République démocratique du Congo - Note d’informations humanitaires pour les provinces du Sud-Kivu et Maniema, 15 septembre 2019

Ce rapport a été produit par OCHA Bukavu en collaboration avec les partenaires humanitaires. Il est publié par OCHA et couvre la période duer au 15 septembre 2019.

FAITS SAILLANTS

  • Plus de 35 000 nouveaux déplacés, en l’espace de deux semaines, à cause de l’insécurité dans les Hauts Plateaux de Fizi et Itombwe

  • Environ 22 600 personnes vulnérables assistés en vivres

APERÇU DE LA SITUATION

Le dernier cas confirmé d’Ebola, en cours, de traitement à Mwenga est guéri et libéré le 13 septembre dernier. Depuis lors, plusieurs alertes ont été signalés, mais aucun nouveau cas n’a été enregistré, depuis plus de deux semaines dans le Sud-Kivu, selon la coordination provinciale de la riposte. Au total, six cas confirmés d’infection à virus Ebola ont été rapportés, en début août dans le Sud-Kivu, dont trois sont sortis guéris. Les activités de veille épidémiologique se poursuivent, avec un accent sur la sensibilisation et l’engagement communautaire. A Bukavu, une cinquantaine de leaders communautaires de Mwenga ont participé à une table ronde d’information et de sensibilisation organisée le 06 septembre dernier par le Gouvernement provincial du Sud-Kivu, avec l’appui des partenaires. Une trentaine de journalistes et membres de la Task Force communication de la MVE Sud-Kivu ont été aussi briefés sur la prévention, les messages essentiels et le rôle des médias dans la riposte. La sensibilisation porte à porte se poursuit également dans les églises et écoles.

Entre temps, les déplacements de personnes continuent dans les Hauts Plateaux d’Itombwe (Territoire de Mwenga) et de Minembwe (Territoire de Fizi). Environ 35 000 personnes ont fui leurs villages, au cours de deux dernières semaines de septembre, à cause d’un rebondissement soudain du conflit communautaire entre les Banyamulenge, Babembe, Bafuliru et Banyindu. Ces déplacés se sont dirigés, pour la plupart vers les localités de Kalingi, Mikenge, Minembwe et de Tuwetuwe. Selon les acteurs de protection, ces violences ont aussi causé la mort d’une dizaine de personnes ; d’autres sont blessées ; plusieurs villages ont été incendiés. La tension reste encore perceptible dans la région ; aucune évaluation humanitaire et de protection n’est possible au stade actuel.

Cette résurgence de violences remet en cause tous les efforts de pacification entrepris par les autorités locales et d’autres acteurs impliqués dans le dialogue communautaire depuis juillet dernier. Entre mai et juin dernier, quelques 211 000 autres personnes s’étaient déplacées, dans la même zone, à la suite de violents affrontements armés. Cette insécurité a paralysé plusieurs secteurs : en éducation, seules 4 des 84 écoles que la sous-division éducationnelle dont repris les cours, depuis la rentrée scolaire, en début septembre. Ainsi, ce sont plus de 19 000 enfants de 6-11 ans qui sont privés de leur scolarité. Outre cela, ces violences ont également contraint sept organisations humanitaires internationales et nationales à restreindre leurs activités en éducation, dans la zone autour de Mikenge et Minembwe, Territoire d’Uvira.

Situation similaire dans le Territoire voisin de Shabunda où plus de 350 ménages auraient fui leurs habitations vers des villages situés autour du Parc national de Kauzi-Biega, dans la Zone de santé de Lulingu, craignant les conséquences des éventuelles opérations militaires. Ce sont les miliciens réfractaires au processus de reddition, retranchés dans la forêt de Bamuguba-Sud, qui se livrent aux exactions, à l’endroit des populations civiles.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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