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RD Congo : Journée Internationale des droits de l'Homme - l'ONU appelle à lutter contre la discrimination

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Kinshasa, 11 décembre 2009- La communauté internationale a célébré ce 10 décembre 2009 le 61ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme. La Journée internationale a été placée cette année sous le thème de «La Non-discrimination». A Kinshasa, le Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l'Homme, en collaboration avec le Centre Carter et le Ministère des Droits de l'Homme ont organisé une manifestation pour rappeler à chacun son devoir de contribuer à la lutte pour le respect, la promotion, la défense et l'application des droits de l'Homme en RDC, en mettant fin à la discrimination.

La manifestation qui s'est déroulée dans l'enceinte de la « Maison des Droits de l'Homme », un lieu symbolique pour cette commémoration, a commencé par une représentation théâtrale jouée par des jeunes kinois. Ces jeunes acteurs ont, à travers leur art, dénoncé les pratiques discriminatoires fréquentes et quotidiennes qui minent la société congolaise dans divers milieux, notamment familial, scolaire et professionnel.

Le clou de la manifestation a été ensuite la lecture des messages.

La Représentante Adjointe du Secrétaire général des Nations unies en RDC, Leila Zerrougui, qui a rehaussé de sa présence cette cérémonie, a reconnu la lutte importante que mène les ONG congolaises et les progrès accomplis dans ce domaine tant de leur part que de la communauté internationale, notamment au niveau des principes. C'est une étape importante en RDC a-t-elle dit, même si «beaucoup reste encore à faire».

Les Nations unies sont et seront là pour appuyer et légitimer le combat, a rappelé Mme Zerrougui, soulignant qu'il faut lutter pour que « a loi se rapproche de la réalité» et pour la consécration des normes internationales (auxquelles la RDC a adhéré) par rapport aux normes nationales.

Dans celui de la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay, lu par le Directeur adjoint du Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l'Homme, Louis Marie Bouaka, il ressort que « le concept de non-discrimination se trouve au cœur des droits de l'Homme ». C'est pour cette raison, comme pour beaucoup d'autres, qu'il devrait être selon elle, un thème «officieux célébré chaque jour, chaque année, pour chacun de nous.

Navi Pillay rappelle également que vingt-six des trente articles de la Déclaration universelle commencent par des mots tels que «Toute personne... Tout individu... Chacun... ou Nul... ». C'est pourquoi chacun peut se prévaloir de tous les droits. Nul ne doit en être exclu, parce que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination.

Selon elle, la discrimination «engendre la méfiance, le ressentiment, la violence, le crime et l'insécurité et constitue un non-sens économique, puisqu'elle réduit la productivité. Elle n'a aucun aspect bénéfique, de quelque nature qu'il soit, pour la société. Pourtant, nous continuons presque tous de la pratiquer, souvent comme un réflexe occasionnel, sans même réaliser ce que nous faisons», souligne-t-elle.

Elle encourage «les politiciens, pouvoirs publics, dirigeants d'entreprise, société civile, institutions nationales de défense des droits de l'Homme, médias, chefs religieux, enseignants, étudiants, et chaque individu sans exception», à honorer cette Journée en optant pour «la diversité et en décidant de prendre des mesures concrètes et durables pour aider à mettre fin à la discrimination».

Pour sa part, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dans son message, lu par le Directeur du Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l'Homme, Todd Howland, invité tout le monde à «la réflexion et à l'évaluation» des contributions de chacun ; un défi à relever pour apporter le changement dans ce domaine. Présente partout dans le monde, la discrimination se manifeste, a t-il dit «sous des formes anciennes ou nouvelles, de façon masquée ou éhontée, dans la sphère publique ou privée. Elle peut prendre la forme d'un racisme institutionnalisé, de querelles ethniques, de flambées d'intolérance et de rejet, ou d'une version officielle de l'histoire nationale qui nie l'identité d'autrui». Ban Ki-moon a toutefois rassuré les victimes de la discrimination en soulignant que l''ONU restera dans leur camp et s'engage à défendre les droits de chacun, surtout ceux des plus vulnérables. «C'est ce qui définit notre identité. C'est notre mission», a-t-il souligné.

Il a invité chacun, partout dans le monde, quelque soit son statut, « à s'associer à l'ONU et aux défenseurs des droits de l'Homme dans le monde entier pour lutter contre la discrimination ».

Les représentants des réseaux des ONG des droits de l'Homme présents, ont tous dénoncé la discrimination et les violations des droits de l'Homme dont sont victimes certaines catégories de populations en RDC. Notamment les femmes, les enfants, les populations des zones de conflits à l'Est du pays. Tous ont unanimement appelé les autorités congolaises à fournir davantage d'efforts pour faire respecter et appliquer les droits de l'Homme.