DR Congo

RD Congo : Conférence de presse du Directeur désigné des services d'information de la MONUC, M. Kevin Kennedy, sur la situation au Nord-Kivu

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« La situation humanitaire est notre première préoccupation, alors que des dizaines de milliers de personnes déplacées sont sur les routes », a déclaré M. Kevin Kennedy, Chef de l'Équipe opérationnelle intégrée pour les Grands Lacs, et Directeur désigné de l'information pour la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), au cours d'une conférence de presse de présentation de la situation au Nord-Kivu, organisée aujourd'hui en milieu de journée au Siège des Nations Unies à New York.

Qualifiant la situation d'ensemble d'« extrêmement complexe », Kevin Kennedy a indiqué que tout était mis en œuvre pour renforcer le cessez-le-feu décrété hier. Il a déclaré que la récente escalade de la violence au Nord-Kivu, était due à la fois aux moyens limités dont disposent les Nations Unies sur le terrain - 6500 hommes pour une province grande comme le Benelux-, et au manque de volonté politique des parties en présence. Il a rappelé que la demande de renforts faite au Conseil de sécurité, le 3 octobre 2008, par le Représentant spécial du Secrétaire général en République Démocratique du Congo (RDC), M. Alan Doss restait d'actualité, en précisant que M. Doss avait requis deux bataillons d'infanterie et deux compagnies de forces spéciales supplémentaires, sans oublier des moyens de collecte d'informations. Il a précisé que la MONUC disposait de deux hélicoptères d'attaque pour le Nord-Kivu qui venaient d'être renforcés par un troisième en provenance de l'Ituri.

Il a indiqué que le Président Joseph Kabila avait demandé la mise en place d'une force multinationale, et que des discussions étaient en cours, notamment auprès des partenaires européens, pour discuter de la composition, de la durée et du mandat à donner à cette force éventuelle. Mais quels que soient les moyens que nous mettrons à la disposition de la Mission, a prévenu Kevin Kennedy, ils ne pourront jamais compenser l'insuffisance de volonté politique des parties concernées.

C'est un problème essentiellement politique qui ne trouvera de solution qu'à travers des réponses à caractère politique, a-t-il insisté, en rappelant que les Communiqués de Nairobi et de Goma restaient les bases à respecter pour reprendre le processus politique et consolider les cessez-le-feu actuels. Il a mis l'accent sur la portée du Communiqué de Nairobi en tant qu'outil de collaboration entre la RDC et le Rwanda, notamment en ce qui concerne le désarmement des groupes armés illégaux.

Il a indiqué que la MONUC avait assuré, aujourd'hui, le transport de la Ministre des affaires étrangères du Rwanda vers Kinshasa, où elle devait rencontrer le Président Joseph Kabila, tout en précisant que le problème du Nord-Kivu était un problème avant tout inter-congolais. Nous ne disposons d'aucun élément d'information faisant état d'un appui du Rwanda aux forces du Congrès national de défense du peuple (CNDP), dont les forces sont estimées à 4000 combattants, a indiqué Kevin Kennedy. Quand aux échanges de feu au dessus de la frontière entre la RDC et le Rwanda, il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'une réponse à des tirs provenant de la RDC, a-t-il estimé.

Il s'est inscrit en faux contre des affirmations faisant état de troupes de la MONUC s'opposant à l'entrée de populations déplacées dans la ville de Goma. Se référant à une question qui a été posée sur la mort, durant la nuit, de 9 civils à Goma, il a déclaré que la MONUC, qui dispose de 850 soldats à Goma, était la seule force structurée à patrouiller dans la ville, et qu'il était difficile, avec des effectifs qui restent insuffisants, d'avoir une vue d'ensemble de la situation qui règne dans une ville de plus d'un million d'habitants.

S'agissant de l'hostilité manifestée récemment par la population à l'égard des Casques bleus, il a déclaré que les Congolais avaient placé énormément d'espoir en la MONUC. Le niveau d'expectations va bien au-delà de ce que la MONUC peut faire, a-t-il regretté. Il a rappelé que la RDC avait un gouvernement élu et qu'il était du devoir de la communauté internationale d'appuyer les efforts déployés par ce Gouvernement pour assurer la primauté du droit et la stabilité à travers le pays.

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