RÉSUMÉ
Au mois d’avril, le projet monitoring de protection a documenté 724 violations dans la province du Nord Kivu, dont la majorité des violations du droit à l’intégrité physique. Les personnes déplacées internes (PDIs) ont été les plus touchées. Les territoires les plus affectés sont Masisi (264 cas), Rutshuru (176) et Beni (119).
Comparativement au mois de mars (643 cas), on note une augmentation de 12,5%.
Cette augmentation pourrait s’expliquer par la résurgence des affrontements entre les M23 et les groupes armés locaux dans le territoire de Rutshuru, des attaques des ADF dans le territoire de Beni, ainsi que les abus d’hommes armés aux alentours des zones d’accueil de Goma et de Nyiragongo.
Sur le territoire de Masisi, les relations entre deux groupes armés temporairement coalisés se sont détériorées à la suite des différends. On note également la poursuite des représailles contre des populations civiles.
Sur le territoire de Rutshuru, on note le retrait des éléments du M23 de certaines localités de groupement de Bambo, et le déploiement progressif des éléments de UPDF1 dans le cadre de l’EAC et des groupes armés locaux. La présence des groupes armés entrainerait des actes de represaille contre des civils. On a également noté des affrontements entre les FARDC, des éléments du M23, et des autres groupes armés dans plusieurs localités des groupements Bukombo et Tongo.
Sur le territoire de Nyiragongo et la ville de Goma, des PDIs continuent de subir des cas d’abus et violations des droits humains allégués aux acteurs armés dans les sites, les environs des sites et lors des mouvements pendulaires à la recherche de ressources. On note également des actes de criminalité ciblées dans certains quartiers de la ville de Goma.
Sur le territoire de Beni, on note l’intensification des embuscades et incursions meurtrières par de présumés éléments ADF dans les agglomérations des groupements Batangi-Mbau et Bambuba-Kisiki. Une tension entre des civils et des militaires dcontinue d’affecter le groupement Isale-Kasongwere.
Sur le territoire de Lubero, des affrontements entre les groupes armés locaux qui se disputent le contrôle des zones des groupements Luongo et Manzia a détérioré la situation de protection des civils.
Sur le territoire de Walikale, la situation de protection reste dominée par les attaques des acteurs armés non étatiques en groupements Kisimba, Ihana, Ikobo et Usala. En plus, la progression des éléments du M23 vers les villages environnants la cité de Kitshanga à Muhongozi et Mweso en mars est à la base d’une forte concentration des acteurs armés non étatiques à Pinga et ses environs. Plusieurs abus des droits humains commis par ces acteurs armés y ont été enregistrés.