RÉSUMÉ
Au mois de juillet 2022, le monitoring de protection a documenté 1,076 incidents de protection dans la province du Nord-Kivu, la majorité étant des violations du droit à la propriété. En termes de statut des victimes, la principale population touchée par les incidents est constituée de retournées et personnes déplacées internes (PDIs).
Les Territoires affectés sont : Lubero (309 cas), Beni (303 cas), Walikale (182 cas), Rutshuru (146 cas) et Masisi (136 cas). On enregistre une baisse de 14,2% dans le nombre d’incidents documentés par rapport au mois de juin. Cette baisse serait due aux mesures sécuritaires sur le territoire de Beni. L’évolution des relations entre les groupes armes a Masisi aurait également influence la situation.
Il convient de noter que les chiffres finaux du mois antérieur peuvent différer de ceux du rapport mensuel précédent, comme des incidents de ce mois peuvent avoir été validés après publication.
Territoire de Rutshuru : La période du 1er au 8 juillet a été caractérisée par des affrontements violents entre les FARDC et les M23. Malgré une accalmie observée sur les lignes de front après le 10 juillet, les violations des droits humains contre les civils continuent d’être signalés dans la zone. On y note des pillages, extorsions, enlèvements et viols perpétrées par les acteurs armés dans les zones affectées par la crise. Cette situation a également entrainé le décès de multiples civils.
Territoire de Beni : On note une accalmie relative lié aux renforcements des mesures sécuritaires dans les zones antérieurement ciblées par les incursions des présumés ADF dans les zones d’Oicha et Mutwanga. Malgré cette accalmie, des groupes armés demeurent actifs dans ces zones. Cet activisme est à la base des violations des meurtres, incendies, enlèvements et déplacements forcés des civils. Environs 11 incursions, 7 attaques et 7 embuscades ont été documentées ce mois sur l’étendue du Territoire de Beni.
Territoire de Masisi : On note une accalmie sur le territoire a la suite de la signature des accords entre les groupes armes et le déménagement de multiples éléments des éléments de ces groupes pour rejoindre le combat contre les présumés M23 à Rutshuru. Néanmoins, des groupes armés non étatiques ont continué leurs activités. Le vide sécuritaire crée par le retrait des FARDC de certaines zones dans le contexte des affrontements contre les M23 ainsi que le changement des dynamiques entre les groupes armes risquent d’affecter la situation de protection sur le territoire pendant les prochains mois.
Territoire de Walikale : Le contexte de protection a été caractérisé par l’activisme accru des groupes armés dans les groupements au nord-est du territoire, notamment Kisimba, Ikobo, Ihana et Usala. La présence des acteurs armés non étatiques est à la base des affrontements et violations des droits humains, comme les extorsions, enlèvements, viols, tortures et autres.
Territoire de Lubero : Trois groupes armés non étatiques nationaux renforcent leurs ravitaillements en vivres et argent auprès des civils du territoire de Lubero. Ces groupes armés continuent à intensifier la collecte des taxes sur ce territoire, ce qui est à l’origine des violations contre les civils.