INTRODUCTION
Contexte et Justification de l’évaluation Les Hauts-Plateaux d’Itombwe sont le théâtre d’affrontements à répétition qui trouvent leur origine dans le conflit intercommunautaire qui oppose les Banyamulenge et la coalition Bafuliru-Babembe-Banyindu. De nombreuses violations sont enregistrées depuis le début de ce conflit (incendies de maisons, pillages de bétail, enlèvements, extorsions de biens et atteintes à l’intégrité physique (coups et blessures, meurtres)). Cette situation de violence et les violations qui s’en suivent contraignent les populations au déplacement. Depuis le début du conflit, la majorité des déplacés d’Itombwe se dirige vers Fizi centre et ses environs. Les chiffres actuels font état de 77 212 personnes déplacées (IDPs)sur ces axes.. Ce nombre important de personnes déplacées attire en effet l’attention des autorités publiques et des acteurs humanitaires, ignorant que certains déplacés, même minoritaires, se dirigent vers d’autres zones situées dans le territoire de Mwenga ; notamment sur les axes Mulombozi (Groupement de Basimwenda 1), Bionga (Groupement de Basikamagulu), et Kitutu (Chefferie de Wamuzimu), qui accueillent environ 1 250 personnes (230 ménages). Pour que ces personnes ne soient pas les laissées-pour- compte de la planification de l’assistance humanitaire, il a été jugé important de mener une évaluation de leurs besoins de protection.
C’est ainsi que du 15 au 20 octobre 2019, une équipe constituée de membres actifs du Cluster Protection du CRIO Centre-Est et d’un représentant de la Division Provinciale des Actions Humanitaires et Solidarité Nationale (DIVAH) a été dépêchée sur les axes sus mentionnés.
Méthodologie appliquée pour l’évaluation
Pour cette mission, la fiche d’évaluation générale de protection a été utilisée comme outil de collecte de données. Sur l’aspect pratique, l’équipe a eu recours à différentes méthodes, alliant à la fois interviews individuelles, échanges dans le cadre de focus groups et observation directe.
En ce qui concerne les interviews individuelles, les autorités locales (Administration territorial, Chefferies, FARDC, PNC, DGM) ; la société civile, ainsi que les leaders communautaires et les représentants de trois associations locales (Coopérative Agricole de Mwenga (COAM) ;
Alternatives ménages, nature et marchés (AMEN-asbl) ; Conseil agricole rural de gestion (CARG)), ont été ciblés.
Concernant les échanges dans le cadre des focus groups, des groupes ont été constitués suivant l’approche basée sur l’âge, le genre et la diversité (AGD), avec un accent sur les personnes vivant avec handicap, prenant en compte la situation particulière des personnes déplacés et celle des communautés d’accueil.