DR Congo

République Démocratique du Congo Plan de Réponse Humanitaire 2020 (février 2020)

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15,6M PERSONNES DANS LE BESOIN

8,1M PERSONNES CIBLÉES

1,82Mrd BUDGET REQUIS (USD)

277 PARTENAIRES OPÉRATIONNELS

La crise humanitaire en République Démocratique du Congo (RDC) reste aigüe et complexe et marquée par cinq impacts principaux : les mouvements de population, l’insécurité alimentaire aigüe, la malnutrition aigüe, les épidémies et les violations des droits humains et du droit international humanitaire exposant les populations à des risques croissants de protection. En effet, comme analysé dans l’Aperçu des besoins humanitaires (HNO) paru en décembre 2019, malgré certaines tendances positives localisées et un contexte politique favorable marqué par le premier transfert de pouvoir pacifique de l’histoire du pays, les conflits se sont fortement intensifiés dans certaines régions du pays et les causes structurelles et conjoncturelles de la crise humanitaire en RDC ont peu changé.

Au total, 15,6 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire en 2020, soit une augmentation de 22 pour cent comparée à l’analyse des besoins réalisée fin 2018 (12,8 millions de personnes). Parmi ces personnes dans le besoin, 50,8 pour cent sont des femmes, 58,5 pour cent des enfants. Cette hausse n’est toutefois pas nécessairement due à une détérioration globale de la situation mais principalement à une extension de la couverture géographique de l’analyse du cadre intégré de la sécurité alimentaire (IPC) qui a permis l’identification de besoins jusque-là non-évalués. La RDC abrite aujourd’hui la plus grande population de déplacés internes en Afrique avec 5,01 millions de personnes déplacées et est également le deuxième pays au monde au regard du nombre de personnes en insécurité alimentaire aigüe avec 15,6 millions de personnes affectées alors que 4,7 millions de personnes souffrent également de malnutrition aiguë. La forte prévalence des maladies à potentiel épidémique contribue également à la complexité et à la gravité de la situation humanitaire en RDC, dans un contexte de développement où l’accès aux services et infrastructures de base (soins, eau, hygiène, assainissement, routes, électricité, etc.) est déjà très limité. La RDC connait ainsi la pire épidémie de rougeole de son histoire et est également affectée par une seconde épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), la plus grave enregistrée dans le pays et la deuxième plus importante au monde. Ayant son propre cadre stratégique et opérationnel, la réponse à la maladie à virus Ebola (MVE) n’est pas incluse dans le Plan de réponse humanitaire 2020 mais a été prise en compte et considérée comme un facteur aggravant de la crise dans les zones géographiques affectées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

En 2020, le présent Plan de réponse humanitaire ciblera 8,1 millions de personnes pour recevoir une aide humanitaire urgente, soit 52 pour cent des personnes estimées dans le besoin - comparé à 9 millions de personnes en 2019. Suite à une analyse approfondie des besoins et de leur sévérité, la stratégie pour 2020 a été renforcée afin de mieux prioriser la réponse humanitaire, affiner le ciblage et assurer que les besoins les plus aigus soient pris en compte en priorité et que la réponse multisectorielle soit renforcée. L’analyse intersectorielle de sévérité a permis d’’identifier : 1) les zones de santé prioritaires sur la base du niveau de sévérité pour chacun des cinq impacts humanitaires identifiés ; et 2) les zones de santé où plusieurs impacts humanitaires sévères, critiques et/ou catastrophiques se superposent, exposant les populations affectées à un niveau de vulnérabilité accru. Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, du Kasaï, du Sud-Kivu, du Tanganyika et du Kasaï-Central comptabilisent près de 60 pour cent du nombre de personnes ciblées avec des besoins multisectoriels sévères, soit près de 58 pour cent des personnes dans le besoin. Le Tanganyika, le Sud-Kivu et le Nord-Kivu sont les trois seules provinces où sont identifiés des besoins à un niveau catégorisé comme catastrophique, qui représentent 5 pour cent du total de personnes dans le besoin. Une attention particulière est portée dans le ciblage aux groupes les plus vulnérables (personnes affectées par des mouvements de populations, enfants, femmes et les filles, personnes en situation de handicap, personnes âgées seules, personnes vivant avec une maladie chronique, populations autochtones).

La communauté humanitaire a opté en 2020 pour un Plan de réponse humanitaire annuel, en lien avec le contexte de transition du pays. S’appuyant sur les acquis du précédent Plan tri-annuel 2017-2019, les acteurs humanitaires adopteront une approche multisectorielle et ciblée afin d’améliorer l’impact de la réponse tout en continuant d’intégrer les questions transversales clés telles que la protection, la violence basée sur le genre et l’exploitation et les abus sexuels. En 2020, la communauté humanitaire en RDC s’est efforcée de renforcer l’analyse et la réponse multisectorielle des besoins dans l’Aperçu des besoins humanitaires et le PRH, la compréhension des causes structurelles et immédiates de la crise et l’analyse des niveaux de sévérité pour permettre une meilleure priorisation de la réponse, aussi bien au niveau géographique que des groupes spécifiques de populations.

Afin de sauver des vies et d’alléger les souffrances des personnes les plus vulnérables, trois objectifs stratégiques ont été définis : (OS.1) Assurer leur bien-être physique et mental en réponse à leur besoins vitaux ; (OS.2) Améliorer leurs conditions de vie ; et (OS.3) Améliorer leur environnement protecteur. L’aide humanitaire, vitale pour les populations dans le besoin, sera apportée sans discriminations et s’inscrira dans le respect des principes humanitaires d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance opérationnelle, tout en cherchant systématiquement à limiter et réduire les potentiels effets négatifs et non intentionnels des interventions.

US$ 1,82 milliard sont requis pour la mise en œuvre du PRH 2020, ce qui représente une légère augmentation de 11 pour cent en raison d'une révision et d'une mise à jour nécessaire des méthodologies de calcul des coûts sectoriels. Sans une mobilisation suffisante des ressources, les acteurs humanitaires ne seront pas en mesure d’apporter l’aide humanitaire prévue et des millions de personnes seront laissées pour compte.

La fourniture d’une assistance humanitaire efficace et de qualité aux populations les plus vulnérables est au cœur de l’action humanitaire. Dans ce cadre, le PRH 2020 s’inscrit en lien avec l’approche Nexus, afin de réduire les vulnérabilités et permettre de réduire les besoins humanitaires. La RDC a été désignée en mars 2018 par le Secrétaire Général des Nations Unies, comme l’un des pays prioritaires pour l’opérationnalisation du Nexus, et de la « nouvelle manière de travailler ». En 2020, il s’agira notamment de renforcer la complémentarité et la collaboration avec les acteurs de développement et de paix afin de renforcer l’analyse et favoriser la réponse des acteurs de développement et de paix aux facteurs sous-jacents des besoins humanitaires. Des résultats collectifs préliminaires ont déjà été identifiés et seront validés début 2020, les efforts se focaliseront alors sur la mise en œuvre de ces objectifs.
Ayant son propre cadre stratégique et opérationnel, la réponse à la maladie à virus Ebola (MVE) n’est pas incluse dans le Plan de réponse humanitaire 2020 mais a été prise en compte et considérée comme un facteur aggravant de la crise dans les zones géographiques affectées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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