DR Congo

Rapport mensuel de monitoring de protection Sud Kivu & Maniema (Kabambare) | septembre 2021

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Situation Report
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RESUME

Le contexte sécuritaire et de protection au cours de ce mois s’est détérioré par rapport au mois précédent. Le mois de septembre montre quelques 1.188 violations documentées, une hausse considérable comparé aux 718 violations en mois d’Aout. Cette situation trouverait explication dans la reprise des incursions et embuscades d’hommes et groupes armés contre les civils dans les zones à faible couverture des forces de sécurité. A ces situations s’ajoutent aussi l’impact des affrontements récurrents auxquels se livrent certaines de ces factions armées entre elles, en lien avec la gestion des carrés miniers et entre ces dernières et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) pour le contrôle des entités. La persistance des conflits intercommunautaires dans les Hauts et Moyens Plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga ainsi que la résurgence des conflits de pouvoir dans le Territoire de Shabunda ont eu également une incidence négative sur la protection des civils.

Uvira : L’on note une augmentation de 163% des violations résultant de la persistance des affrontements dans les Hauts et Moyens Plateaux de Runingu et Kigoma et la persistance du conflit intercommunautaire entre les Banyamulenge et la coalition Bembe-Fuliru-Nyindu. Comme le mois d’aout 2021, on note les affrontements entre FARDC et la coalition des miliciens Mai Mai avec une milice étrangère d’une part et d’autre part, la persistance du conflit intercommunautaire dans le groupement de Kigoma et la criminalité montante dans la ville d’Uvira

Kalehe : On observe une accalmie relative dans la majeure partie du territoire. Néanmoins, les zones concernées par les opérations militaires des FARDC contre les groupes armés et celles à faible couverture montrent une augmentation des risques de protection. Les groupements de Buzi et Ziralo sont les plus affectés en termes de violations commises à la fois par les FARDC et ces factions armées. Les violations au droit de propriété et celle du droit à la liberté leurs sont attribués leurs sont attribuées.

Walungu : Le groupement de Mulamba dans ses parties Luntukulu, Busolo, Lubimbe et Kibandamangobo est resté la zone de prédilection des factions Raiya Mutomboki, caractérisées par des embuscades et prises d’assaut fondées sur la question de survie et de leadership. Les FARDC de leur part ne sont pas restées indifférentes. Ces dernières se sont distinguées dans les extorsions des biens sur différents postes de contrôle, érigés le long de la route Nzibira-Lubimbe-Kibandamangobo. Néanmoins, on observe une légère diminution des incidents.

Shabunda : Ce territoire a fait face à la résurgence des conflits de leadership entre deux clans avec l’implication des groupes armés Raiya Mutomboki et Mai Mai, pour le contrôle des carrés miniers. Les incursions, embuscades et les affrontements entre ces factions armées se multiplient, provoquant des cas de pillage, enlèvement et recrutement des jeunes ainsi que des mouvements de population d’une zone à une autre. Les groupements de Bamuguba Sud, Baliga et Ikama Kasanza ont été les plus touchés.

Fizi : A l’instar du mois d’aout dernier, on observe la persistance de l’insécurité entretenue par les factions Mai Mai. Les embuscades et des incursions sont restées les principaux modes opératoires des miliciens pour accéder aux biens des civils dans les villages et le long de la route. Les secteurs de Ngandja, Lulenge et Tanganyika étaient le plus touchés. Cependant, dans le cadre de la pacification, quelques 12 bandits armés ont rendu leurs armes auprès de la MONUSCO et des FARDC à Kilembwe.

Kabambare : l’activisme des combattants Mai Mai continue d’affecter la majorité de ce territoire avec incidence considérable sur la protection des civils. Il s’agit des affrontements des premiers citoyens contre les FARDC dans le secteur de Babuyu ainsi que les attaques répétées des Mai Mai dans le secteur de Bangubangu, provoquant en plus du mouvement de population des violations des droits humains notamment le recrutement forcé des jeunes, des enlèvements et pillages.

Mwenga : Des cas de banditisme, matérialisés par le kidnapping ainsi que le viol ont émaillé le contexte de protection au cours de ce mois. Les enfants ont également figuré parmi les victimes d’hommes armés particulièrement dans le groupement de Bamunda en chefferie de Basile. La faible couverture de nombreuses entités par les forces de sécurité et de défense constitue le principal facteur à la base de la montée de l’insécurité dans cette partie du Territoire. Par ailleurs, l’accès aux biens et notamment le bétail a été à la base de nombreuses incursions des factions Mai Mai pour des gains économiques et comme stratégie de survie dans le secteur d’Itombwe.