DR Congo

RD Congo : Général Gaye - Le massacre de Kanyola nous rappelle qu'il reste encore beaucoup à faire

Source
Posted
Originally published
Nina Yacoubian / MONUC

A l'occasion de la Journée internationale des Casques bleus, célébrée chaque 29 mai, le Force Commander de la MONUC, le Général Babacar Gaye s'est exprimé sur la signification de cette journée et a exhorté les Casques bleus en RDC à poursuivre leur engagement en vue de contribuer à la consolidation de la paix et la stabilité du pays.

ENTRETIEN

1) Qu'elle est la signification de la Journée internationale des Casques bleus pour vous?

La journée des soldats de la paix a été instituée pour rendre hommage et justice à ceux dont la vocation est de porter assistance essentiellement et prioritairement aux populations qui souffrent dans les pays en conflit.

Je crois que c'est légitime que par rapport aux sacrifices qui ont été consentis par ces Casques bleus et par rapport également à tout ce qu'ils ont réalisé dans l'amélioration de la situation sécuritaire de part le monde, qu'une journée leur soit consacrée.

Pour nous ici au Congo, c'est une journée de bilan et de réflexion.

2) Qu'elle est votre impression des soldats de la paix en RDC?

J'ai une bonne impression des soldats ici. Je mesure cela à l'aune de ce qui a été fait ici au Congo. Notre action a permis d'organiser la consultation électorale qui est le résultat d'un long processus politique.

J'ai l'habitude de dire que notre action a permis d'apporter partout o=F9 nous sommes déployés, un sentiment de sécurité aux populations. Notre action a également permis de maintenir un certain équilibre qui a pu éviter certaines aventures et enfin notre action a tout de même permis des avancées très claires dans beaucoup des régions grâce à nos opérations robustes de rapatriement et de reddition qui ont pu intervenir.

3) Comment décrivez-vous un bon soldat de la paix?

A mon avis, être soldat de la paix plus précisément dans une mission sous Chapitre VII, c'est certainement la forme la plus achevée d'utilisation de la force dans la mesure o=F9 notre action bénéficie de moyens coercitifs très importants.

Nous avons des unités mécanisées, nous avons des hélicoptères d'attaques, et pour autant nous avons le devoir de rester dans une position impartiale et nous ne perdons jamais de vue que notre mission prioritaire c'est d'abord protéger les populations. Cet ensemble de considérations, le caractère multidimensionnel de la mission dans laquelle nous servons, tout cela fait de nous des soldats qui avons un spectre d'activités qui est certainement beaucoup plus grand que le spectre des activités des armées nationales lorsqu'elles sont engagées dans leurs territoires.

C'est dans ce sens que je considère que ce maintien de la paix sous Chapitre VII est une des formes les plus achevées d'utilisation de la force.

4) Vous étiez dans plusieurs missions de la paix. A votre avis, qu'elle est la différence entre cette mission et les autres?

J'ai eu l'occasion d'effectuer plusieurs missions de maintien de la paix. Elles sont toutes très différentes de ce qui se passe ici au Congo puisque j'étais après la guerre du Ramadan, Casque bleu en Egypte au Sinaï, déployé entre deux armées régulières. J'ai ensuite été au sud du Liban en 1980.

Bien évidemment, cette situation par rapport au mandat, par rapport au Chapitre VII sous lequel nous évoluons est tout à fait différente de ce que nous faisons ici.

Il est vrai aussi que mes responsabilités sont tout à fait différentes. Je crois que toutes ces missions ont leur importance et toutes ces missions ont contribué pour ou prou à un moment, si non, à faire évoluer dans le bon sens la situation; du moins à la stabiliser.

Donc, je crois que toutes les opérations de maintien de la paix ont leurs logiques et sont toutes très importantes pour les populations au milieu desquelles elles sont déployées.

5) Qu'elle est votre message aux soldats de la paix?

Le message que je voudrais donner aux soldats que j'ai grand honneur de commander c'est d'abord leur exprimer la gratitude du Représentant spécial qui est notre Chef ici pour tout ce qu'ils font tous les jours pour apporter aux populations un peu de réconfort, un peu de sécurité. C'est ensuite une exhortation à poursuivre leurs actions parce qu'il reste bien sûr beaucoup à faire.

Le massacre qui vient de se passer à Kanyola dans la nuit de samedi à la veille de cette commémoration est là pour nous rappeler qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce pays. Et donc je les exhorte à continuer dans ce sens et je leur dis vraiment la fierté que j'ai de conduire cette action à leurs côtés.