RESUME
Au mois d’avril, le monitoring de protection a documenté 1.343 violations et abus des droits humains dans la province du Nord Kivu. Les retournés et les déplacées internes (PDIs) restent les plus affectées par ces violations. Les territoires les plus touchés sont Masisi, Beni et Rutshuru.
On note une hausse significative de 300% des abus depuis le mois de mars.
Cette hausse pourrait être attribuée à la présence accrue des animateurs sur le terrain. On observe également une escalade des affrontements entre le M23, autres groupes armés et les FARDC dans le nord-est de Masisi et le sudouest de Rutshuru. Les attaques de l’ADF continuent dans la région de Beni, ciblant les quartiers périurbains. De plus, des abus sont toujours signalés par des hommes armés autour des zones d’accueil de Goma et de Nyiragongo.
Les affrontements intensifiés entre les belligérants dans plusieurs localités des territoires de Masisi et Rutshuru ont entrainé des nouvelles vagues de déplacement vers les sites de déplacement formels et informels aux environs de Goma et Kanyabayonga. Le nombre des personnes déplacées continue de s’augmenter et impactent sur les conditions de vie des PDIs. On note des violations répétitives du caractère civilo-humanitaire des sites par des incursions de groupes armés et des bombardements qui touchent les sites.
Sur le territoire de Beni, on note la recrudescence d’attaques ADF sur les quartiers périurbains de la ville et la commune de Mangina. Ces attaques entrainent la mort des civils et des déplacements. Les ADF profitent des vides sécuritaires à la suite de l’arrêt des opérations conjointes UPDF-FARDC.
Au sud-est et sud-ouest du territoire de Lubero, des groupes armés ont profité des vides sécuritaires après le retrait des militaires FARDC depuis avril 2023. Ils y intensifient des taxes illégales et commettent des abus lors du recouvrement des taxes illégales.
Sur le territoire de Rutshuru, Des affrontements entre le M23 et autres groupes armés se poursuivent dans les différentes zones de la chefferie de Bwito et entrainent des déplacements et des abus des droits humains. Le changement des tactiques et présences des différents acteurs armés dans le territoire a augmenté le nombre d’abus.
Sur le territoire de Masisi, des affrontements entre le M23, autres groupes armés et les FARDC se poursuivent. Ces affrontements et l’utilisation des armes lourdes ont eu des conséquences graves sur des civils dans les zones d’accueil des PDIs à Minova, Goma, Sake et Nyiragongo. La prolifération des acteurs armés au centre de Masisi entraine des nouvelles violations du caractère civile et humanitaire des sites.
Sur le territoire de Nyiragongo, des affrontements entre le M23, autres groupes armés et les FARDC s’intensifient dans le contexte du déploiement des militaires de la SADC aux environs de Goma. En plus, la prolifération des acteurs armés à Goma et Nyiragongo continue d’entrainer des incidents criminels urbaine. Cette tendance est légèrement atténuée par un renforcement des mesures sécuritaires.