2 299 ménages se sont ajoutés aux déplacés de Kisharu.

Au Sud Kivu, en raison des opérations menées par les FARDC contre les FDLR/Rasta, les humanitaires évaluent à 18 000 le nombre de «nouveaux» déplacés au mois de juin, selon des chiffres qui demandent encore confirmation.

Selon des sources officielles à Itombwe et Basimukindji, dans le territoire de Mwenga, plusieurs enfants, y compris des filles, sont exploités dans les carrières de mines de cassitérite et d'or à Miki, Kapanga, Makenda, Kasenge et Tulambo.

Ces enfants seraient soumis au transport des produits miniers et autres marchandises sur une distance d'environ 120 Kms qu'ils parcourent en deux jours de marche à pied. Les petites filles seraient aussi exploitées sexuellement au cours de ces durs périples.