Quatre choses à savoir sur les enfants et la flambée du virus Ebola en RDC

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from UN Children's Fund
Published on 08 Jun 2018 View Original

Pourquoi les enfants continueront de subir les effets dévastateurs du virus bien après la fin de l’épidémie

Par Leah Selim

08 juin 2018

Près de 500 000 enfants vivant à proximité du lieu où s’est déclarée la dernière épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) sont exposés à un risque mortel d’infection et vivent dans la peur de perdre leurs parents et leurs proches. L’épidémie, la neuvième à frapper la RDC, est actuellement confinée à la province de l’Équateur, située dans le nord-ouest du pays.

C’est loin d’être la première fois que le virus frappe la RDC, à tel point qu’il tient son nom de la rivière Ebola, qui passe à proximité du village dans lequel le premier cas a été signalé en 1976. Il se propage principalement au contact des fluides corporels des personnes infectées et tue près de la moitié des malades.

Depuis le début de l’épidémie, 53 cas présumés et 25 décès ont été signalés (au 30 mai 2018). À l’heure où l’UNICEF et ses partenaires s’efforcent de contenir ce virus mortel, voici quatre choses à savoir sur l’incidence du virus Ebola sur les enfants.

  1. Les enfants sont parmi les plus gravement touchés par le virus.

La pire épidémie de l’histoire a frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014-2016. Elle a fait davantage de morts que toutes les autres épidémies réunies. Près d’une personne infectée sur cinq était un enfant. Le taux de létalité est particulièrement élevé chez les enfants infectés et atteint même 95 % chez les enfants de moins de 1 an.

  1. Les effets du virus sur les enfants ne sont pas seulement physiques.

Les séquelles psychologiques du virus Ebola peuvent mettre des années à disparaître. Plus de 30 000 enfants ont perdu l’un de leurs parents ou les deux durant l’épidémie de 2014-2016 et bien plus encore ont vu mourir un proche. Dans certaines communautés, la peur suscitée par Ebola est plus forte que les liens familiaux et les enfants sont rejetés par les propres membres de leur famille qui ont survécu au virus. Cette stigmatisation est susceptible d’isoler des enfants qui ont déjà des difficultés à surmonter les terribles souffrances et pertes qu’ils ont subies.

Et ce ne sont pas les seuls effets invisibles du virus. Au Libéria, plus de 70 000 enfants n’existent pas officiellement, car leur naissance n’a pas été enregistrée pendant l’épidémie de 2014-2016. Cette situation peut les priver de services essentiels, tels que la scolarité, l’accès aux services sanitaires et sociaux, et la protection de l’État.

  1. Les enfants sont une composante essentielle de notre intervention. Le rôle déterminant joué par les communautés fait partie des principaux enseignements que nous avons tirés de l’épidémie d’Ebola de 2014-2016. En RDC, les médecins, les agents de santé, les chefs religieux, les journalistes et les stations de radio locales contribuent tous à enseigner à la population à reconnaître les premiers signes et symptômes du virus, et à l’informer des possibilités de traitement précoce.

Les enfants ont également un rôle essentiel à jouer. À l’école, les enfants apprennent à se protéger du virus en se lavant les mains et en évitant les contacts non nécessaires. Ils partagent ensuite leurs connaissances avec leur famille et leurs voisins, consolidant ainsi le travail de sensibilisation déjà réalisé au sein de la communauté.

  1. L’UNICEF est présent sur le terrain pour venir en aide aux familles en danger.

Depuis le début de l’épidémie, l’UNICEF et ses partenaires sont venus en aide à plus de 300 000 personnes en leur fournissant des informations vitales sur la manière d’éviter tout contact avec ce virus mortel.

Les enfants se trouvent au cœur de notre intervention et nous intensifions nos efforts de prévention dans les établissements scolaires situés dans l’ensemble des zones touchées par le virus. Nous prévoyons ainsi d’installer des unités de lavage des mains dans plus de 270 établissements et de soutenir des activités de sensibilisation destinées à plus de 13 000 enfants.

L’UNICEF met actuellement en place deux comités de protection de l’enfance afin d’aider les enfants affectés et leur famille. Ces comités sont chargés de coordonner les activités de conseil et de fournir des kits de soutien psychosocial comprenant du tissu, des ustensiles de cuisine, des vêtements, du savon, des matelas, des bassines, des moustiquaires et de la nourriture. Ils travaillent en outre à la création d’un réseau de soutien aux enfants dont la famille est affectée par le virus.

À ce jour, l’UNICEF a expédié plus de 80 tonnes de fournitures, y compris du savon, des bâches, des générateurs, des comprimés de purification de l’eau, des bassines et du chlore afin d’appuyer les activités dans le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène.