DR Congo

Rapport mensuel de monitoring de protection Sud Kivu & Maniema (Kabambare) | août 2021

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Situation Report
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RESUME

La situation sécuritaire et de protection au Sud-Kivu a été marquée par l’activisme des groupes armés, et des conflits intercommunautaires. Cela s’est traduit par les incursions dans les villages et les affrontements entre groupes armés. L’intervention des Forces armées de la république démocratiques du Congo (FARDC) dans le cadre des opérations de traques des groupes armés dans les différentes entités n’est pas passée inaperçue.

Ce mois on note une légère diminution de violations collectées, passant de 615 cas à 556 cas. Soit une diminution de 8%. Malgré cette légère baisse, on note la persistance des activités des groupes armés et des affrontements entre eux ou contre les FARDC avec impact négatif sur la situation de protection. Des mouvements de population et autres violations des droits humains ont été enregistrés consécutivement à ce contexte. En plus, la faible présence ou l’absence des forces de sécurité, les conflits autour des intérêts communautaires et le pouvoir politique et la gestion dans les carrés et sites miniers sont autant des facteurs favorisant l’activisme des hommes armés. La diminution importante des violations depuis le mois de Juin est lie à l’implémentation du nouveau système SAR. Ce système n’enregistre qu’une seule violation par incident.

Uvira : Les Hauts Plateaux et Moyens Plateaux de Kigoma et Runingu en chefferie de Bafuliru demeurent instable. Cette situation résulte d’une part des opérations de traques des groupes armés lancées par les FARDC et d’autre part des activités intenses des groupes armés locaux (Mai Mai et milices Gumino/Twigwaneho) avec leurs groupes alliés étrangers (Red Tabara et Ex FNL). Ces acteurs commettent les enlèvements des civils, les pillages des bétails ainsi que les coupures de route contre les voyageurs civils.

Kalehe : On observe une légère amélioration de la situation sécuritaire après les affrontements des opérations de traques des groupes armés en mois de Juin. Cette accalmie est renforcé par la présence des FARDC qui a un effet dissuasif aux membres des groupes armés. Paradoxalement, l’on observe une hausse des violations des droits humain comparativement au mois de juillet. Les FARDC, loin de sécuriser les civils et leurs biens se sont rendu auteurs potentiels par des actes d’extorsion des biens et d’arrestations arbitraires.

Walungu : On note une accalmie sur la majeure partie de Walungu sauf le groupement de Mulamba, qui demeure sous l’emprise des groupes armés. Plusieurs violations des de droits humains leurs sont attribuées, notamment la collecte forcée des vivres, les enlèvements et le viol. Un leader d’un groupe armé qui etait actif dans le groupement de Mulamba - notamment sur les axes Lubimbe-Kibanda Mangobo - a fait sa reddition auprès de la Monusco depuis le 20 août. La reddition de ce chef de guerre pourrait influencer positivement la situation dans la région.

Shabunda : L’environnement sécuritaire a été marqué par des activités criminelles des groupes armés dans les groupements de Bamuguba Sud, Baliga et Ikama Kasanza et par les opérations de traque des groupes armés par les FARDC. Ces tensions se sont traduites par les affrontements entre les FARDC et groupes armés mais aussi par les attaques des groupes armés sur les sites miniers. Au plan de protection, l’on a enregistré les cas de pillages, extorsions des biens, le viol, et l’utilisation et le recrutement des enfants dans les forces et groupes armés.

Territoire de Fizi : Comme le mois de juillet, les éléments armés de connotation Twa ont transposé leurs activités criminelles du Maniema vers la province du Sud-Kivu dans le territoire de Fizi. Les axes les plus touchés sont entre autres, Kimbi-Lulenge. Plusieurs violations des droits humains leurs sont attribuées au cours des embuscades et incursions qu’ils mènent dans la région. Par ailleurs, une accalmie sécuritaire dû à l’augmentation des effectifs des FARDC a été observé ce mois sur la littorale de Mutambala et Tanganyika.

Territoire de Kabambare : On note une activité accrue des groupes armés Faux jours et Sheick Hassan dirigé par Kabala dans les Groupements Baganahiri et Kagulu en Secteur de Bangubangu. Plusieurs abus des droits humains leurs sont attribuées, entre autres les coups et blessures, arrestations arbitraires pour des rançons. Les habitants des groupements précitées sont accusés par les groupes armés de complice à l’assassinat du médecin chef de Zone en date du 29 juillet. Les combattants Twa se sont illustrés par des braquages dans le Secteur de Babuyu, dans la zone de Santé de Kabambare, particulièrement contre les usagers de la route nationale numéro cinq (RN5).

Mwenga : Une légère accalmie s’est observée dans le secteur d’Itombwe grâce aux opérations de traque des groupes armés et le retour des unités FARDC dans certains villages. Malgré cette présence dissuasive, des sources locaux confirment l’activisme des factions Mai Mai et Raiya Mutomboki dans le secteur d’Itombwe et dans la chefferie de Lwindi, plus spécifiquement dans le groupement de Kigogo.