DR Congo

Rapport mensuel de monitoring de protection Nord Kivu | Septembre 2020

Format
Situation Report
Sources
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

RÉSUMÉ

En septembre 2020, la Province du Nord-Kivu a été marquée par la reprise d’affrontements entre les deux factions du groupe armé Nduma Defence of Congo (NDC/Rénové) dans la zone de santé de Pinga, en territoire de Walikale. Cette reprise d’affrontement est intervenue après le retrait des casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO) et la réduction de de l’effectif réduit des éléments des Forces Armées de la RDC (FARDC) dans la zone.

Lors de ces derniers affrontements, 7 PDIs-retournées (2 femmes, 3 hommes et deux enfants) avaient été tués, 2 filles violées, 16 maisons détruites dans les villages Katanga et Kailenge et les habitants de Nkasa, Katanga et Bushimoo (trois quartiers de Pinga) (environ 476 ménages) avaient trouvé refuge à l’Hôpital Général de Référence de Pinga.

Dans le territoire de Beni, les populations civiles continuent d’être victimes de violentes attaques d’éléments présumés de l’Allied Democratic Forces (ADF). Les zones de santé d’Oicha et de Mutwanga ont été les plus touchées. Par conséquent, entre le 21 et le 22 septembre 2020, la commune rurale de Mangina a accueilli environ 1.497 ménages de nouvelles personnes déplacées internes (PDIs). Ces dernières sont venues des villages Musuku, Kazaroho, Kudukudu et Maliese fuyant les doubles attaques des individus armés présumés ADF le 20 septembre suivi de l’attaque de Masuku. Une évaluation multisectorielle initiée par le cluster protection a été menée sur place dans le but d’identifier les besoins globaux sur la situation humanitaire et de protection et plaider pour des réponses auprès des différents intervenants. Sur l’ensemble d’incidents de protection qui ont été collectés au Nord-Kivu, 57% d’homicides, 57% d’incendies et 27% de pillages ont été commis dans le territoire de Beni et principalement dans les villages Kaviro (zone de santé de Vuhovi), Musuku, Maleki, Kitogho (zone de santé d’Oicha), Kenhambaore (zone de sante Mutwanga).

Dans le territoire de Lubero, un convoi des humanitaires était tombé dans une embuscade d’un groupe armé Mai-Mai le 16 septembre 2020. L’incident s’est passé au niveau de Timbotimbo (situé sur l’axe routier Luofu-Kasiki-Mbughavinywa, dans la zone de santé de Kaina). Ces humanitaires revenaient d’une distribution des vivres en faveurs des personnes déplacées internes (PDIs) dans le village Kasiki (Zone de santé de Kayna). Le bilan de l’incident était d’un cas de meurtre, 2 cas d’enlèvement, 1 cas des coups et blessures et l’extorsion des plusieurs biens matériels (téléphones, ordinateurs et argents). Les activités socio-économiques, champêtres et administratives avaient été suspendues au cours de la journée du 17 septembre 2020 dans les villages Luofu, Kasiki et Kitobindo sur instruction de forces vives de la région, réclamant la libération de ces deux otages.

Dans le territoire de Rutshuru, l’environnement de protection devient de plus en plus précaire depuis que les anciens éléments d’un groupe armé avaient été regroupé par les FARDC dans le centre d’instruction militaire à Rumangabo (depuis le 18 aout 2020), dans le cadre du processus de leur démobilisation et/ou réintégration. Le 20 septembre 2020, certains éléments de ce groupe armé ont fait incursion dans le marché de Kabaye, au village Kabaya (groupement Kisigari) (avec des armes blanches en mains : les lances, les machettes, les couteaux). Ils y ont extorqué des biens constitués des vivres, des boissons, de l’argent et d’autres divers articles dans des boutiques.

Cette situation a créé une panique générale au sein de la population dans cette zone.
Le déficit dans leur encadrement (leur survie) les inciterait à ces genres d’actions contre les civils.

Cette précarité de la situation sécuritaire au Nord-Kivu continue à favoriser la commission d’atteintes aux droits de l’homme et des violations de droit international humanitaire. Au cours de ce mois de septembre 2020, 1.837 incidents de protection ont été documentés par les équipes de protection au Nord-Kivu. Comparativement au mois d’aout 2020, au cours duquel 1.437 incidents de protection avaient été documentés, il se dégage une augmentation de 22%, soit 400 incidents. Pourtant le nombre des moniteurs de protection et les zones de couvertures n’ont pas changé. Des affrontements entre deux factions armées dans le territoire de Walikale dans la zone de santé de Pinga, les exactions des groupes armés à Masisi (groupements Bapfuna) dans la zone de santé de Masisi et à Lubero (secteur Bapere) dans les zones de santé de Biena et Mangurejipa, sont les principaux facteurs de cette hausse d’incidents.

Les tendances des présumés auteurs indiquent que 44% d’incidents de protection documentés en septembre 2020 sont allégués aux éléments des groupes armés locaux, Les autres incidents sont allégués aux éléments FARDC (18%), aux bandits armés (12%) et aux présumés ADF (10%), aux éléments de la PNC (5%), à la population civile (3%) et aux inconnus (8%). Les éléments d’acteurs armés non-étatiques commettent la majorité d’atteintes relatives aux droits à la vie et à l’intégrité physique, à savoir 67% des tortures et traitements inhumains, 60% d’enlèvements, 52% des coups et blessures, 43% des viols et 21% d’homicides