DR Congo

Rapport mensuel de monitoring de protection Sud Kivu & Maniema | septembre 2020

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RESUME

Le contexte sécuritaire a été particulièrement marqué en ce mois de septembre 2020, par l’organisation d’une réunion regroupant les représentants des groupes armés tenue du 14 au 16 septembre 2020 à Murhesa dans le territoire de Kabare. Cette rencontre a eu pour objectif de trouver un terrain d’entente pour une éventuelle reddition des groupes armés, et par ricochet, redonner un espoir de paix sur l’ensemble des zones occupées par les membres de groupes armés. Six points de convergences allant dans le sens de cessation des hostilités afin de construire un environnement pacifique sont ressortis de ladite rencontre. A ce titre, l’Etat congolais devrait engager toutes les institutions de la République en vue d’activer sur le plan institutionnel et budgétaire, les structures chargées du processus de démobilisation, désarmement, réinsertion, réintégration et réconciliation communautaire. Cependant, au cas où l’Etat congolais n’encadre pas ce processus très fragile, il y a lieu qu’à l’avenir, les chefs des groupes armés se retranchent à nouveau dans les forêts pour reprendre leurs activités armées, ce qui détériorerait d’avantage le contexte de protection. Une telle option multiplierait les attaques et affrontements entre groupes armés, entre ces groupes contre les FARDC avec entre autres conséquences, le déplacement forcé des populations civiles vers les zones estimées sécurisées mais aussi des abus/violations des droits humains.

Nombreuses ont été les incursions et attaques signalées dans de villages, maisons, fermes et carrés miniers, occasionnant des abus/violations des droits humains à l’encontre des civils. Par ailleurs, des cas des braquages et embuscades sur les tronçons routiers tant sur la principale de la Route nationale (RN5) que sur les voies de désertes agricoles/secondaires ont eu lieu et dont certains humanitaires en ont été victimes. En effet, au cours de ces trois derniers mois, on compte près de 11 humanitaires qui ont été victimes des braquages et enlèvement dans les territoires d’Uvira, Fizi et Kabambare. La prise des humanitaires pour cible est liée à la recherche des moyens de survie.

Par ailleurs, des accrochages et affrontements ont opposés les différents groupes armés dans l’objectif de la conquête des zones pour le contrôle effectif afin d’avoir l’accès aux ressources minières et d’imposer des taxes aux civils sous leur gestion. D’autres ont été des accrochages opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux groupes armés qui a motivé d’avantage au renforcement de la présence FARDC dans certaines zones pour assurer la protection des civils. Le cas de Bijombo en est un cas typique.
Le Territoire de Fizi a particulièrement été marqué par des attaques des positions FARDC de la force navale par les groupes armés dans le Secteur de Mutambala, dans les localités de Buma et Mwanjalulu, groupement Babwari et les effets du conflit intercommunautaire entre les communautés banuyamulenge et celles fuliru, nyindu et bembe, en coalition.

Dans le territoire de Kabambare, La faible couverture sécuritaire de plusieurs zones pourtant sensibles (Secteur de Babuyu) en raison d’activisme accru de groupes armés pérennise cet activisme.

Le territoire de Kabambare regorge de carrés miniers très attractifs autant pour les opérateurs économiques que pour les hommes armés en quête de moyens de survie. Le Secteur de Babuyu demeure en proie à l’activisme des combattants Twa et Maï-Maï Brown qui ont violé deux filles.

Dans le territoire d’Uvira, nonobstant la présence renforcée des FARDC dans les Moyens et Hauts Plateaux de Bijombo, le conflit intercommunautaire persiste. Des atteintes aux droits à la vie (meurtre) et à la propriété (vol de bétails) continuent à être enregistrés. Cette situation renforce la méfiance mutuelle entre les communautés qui pourrait donner lieu à une implosion sociale, et par ricochet, perpétuer le cycle de la violence entre les protagonistes qui, du reste, s’appuient sur les milices et groupes armés de leur appartenance ethnique.

A Mwenga, Le conflit intercommunautaire est toujours pendant surtout dans les Hauts Plateaux du Secteur d’Itombwe où les groupes Maï-Maï factions confondues s’affrontent aux milices Gumino/Twigwaneho. Dans ce conflit, les protagonistes font recours aux groupes armés étrangers dont les Ex FNL, Red Tabara et FDLR. Consécutivement à cette situation, des abus et des déplacements forcés de population sont constatés.

A Walungu, l’absence des FARDC dans plusieurs localités du groupement de Mulamba favorise l’activité des Raiya Mutomboki factions Ndarumanga, Lukoba, Bralima et Blaise présicement dans les localités de Cinda, Luntukulu et dans les villages de Lubimbe. Plusieurs sont les abus enregistrés (pillage, taxes illégales, enlèvement) et dont ces miliciens en sont auteurs.

A Shabunda, la dégradation de la situation sécuritaire impacte négativement sur la situation de protection des civils. Cette dégradation est caractérisée par des incursions des miliciens Raiya Mutomboki (Mabala, Donat, Ngandu et Walike) dans les carrés miniers dans le but de se procurer des biens de 1ère nécessité, de l’argent et de l’or. A cette occasion, des abus graves y sont enregistrés dont le viol et déplacement forcé de la population. Le dégarnissement de zone par les FARDC pour raison de contrôle biométrique favoriserait l’activité des groupes armés.

Les Territoires de Kalehe et Kabare résultat des incursions, des embuscades tendues et des affrontements opposant les éléments Maï- Maï et Raiya Mutomboki et autres hommes armés non identifiés dans le territoire de Kalehe et de Kabare.

Pour le mois sous examen, 2.340 violations des droits de l’homme résultant de 486 incidents de protection ont été collectées et documentées. Elles ont été commises sur 1.607 victimes civiles dont 758 résidents (47,2%), 444 retournés (27.6%), 398 déplacés internes (24.8%) et 07 réfugiés (0.4%).

Comparativement au mois précédent, on note une hausse de 756 cas. Cette hausse pourrait être en lien avec la persistance de l’activisme de groupes armés notamment dans les territoires de Shabunda, Uvira et Mwenga. La protection des intérêts communautaires, la lutte pour le leadership ou, la quête de moyens de survie et autres avantages, la faible présence en couverture sécuritaire FARDC attisent cet activisme également.

Au regard des données statistiques, les violations au droit à la propriété viennent en tête avec 1.067 cas suivies de violations au droit à la liberté avec 665 cas puis de violations au droit à l’intégrité physique avec 494 cas et enfin les violences sexuelles avec 114 cas. Les différents factions Maï-Maï, les FARDC ainsi que les bandits comptent parmi les principaux auteurs avec respectivement 1.238 (53%), 548 (23%) et 141 (6%) cas commis. La majorité de violations ont résulté des incursions, des embuscades, affrontements intergroupes aussi bien dans des domiciles que dans des villages, carrés miniers, champs et divers axes routiers.

Le territoire de Shabunda a été le plus touché avec 680 cas suivi d’Uvira avec 387 cas