DR Congo

République démocratique du Congo : Note d’informations humanitaires : Aperçu de la situation à Bibokoboko et Baraka, Sud-Kivu, 19 octobre 2021

Format
Situation Report
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

Ce rapport a été produit par OCHA Bukavu en collaboration avec les partenaires humanitaires et couvre la période du 12 au 19 octobre 2021.

FAITS SAILLANTS

  • Violents affrontements entre groupes armés à Bibokoboko et dans les Moyens-Plateaux de Fizi, entraînant le déplacement de plusieurs milliers de personnes

  • Eau, nourriture, soins de santé : besoins prioritaires des personnes déplacées

  • Agences des Nations Unies et ONG en route pour Baraka pour apporter les premières aides

APERÇU DE LA SITUATION

Violences dans les Moyens-Plateaux de Fizi

Entre le 12 et le 14 octobre, des affrontements violents entre groupes armés ont été signalés à Bibokoboko et d’autres villages des Moyens-Plateaux de Fizi. Six villages - Magunga I et II, Bibokoboko centre, Mugorore I et II,
Kavumu, Bivumu, Magaja et Kisombe - ont été incendiés ; des meurtres et du vol de bétails y ont également eu lieu. Les affrontements se poursuivent dans les Moyens-Plateaux entre les groupes armés.

Près de 7 840 personnes déplacées

Ces violences ont entraîné des déplacements de personnes, certaines s’étant dirigées vers Lusenda, d’autres en direction de Baraka. A l’heure de l’écriture de rapport, des déplacements seraient toujours en cours, les chiffres mentionnés sont donc susceptibles de changer.

Plus de 3 000 personnes sont arrivées à Baraka et ont trouvé refuge au sein d’une église et de familles d’accueil. Les Casques Bleus de la mission onusienne ont été déployés pour sécuriser le site, en appui aux forces armées congolaises. Plus de 4 200 autres personnes ont rallié les localités de Bitobolo, Ibumba, Lweba, Mukolwe et Lusenda. Ces personnes déplacées se sont réparties en familles d’accueil, au sein d’églises et d’écoles ; plus de 800 personnes sont arrivées dans les villages de Lusenda et Lweba, et ont trouvé refuge au sein d’une école et d’une église.

Dans les villages de provenance des déplacés des Moyens-Plateaux de Fizi, les affrontements violents sont liés aux conflits qui durent depuis des années dans les Hauts-Plateaux de Fizi et d’Uvira. La région des Moyens-Plateaux, actuellement affectée par les violences, est restée à l’abri des violences cycliques qui secouent la région des Hauts-Plateaux de Fizi, de Mwenga et d’Uvira depuis mai 2019. Les opérations lancées par l’armée congolaise en août dernier contre les groupes armés dans cette région-là ont conduit plusieurs bandes armées à se retrancher dans les Moyens-Plateaux de Fizi, une zone à faible couverture des forces de sécurité. Le redéploiement des forces de sécurité, opéré en septembre dernier, a créé un vide sécuritaire favorisant la recrudescence des activités des groupes armés dans cette contrée. Les six villages (Magunga I et II, Bibokoboko centre, Mugorore I et II, Kavumu, Bivumu, Magaja et Kisombe) affectés par les affrontements du 12 au 14 octobre étaient jusque-là dans une situation de calme et sans conflit.

3 081 déplacés à Baraka-centre sur le site de l’église méthodiste et en familles d’accueil

PLUS DE 4 220 déplacés à Bitobolo, Ibumba, Lweba, Mukolwe, et Lusenda

SITUATION HUMANITAIRE

Eau potable, infrastructures d’hygiène, nourriture parmi les besoins urgents Les personnes déplacées à Baraka et sur l’axe Lweba – Lusenda ont urgemment besoin d’eau potable et d’infrastructures d’hygiène, de nourriture, de soins médicaux et d’abris. Deux évaluations ont été effectuées, une à Baraka le 15 octobre et une seconde sur l’axe Lweba – Lusenda, le 16 octobre. A Bukavu, OCHA s’est entretenu avec le ministre provincial des affaires humanitaires sur la situation qui prévaut et a assuré de la mobilisation des acteurs humanitaires, en complément des efforts des autorités congolaises. Bien qu’un bon nombre d’organisations humanitaires soient présentes à Baraka, leur capacité opérationnelle de réponse immédiate est toutefois limitée.

A l’annonce de l’afflux des personnes fuyant les violences, les acteurs humanitaires ont activé leurs mécanismes de réponse afin de déployer des équipes qui pourront fournir les premières assistances. L’accès à l’eau potable et à des infrastructures d’hygiène s’élèvent comme des priorités, notamment en vue de prévenir l’éclosion de maladies hydriques.

L’ONG AIDES a ainsi installé plusieurs latrines dans le site de Mushimbakye à Baraka, une activité qui sera renforcée par la distribution d’Aquatabs (produits servant à purifier l’eau) et de savon, ce 19 octobre par Norwegian Church Alliance. Entre outre, le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) a entamé l’acheminement de vivres à distribuer à Baraka ; l’ONG International Medical Corps prévoit d’inaugurer, ce 19 octobre, une clinique mobile pour répondre aux besoins de santé d’urgence ; des équipes de l’UNICEF sont également en route pour Baraka et l’axe Lweba-Lusenda pour fournir une première assistance en articles ménagers et produits nécessaires à l’hygiène.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.