Rapport mensuel de monitoring de protection Ituri | Septembre 2019

Report
from INTERSOS, UN High Commissioner for Refugees
Published on 18 Oct 2019 View Original

RESUME

706 incidents de protection ont été collectés et documentés au cours de ce mois de septembre 2019, contre 1033 incidents au mois d’août 2019. Il se dégage une baisse de 327 incidents, soit de moins 32%. La multiplication des patrouilles des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans les territoires de Djugu et Irumu et la multiplication des sensibilisations menées par les leaders communautaires, la MONUSCO et les autorités étatiques sur la paix dans le territoire de Djugu, auraient contribué à cette baisse.

Le territoire de Djugu a connu une diminution de 150 incidents comparativement au mois d’août 2019. Dans le territoire d’Irumu, une baisse des incidents attribuables aux présumes rebelles ougandais des Allied Democratic Forces (ADF) a été enregistrée, de 185 incidents à dix incidents, pour une baisse globale dans le territoire de 159 incidents. Cependant, une inquiétude est suscitée au sein de la population suite à la présence et circulation des ADF dans cette partie du territoire. En plus de la multiplication des patrouilles menées par les FARDC, cette baisse s’expliquerait également par la stratégie actuellement adoptée par les ADF, qui opèreraient dans des zones inaccessibles (par exemple à Mugulumugulu, située à environ 20 kms à l’ouest de Ndalya en Chefferie de Walense Vonkutu). En outre, ils éviteraient d’attaquer les civils dans les localités où se trouvent des FARDC. Ceci par crainte d’engager des affrontements directs avec les FARDC, qui prépareraient une vaste opération militaire, au cours desquels les ADF risqueraient d’être démantelés.

En dépit de cette baisse des incidents de protection enregistrée, la présence de plusieurs groupes armés constitue toujours une menace pour la protection des civils.

Plusieurs localités du territoire de Djugu ont fait face durant les deux premières semaines de septembre à des attaques d’hommes armés non identifiés. Ces attaques ont visé certains sites spontanés de Personnes Déplacées Internes (PDIs) (Duko1 , Rho2 ) et certains villages (Kpatiz3 , Bukatchle4 , etc.) où vivent des déplacés et des retournés. Elles ont été accompagnées d’exactions contre les civils (51 cas de meurtres, 27 cas d’enlèvements, etc.). De crainte pour leur sécurité, environ 450 ménages ont été forcés de fuir vers des localités relativement stables (sites spontanés situés entre Lopa et Iga Barrière, ainsi que la ville de Bunia).

Dans la partie sud d’Irumu, l’environnement protecteur des civils a été perturbé par l’activisme des présumés miliciens de la Force de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI). Ces miliciens, auteurs présumés de cas de pillages de biens des civils (97 cas), sont ceux qui auraient quitté le site de pré-cantonnement d’Azita le 15 septembre, suite à une altercation interne sur le partage de l’argent remis par le Programme de Stabilisation et de Reconstruction des Zones sortant des conflits armés (STAREC) et d’autres qui hésitent à rejoindre le site pour des motifs non élucidés. Pour rappel, plus de 800 miliciens sont dans le site de pré-cantonnement d'Azita, située à environ 5 kms à l’ouest de Gety en Chefferie de Walendu Bindi. Ils attendent la suite du processus (démobilisation et/ou intégration au sein de l’armée).

Dans le territoire de Mambasa, l’insécurité entretenue par les groupuscules de miliciens Maï Maï (Simba et Mutomboki) a affecté négativement la protection des civils dans sa partie ouest. La recherche des vivres et d’autres biens de première nécessité explique l’activisme de ces hommes dans ce territoire. Par ailleurs, les miliciens Maï Maï Mutomboki auraient fui les opérations militaires menées par les FARDC dans la province du Nord Kivu, pour s’établir dans le territoire de Mambasa. Ils auraient profité de la faible couverture sécuritaire, pour s’établir dans cette zone. Ils seraient aussi impliqués dans les attaques contre les agents de la riposte de la maladie à virus Ebola dans la zone pour des motifs non élucidés.