RÉSUMÉ
Au mois d’octobre, le monitoring de protection a documenté 1.435 incidents de protection dans la province du Nord Kivu, la majorité étant des violations du droit à la propriété. Les personnesretournées et déplacées internes (PDIs) sont les plus touchées.
Les territoires les plus affectés sont : Beni (474 cas), Masisi (270 cas) et Lubero (270 cas). On note une augmentation d’incidents de 14% par rapport au mois de septembre. Cette augmentation se justifierait par l’activisme accru des groupes armés et des ADF qui s’observe dans les zones de santé de Masisi, Mweso, Oicha et Musienene. Il se justifierait aussi par la reprise des affrontements cycliques entre des M23 et FARDC sur le territoire de Rutshuru.
Note : Le nombre des violations du mois de septembre représenté dans ce rapport pourra différentier du nombre dans le rapport antérieur a la suite de la validation des incidents après la date de rapportage.
Territoire de Rutshuru : Après un mois de trêve observée sur les lignes de front, on observe la reprise des affrontements cycliques entre les présumés éléments M23 et FARDC dans la chefferie de Bwisha. Ces affrontements se sont intensifiés à la fin du mois, avec un élargissement important de la zone sous occupation M23. La situation a entrainé le décès et des cas de blessures de multiples civils, des enlèvements et des déplacements massifs des populations.
Territoire de Beni : Les présumés ADF augmentent les incursions et le ciblage des activités agricoles pendant la saison culturale. Cette situation s’observe surtout dans les zones de santé de Kalunguta, Oicha, Vuhovi et Kyondo. On observe également des tensions entre la population riveraine du Parc National de Virunga, et les éco-gardes et les agents de la coopérative de pêcherie de Virunga (COOPVI).
Territoire de Masisi : La présence des acteurs armés dans les groupements Bapfuna, Banyungu, Nyamaboko 1 entraine des affrontements cycliques entres ces acteurs armés qui se disputent le contrôle de la zone. Cela forcerait les populations à se déplacer, et donnerait lieu à des cas d’abus des droits humains.
Territoire de Walikale : Deux groupes armés continueraient à perpétrer des abus des droits humains contre les civils. Des cas d’enlèvements, d’extorsions, de tortures et viols ont été documentées dans les groupements Kisimba, Usala et Ikobo.
Territoire de Lubero : Les groupes armés continuent d’étendre leur zone de contrôle depuis le retrait partiel des FARDC vers le territoire de Rutshuru au mois de juin. Plusieurs villages de la zone de santé de Musienene, Masereka connaitraient une insécurité grandissante à cause de la présence de ces groupes armés. Depuis l’attaque du 10 août de la prison centrale de Butembo par les hommes armés, on continue à noter la présence des engins explosifs improvisés et des activités criminelles dans la ville de Butembo.
Territoire de Nyiragongo : On note l’arrivée massive de la population fuyant les affrontements entre les M23 et FARDC dans le territoire de Rutshuru. Un groupe armé étranger continuerait également d’intensifier l’exploitation du Parc National des Virunga. La présence de cet acteur accroit les risques de protection dans les groupements Munigi, Mudja et Buhumba.