DR Congo

Plan Global 2005 : Aide humanitaire aux groupes de populations vulnérables en Républic démocratique du Congo

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Exposé des motifs

1. RÉSUMÉ ANALYTIQUE

Par suite de la nomination d'un gouvernement de transition nationale en juillet 2003, événement qui a mis officiellement fin à plus de six ans de guerre civile, la République Démocratique du Congo se trouve à présent à la croisée des chemins. L'engagement soutenu de la communauté internationale en matière financière, politique et militaire, dont témoignent les actions menées au titre du CIAT, le déploiement des forces de la MONUC et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui se sont succédées, a mené ce pays lassé par la guerre à un point où la plus grande partie du territoire est contrôlée par le gouvernement et des élections sont prévues pour le milieu de l'année 2005.

Néanmoins, la situation demeure extrêmement précaire. Le "travail inachevé" dans l'Est du Congo, et plus particulièrement les griefs non résolus du Rwanda, les Congolais de langue kinyarwanda et leurs opposants dans la région du Kivu, continuent à jeter une ombre menaçante sur le futur de la République Démocratique du Congo. Les enjeux ne pourraient être plus importants, réalité attestée par les fonds de développement importants qui sont proposés par les donateurs - aussi bien bilatéraux que multilatéraux - dans une tentative pour faire pencher la balance en faveur de la stabilité. En conséquence, la revue à mi-parcours réalisée en juin au titre du 9ème FED a abouti à la proposition d'une augmentation sans précédent de l'enveloppe, qui passe ainsi de 205 millions d'euros à 475 millions d'euros (montant qui peut encore s'accroître grâce à l'approbation d'une enveloppe de 105 millions d'euros pour appuyer l'organisation des élections).

Pendant ce temps, la RDC occupe, pour la troisième année consécutive, la première place du classement mondial de la vulnérabilité établi par ECHO (méthodologie GINA). Ses indicateurs dans le secteur de la santé publique sont parmi les plus mauvais au monde (voir annexe 1). Quelque 2,5 millions de personnes vivent dans une situation de changement continuel et sont soit déplacées, soit réfugiées, soit encore - pour celles qui ont le plus de chance - sur le chemin du retour. Ces personnes, ainsi que les millions d'autres qui sont demeurées dans des conditions précaires dans leur région d'origine malgré la guerre, ne disposent toujours pas des produits de première nécessité dans le domaine de l'alimentation, des soins de santé et des ressources essentielles dont elles ont besoin pour reconstruire leur vie brisée. En conséquence, les donateurs d'aide humanitaire sont confrontés au défi qui consiste à continuer à sauver des vies humaines dans les conditions d'urgence qui règnent encore dans de nombreuses régions du pays, tout en préparant une transmission en douceur vers des partenaires et des instruments de développement, lorsque des possibilités se présentent.

En ce qui concerne les priorités géographiques, les efforts d'ECHO seront presque exclusivement axés sur les zones rouge et orange en 2005 (voir annexe 2). La plus grande partie des ressources (au moins 58 %) sera affectée à la zone rouge, encore touchée par le conflit ou en situation de lendemain de conflit et comprenant les grandes régions de l'Ituri et du Kivu (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema). Une enveloppe moins importante (29 % des fonds alloués) sera consacrée à la zone orange, région précédemment affectée par le conflit mais en voie de stabilisation depuis 2002 et qui correspond principalement à l'ancienne ligne de front de Lusaka (partie de l'Équateur, de la région de Kasaï et du département du Katanga). En supposant que la tendance actuelle se poursuive, ECHO entend se retirer de la zone orange à la fin de l'année 2005 et céder la place à ses partenaires de développement, en janvier 2006.

Conformément à la stratégie conçue et progressivement affinée au cours des quelques dernières années, les principaux objectifs sectoriels proposés pour l'année 2005 sont les suivants:

Santé (55 % des ressources assignées): quelque 6,75 millions de bénéficiaires directs vivant dans 83 zones de santé ciblées et situées dans les zones rouge et orange, bénéficieront d'un accès équitable à un dispositif minimal de soins de santé essentiels convenus et prodigués par le système de santé congolais, une attention particulière étant accordée aux femmes et aux enfants.

Réinstallation (40 % des ressources assignées): les familles déplacées, rapatriées et hôtes recevront une aide intégrée fondée sur les besoins de la communauté et conçue pour répondre aux besoins immédiats tout en préparant la réinstallation rapide des familles et en contribuant ainsi à la stabilisation de régions affectées par le conflit (principalement de la zone rouge). On estime que 1,72 millions de personnes bénéficieront directement de ces mesures.

L'enveloppe proposée pour le Plan global 2005 d'ECHO en faveur de la DRC est de 38 millions d'euros.