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DR Congo

Rapport mensuel de monitoring de protection Nord Kivu | octobre 2024

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RESUME

En octobre, le monitoring de protection a documenté 1 307 violations et abus des droits humains dans la province du Nord-Kivu. Les retournés et les personnes déplacées internes (PDI) restent les plus affectés par ces violations. Les territoires les plus touchés sont Beni, Masisi et Nyiragongo.

Depuis septembre, une légère diminution de 3,28 % des violations et abus a été observée. En octobre, le contexte reste toutefois similaire à celui de septembre. D'une part, les affrontements entre un groupe armé, d'autres groupes armés, et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) se sont poursuivis dans les territoires de Masisi et Rutshuru, caractérisés par une intensification de l'utilisation de projectiles, une percée d’un groupe armé sur l’axe Kalembe en direction de Pinga dans le territoire de Walikale et des représailles violentes contre les civils lors d’incursions. D'autre part, plusieurs groupes armés continuent d'imposer des contributions forcées aux civils pour assurer leur propre survie, entraînant de nombreux abus. La criminalité persiste à Goma, dans le territoire de Nyiragongo, et dans la ville de Beni.

Dans le territoire de Masisi, les affrontements ont repris sur l'axe Kalembe, après une accalmie de 6 mois, entre un groupe armé, d'autres groupes armés et les FARDC. Ces combats se sont étendus à plusieurs villages du territoire de Walikale, dans le groupement de Kisimba, avec des représailles continues contre les civils et des déplacements de population.

Dans le territoire de Rutshuru, au nord-ouest, un groupe armé poursuit ses attaques contre les positions des autres groupes armés retranchés dans le Parc National des Virunga. Ces affrontements sont perçus comme des ripostes aux incursions de ces groupes armés dans les villages sous contrôle d’un groupe armé, entraînant de graves abus.

Dans le territoire de Nyiragongo et la ville de Goma, la criminalité demeure préoccupante, alimentée par la prolifération d'acteurs armés incontrôlés et la violation systématique du caractère civil et humanitaires des sites de PDI. Des meurtres de civils ont été rapportés, y compris dans les sites de déplacés. Des tensions liées aux conflits d'autorité au sein des comités directeurs de certains sites ont également été constatées, provoquant la relocalisation spontanée de certains PDI vers d'autres sites.

Dans le territoire de Beni, les opérations conjointes des FARDC et des Forces de Défense du Peuple Ougandais (UPDF) ont contribué à réduire les attaques d’un groupe armé dans la zone de santé d’Oicha mais ont également entraîné le déplacement de celui-ci vers d'autres zones ou un vide sécuritaire existe. Des abus par d'autres groupes armés continuent d'être rapportés lors d'incursions dans divers villages du groupement.

Dans le territoire de Lubero, à l'est, sur l'axe Mangurujipa, les attaques d’un groupe armé se poursuivent dans des zones éloignées des agglomérations sécurisées par des forces de l'ordre, causant de nombreux meurtres de civils.

Au sud, les activités économiques des groupes armés, notamment la perception de taxes illégales, continuent de générer des abus.