DR Congo

République Démocratique du Congo : Flash Update : Attaques meurtrières et déplacements dans le sud de la province de l’Ituri (02 juin 2021)

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Dans la nuit du 30 au 31 mai dernier, la province de l’Ituri a connu une des attaques les plus meurtrières des dernières années lors du massacre d’une soixantaine de civils - dont 30 personnes déplacées - par des éléments armés présumés ADF dans les villages de Boga et Tchabi dans le sud du territoire d’Irumu. 12 personnes blessées ont été prises en charge à l’hôpital général de Boga. Au moins 25 civils dont 8 enfants ont été enlevés dans les deux localités. Plus de 60 abris/maisons ont été incendiés dans le site de Rubingo III où la plupart des personnes déplacées ont été tuées. Avant cette attaque, la zone de santé accueillait environ 48 000 personnes déplacées, selon des sources locales, dont environ 30 000 dans 8 sites spontanés et en familles d’accueil à Boga et 18 000 déplacés dans un site spontané à Tchabi. . Ainsi plus de 5 000 personnes qui étaient déjà déplacées dans les sites de Boga se seraient réfugiées dans le site de déplacés de Tchabi, recherchant protection au pied de la base de la MONUSCO. 4 000 nouveaux déplacés seraient arrivés à Bukiringi dans la zone de santé de Gety selon UNIRR, le mécanisme de réponse rapide d’UNICEF. La zone de santé de Gety, due à la relative stabilité qui y règne, accueillait déjà plus de 46 000 personnes fuyant les affrontements à l’est du territoire de Djugu ainsi que les différentes crises en Irumu, y compris la zone de santé de Nyankunde. D’autres, dont le nombre reste à confirmer ont fui vers le Nord-Kivu et Kainama dans des zones qui restent inaccessibles aux partenaires humanitaires en raison d’incursions fréquentes d’éléments armés et de la présence rapportée d’engins non explosés, ou encore vers la plaine de Semuliki pour éventuellement traverser en Ouganda. A l’heure actuelle, tous les sites de Boga sont pratiquement vides.

Cette dernière attaque a également entraîné la délocalisation temporaire des partenaires et la suspension temporaire de projets en eau, hygiène et assainissement et en assistance en vivres et relance agricole, ciblant 40 000 personnes déplacées et communautés hôtes. MSF continue à appuyer les services de pédiatrie et de malnutrition aïgue, et à soigner les afflux de blessés et les victimes de violences sexuelles à Boga. Il faut noter que plus de 140 cas de violences sexuelles y avaient été déjà rapportés depuis le début de l’année. En attendant la stabilisation de la situation au niveau de Boga et Tchabi, les partenaires humanitaires sont en train de se mobiliser pour assister les personnes déplacées arrivant dans la zone de santé encore accessible de Gety.

MEDAIR appuie déjà le centre de santé de Bukiringi dans l’accès aux soins de santé primaire et MSF a fourni des kits à l’hôpital de Gety qui a reçu des blessés.

Il faut noter que cette crise ne se limite pas à la zone de santé de Boga. Ces dernières semaines, une intensification des attaques a été rapportée quasi-quotidiennement dans le territoire de Béni au Nord-Kivu et dans les territoires d’Irumu et Mambasa en Ituri avec d’importantes conséquences humanitaires. L’axe Luna – Bwanasura en territoire d’Irumu dans la zone de santé de Komanda s’est vidé de sa population depuis mars 2021. Aucun acteur humanitaire n’a pu y accéder depuis. Dans le territoire de Mambasa, seul UNIRR à travers son partenaire PPSSP est intervenu dans la zone de santé de Mandima pour assister près de 9 000 personnes. En tout, 17 000 personnes sont nouvellement arrivées dans ce territoire.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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