RD Congo - Haut-Katanga, Haut-Lomami et Lualaba : Note d'informations humanitaires du 04 mai 2018

Faits saillants

• Nouveau cas de paralysie dans la zone de santé de Likasi

• Plus de USD 10 millions nécessaires pour les victimes d’inondations à Bukama et Malemba Nkulu

Besoins et Réponses humanitaires

Santé

Dans la zone de santé de Kikula, ville de Likasi, un cas de paralysie aigue d’un enfant de 13 mois a été confirmé en laboratoire, selon l’Organisation mondiale de la santé. D’après l’OMS, ce cas s’apparente à ceux détectés en 2017 dans les zones de santé de Mulongoet Butumba (Haut-Lomami) qui se répand actuellement dans le HautKatanga.

D’après la Division provinciale de la santé (DPS) du Haut-Katanga, 16 des 27 zones de santé de la province rapportent de nombreux cas suspects de paralysie ; près de 61% de ces cas sont signalés dans la ville de Lubumbashi. Seule l’analyse des échantillons au laboratoire pourra confirmer s’il s’agit effectivement de poliomyélite.

Dans plusieurs milieux ruraux, de nombreux enfants ne sont malheureusement pas vaccinés suite aux déplacements cycliques des personnes fuyant les violences armés, aux refus de leurs parents nés des croyances locales, à l’absence ou à la non-revisite des ménages. D’après les experts en santé, la malnutrition et les mauvaises conditions d’hygiène sont aussi d’autres facteurs qui favorisent le développement rapide de cette maladie.

La poliomyélite étant une maladie très contagieuse, le risque d’une expansion n’est pas exclu dans les zones de santé voisines. Les autorités sanitaires préconisent dans les prochains jours une riposte d’urgence dans certaines zones de santé voisines de Kikula dans le Haut-Katanga et le Lualaba pour éviter que d’autres enfants ne soient paralysés. La dernière vaccination dans la ville de Likasi date de mars 2017.

La République Démocratique du Congo a été certifiée pays sans Polio en novembre 2015. Depuis le mois de mars 2017, le pays a enregistré neuf nouveaux cas de polio virus notamment deux dans le Maniema et sept dans le Haut-Lomami. Des efforts de la vaccination et l’intensification de la surveillance des paralysies flasques et aigues doivent être redoublés en RDC pour maintenir le cap. Cependant, d’après les estimations du Programme Elargi de Vaccination, plusieurs enquêtes réalisées au cours des campagnes démontrent que 5 à 6% d’enfants congolais sont non vaccinés, tandis que 28% à 45% de localités sont mal couvertes en raison de nombreux facteurs.

Épidémies

Rougeole Le Haut Katanga est en proie à une flamblée de cas de rougeole avec 836 cas enregistrés entre les 01 janiver et 22 avril 2018, selon les autorités sanitaires de la province. 7 des 27 zones de santé sont touchées, dont six de ces zones de santé se trouvent dans la ville de Lubumbashi. Les résultats des enquêtes sanitaires menées, au cours du mois de mars dernier, à Lubumbashi, avaient démontré que l’épidémie en cours est la conséquence d’un faible taux de couverture vaccinale, de la promiscuité et de la malnutrition.

Catastrophes naturelles

Le Gouvernement provincial du Haut-Lomami a besoin de plus de USD 10,2 millions pour répondre aux besoins prioritaires en santé et sécurité alimentaire de plus de 90 600 personnes sinistrées d’inondations, dans les territoires de Bukama et Malemba Nkulu. Dans une correspondante adressée aux organisations humanitaires et au Gouvernement central le 20 avril dernier, les autorités provinciales disent ne pas disposer de capacités pour venir en aide à toutes ces familles sinistrées.

Depuis mars jusqu’à ce jour, ces victimes n’ont bénéficié d’aucune aide humanitaire, faute de ressources disponibles, ni de la part des autorités locales ni des acteurs humanitaires. Le peu de ressources dont disposent les organisations humanitaires vont en priorité aux familles déplacées internes et retournées vulnérables, conformément au Plan d’action humanitaire en cours. Le Haut-Lomami étant une zone endémique au choléra, ces récentes inondations pourraient favoriser l’augmentation des cas de choléra, pourtant en baisse, depuis janvier 2018.

Dans le Territoire de Kasenga (Haut-Katanga), 34 villages ont été également affectés par les inondations, suite aux pluies diluviennes du 11 au 15 avril. Selon une évaluation rapide effectuée par l’ONG Assistance aux Communautés Démunies (ACD), environ 1 720 habitations se sont écroulées, laissant près de 20 570 personnes sans-abris. De nombreux puits et latrines se sont également écroulés contaminant les eaux de consommation. Aussi, 75% des superficies emblavées en cultures vivrières ont été détruites dans le groupement de Kashobwe.

Dans la région de Mufunga Sampwe, 70% des champs de manioc, maïs, arachide et haricot ont été également inondés. Cette situation aura certainement des conséquences sur la disponibilité des aliments sur les marchés.

Les réponses face aux catastrophes naturelles ont toujours demeuré faibles ou inexistantes par manque de financement dans ces provinces.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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