DR Congo + 3 more

Région des Grands Lacs d'Afrique : l’ONU appelle à mettre fin aux violences des groupes armés et électorales

Format
News and Press Release
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

L’envoyé de l’ONU pour les Grands Lacs d’Afrique a appelé, lundi, à mettre fin aux violences perpétrées par les groupes armés et celles commises dans le cadre de processus électoraux qui touchent les pays de la région.

Devant le Conseil de sécurité, Huang Xia, l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour les Grands Lacs, s’est dit particulièrement préoccupé par le niveau de violence qui continue d’affecter la sécurité des individus, en particulier celles des femmes et jeunes, et d’entraver le plein épanouissement des communautés.

« La violence que continue de perpétrer les groupes armés est consternante. Nous devons y mettre fin, non seulement à travers les mesures fortes en cours, mais également par le recours à la justice », a déclaré M. Xia. Devant le Conseil, il a salué les divers verdicts exemplaires pris ces derniers mois contre les chefs de groupes armés tant par les tribunaux nationaux en République démocratique du Congo (RDC) que par la Cour pénale internationale (CPI).

Mais la violence dans les Grands Lacs n’émane pas uniquement des groupes armés. « Certains pays de la région ont malheureusement connu des élections émaillées elles aussi de violence, et conduisant à la perte de vies humaines », a déploré l’Envoyé spécial.

« S’il est difficile de mettre fin à l’activisme des groupes armés, je suis en revanche convaincu qu’il n’est pas impossible de rêver d’une région des Grands Lacs débarrassée des affres de la violence électorale, à condition de s’en donner les moyens, en multipliant notamment des actions de prévention », a-t-il ajouté.

L’envoyé onusien a appelé toutes les bonnes volontés à se mobiliser pour promouvoir un environnement serein, propice à la tenue d’élections inclusives, libres et transparentes, dans le plein respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Engagement des dirigeants de la région en faveur de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba

Devant les membres du Conseil, M. Xia s’est félicité de voir que les dirigeants des pays des Grands Lacs ont maintenu leur engagement en faveur de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région.

Sur le plan politique et sécuritaire, le Président de la RDC, Félix Tshisekedi, a poursuivi ses efforts à l’endroit de ses homologues des pays de la région, en particulier les Présidents rwandais Paul Kagame, ougandais Yoweri Museveni et burundais Evarise Ndayishimiye, pour tenter de trouver des solutions concertées et durables à la question des groupes armés qui continuent à causer le chaos dans l’est de la RDC.

L’Envoyé spécial a loué ces efforts et réitéré son engagement à soutenir les chefs d’Etat afin que la région puisse venir à bout de ce fléau, avec l’appui de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) et en collaboration étroite avec les autres institutions garantes de l’Accord-cadre que sont l’Union africaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté des Etats de l’Afrique australe (SADC).

« Nous parviendrons à atteindre un tel objectif ambitieux si, au-delà des actions militaires en cours, nous travaillons également à la mise en place de dispositifs non-militaires dans le cadre d’une approche globale et coordonnée », a t-il toutefois souligné, rappelant ainsi une demande faite par les chefs d’Etat de la région lors de leur Sommet du 20 novembre dernier. A cet égard, M. Xia a annoncé que les garants de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba appuient l’opérationnalisation du Groupe de contact et de coordination, regroupant notamment des experts civils et militaires des pays de la région, dont la première réunion devrait se tenir dans les prochaines semaines afin de développer avec plus de détails le paquet de mesures non-militaires ainsi qu’un programme d’exécution éventuel.

Toujours dans le cadre du renforcement de la coopération politique régionale, M Xia a rendu hommage au Président angolais João Lourenço qui, avant sa prise de fonction à la tête de la présidence de la CIRGL en novembre dernier, s’était déjà engagé, aux côtés de son homologue de la RDC, pour rapprocher le Rwanda et l’Ouganda dans le cadre du processus quadripartite. Il a également encouragé le Burundi et le Rwanda dans leurs efforts en vue d’une amélioration de leurs relations, notant ces derniers mois une série de gestes encourageants dans la voie d’une normalisation définitive et sans réserve.

Plan d’action pour la stratégie de l’ONU dans la région

Si la région des Grands Lacs semble être résolument engagée dans la bonne voie pour s’attaquer aux défis sécuritaires, politiques, et économiques qui la minent, il lui faudra cependant l’appui sans relâche de la communauté internationale, a indiqué M. Xia aux membres du Conseil de sécurité.

« C’est précisément l’un des enjeux et objectifs principaux de la Stratégie des Nations Unies pour la consolidation de la paix, la prévention des conflits et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs », a-t-il rappelé en référence au document que son bureau a élaboré et transmis au Conseil de sécurité.

L’Envoyé spécial a insisté sur le fait que sa stratégie compte tirer le meilleur parti des diverses entités onusiennes présentes dans la région pour mieux servir les populations et les pays dans leur quête de paix, de stabilité et de développement durable. Dans cet esprit, Il compte poursuivre ses engagements avec ses différents interlocuteurs afin d’élaborer un plan d’action de la stratégie onusienne.

Dans les semaines à venir, le bureau de l’Envoyé spécial va se concentrer sur quatre tâches prioritaires. Tout d’abord poursuivre les bons offices afin d’appuyer les efforts de rapprochement et de dialogue politique en cours dans la région. Puis, aux côtés des garants de l’Accord-cadre et avec l’appui de la MONUSCO, M. Xia entend apporter tout le soutien nécessaire à l’opérationnalisation du Groupe de contact et de coordination sur les mesures non-militaires. Il compte également poursuivre un plaidoyer politique de haut niveau et mobiliser les ressources nécessaires afin de parvenir aux objectifs recherchés.

« L’on ne saura régler définitivement la question des groupes armés, si l’on ne s’attaque pas, on l’a souvent dit, aux causes profondes de l’instabilité dans la région, et en particulier à l’exploitation illégale des ressources naturelles », a-t-il finalement rappelé. « Ces quatre priorités vont nous occuper dans les prochains mois ».