DR Congo

Réduction de l'aide médicale dans trois zones de santé de la République Démocratique du Congo en raison de l'insécurité

Source
Posted
Originally published
La multiplication des violentes attaques contre la population civile ont contraint l'ONG internationale Medair à réduire ses activités de supervision des soins sanitaires dans trois zones de santé au sud de Bunia. Medair continue cependant à apporter son aide aux personnes déplacées à Dungu.

Plusieurs groupes armés provoquent de graves troubles au nord-est de la République Démocratique du Congo. Ces milices sont à l'origine de nombreux conflits dans toute la région et de la souffrance que les populations civiles endurent. Dans le district d'Ituri, le groupe rebelle Front Populaire pour la Justice au Congo (FPJC) a récemment attaqué les villages et fait fuir leurs habitants. La sécurité est devenue extrêmement précaire dans la région.

Medair a immédiatement réagi en réduisant ses interventions dans les zones de santé de Nyankunde, Boga et Gety, une région comptant quelque 140 000 habitants, jusqu'à ce que la sécurité soit améliorée. Pour le moment, les 14 autres zones de santé soutenues par Medair demeurent entièrement accessibles.

Medair sera donc dans l'impossibilité de maintenir du personnel sanitaire sur place à Nyankunde, Boga ou Gety qui puisse fournir une aide médicale et logistique aux centres de santé. Toutefois, les cliniques locales dispenseront encore des soins médicaux et Medair continuera à distribuer des médicaments dans les zones à forte concentration de personnes déplacées(si la sécurité le permet) et remboursera aux structures de santé tous les soins gratuits prodigués à ces personnes.

« Les zones de santé de Nyankunde, Boga et Gety sont des zones très fragiles » déclare Dr. John Kanyamanda, vice coordinateur médical national chez Medair. « Elles ont souvent été touchées par l'insécurité, de sorte que ce sont toujours les mêmes populations qui sont victimes de souffrances incessantes. Maintenant que nous avons réduit nos activités et que des milliers de personnes fuient ces régions, nous redoutons à court terme le déclenchement d'épidémies et de maladies. »

Medair fournit actuellement des soins de santé et des médicaments gratuits aux personnes déplacées qui fuient ces zones de santé pour gagner des régions plus accessibles.

Dans le district du Haut-Uélé, l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) continue de menacer la région et de contraindre ses habitants à la fuite. Selon les estimations, 23 800 personnes déplacées sont arrivées dans le territoire de Dungu, dont 6 000 dans la seule ville de Dungu.

Medair fournit une aide médicale aux personnes déplacées à Dungu depuis le tout début de la crise, fin septembre, et continuera à le faire.

La situation a été relativement calme à Dungu durant les derniers jours et les responsables sanitaires de Medair ont pu fournir de l'aide aux personnes les plus vulnérables, sans danger. De plus, un nouvel approvisionnement en médicaments gratuits destinés aux centres de santé de la région s'apprête à y être acheminé.

Au début, Medair était la seule ONG internationale active dans la région, mais heureusement, plusieurs ONG sont maintenant présentes et se partagent la responsabilité des interventions. Mais selon Jean de Dieu Mopanga, responsable médical de Medair, la situation n'en reste pas moins très difficile.

« Les familles qui ont accueilli les personnes déplacées ont partagé tout ce qu'elles avaient: nourriture, eau et maisons » déclare M. Mopango. « Certaines ont accueilli entre 35 et 45 personnes. Mais il n'y a tout simplement pas assez de place ni assez de nourriture pour tout le monde. Cependant, il est encourageant de constater que d'autres ONG se joignent à nous maintenant : ainsi, les personnes déplacées ne seront pas contraintes de retourner dans leurs villages, qui sont peu sûrs, à cause d'un manque d'assistance. »

« Medair s'engage formellement à continuer à fournir une aide humanitaire d'urgence et des programmes de réhabilitation aux habitants de la République Démocratique du Congo comme elle l'a fait ces onze dernières années », dit John Farmer, directeur des opérations de Medair. « Nous avons l'intention de continuer notre action à Dungu ainsi que dans toutes nos autres zones accessibles, et de poursuivre également nos activités de supervision dans les trois zones de santé affectées, dès que la sécurité le permettra ».

L'International Rescue Committee estime que, depuis 1998, 5,4 millions de personnes ont perdu la vie en RDC et que leur mort est liée aux conséquences du conflit, en particulier à la famine et aux maladies. Depuis onze ans, Medair fournit en RDC une aide humanitaire d'urgence et des programmes de réhabilitation à des millions de personnes qui souffrent, et est considérée « comme l'organisation la plus respectée dans toute la région. » Aujourd'hui, face à l'escalade tragique de ce violent conflit, Medair utilise son experience, acquise sur place durant plus de dix ans, afin de fournir une aide d'urgence aux personnes les plus vulnérables de ce pays.

Medair intervient dans les régions exposées aux catastrophes naturelles, aux crises et aux conflits par des programmes d'aide humanitaire d'urgence et de réhabilitation destinés aux populations les plus vulnérables. Son personnel recruté à l'international puise dans sa foi chrétienne la motivation à secourir les personnes dans le besoin, en leur fournissant une aide concrète et empreinte de compassion quelles que soient leur race, leur religion ou leurs convictions politiques. Fondée en 1989, Medair est mue par l'engagement indéfectible d'apporter de l'espoir aux personnes les plus vulnérables au monde.