DR Congo

Plan d'action pour la gestion des risques de catastrophe en République Démocratique du Congo 2011-2013

Format
Appeal
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

Lundi, 22 Août 2011 12:35

Plan d’action pour la gestion des risques de catastrophe en République démocratique du Congo 2011-2013

La situation humanitaire de la population de République démocratique du Congo (RDC), principalement dans l’est (Provinces du Nord et du Sud Kivu et district de l’Ituri en Province Orientale) et le nord-est (districts du Haut-Uélé et du Bas-Uélé en Province Orientale) est encore aujourd’hui dramatique. C’est en grande partie le résultat de conflits armés nationaux et régionaux prolongés, incluant les opérations militaires en cours, d’un contexte de pauvreté généralisée, d’une instabilité chronique, de catastrophes naturelles et de violations des droits de l’homme qui ont contribué à un cycle continu de violence et d’insécurité. En conséquence, le pays fait face à l’une des pires crises humanitaires au monde avec plus de 1,7 millions de personnes déplacées. Dans la plupart des régions du pays, la disponibilité alimentaire est insuffisante et sa qualité inadéquate, conduisant près de 70 pour cent de la population à vivre en état d’insécurité alimentaire chronique, dont plus de 6 millions de personnes en état d’insécurité alimentaire aiguë et 14 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë.

Depuis 1998, année de lancement des opérations d’urgence agricoles et de réhabilitation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le pays, les interventions de la FAO en matière d’urgence et de réhabilitation ont prioritairement visé à préserver les vies et les moyens d’existence des populations victimes de calamités naturelles ou de conflits en cherchant à renforcer leurs propres capacités à se prendre en charge sur le plan alimentaire et nutritionnel. Ces interventions ont été essentiellement axées sur la distribution immédiate d’intrants agricoles, de pêche et de petit élevage sur la base d’une analyse régulière de la sécurité alimentaire, concertée avec les différents intervenants humanitaires. L’apport d’intrants agricoles a ainsi pu limiter, et dans certains cas atténuer, la dégradation radicale de la sécurité alimentaire dans les zones d’intervention et favoriser l’accès à des revenus permettant de répondre aux besoins de santé et d’éducation des populations les plus affectées. Plus récemment, l’un des faits marquants, pour la période 2009-2010, a été la fermeture des camps de déplacés au Nord Kivu et le retour consécutif de ces populations dans leurs zones d’origine. Mais également, à titre plus politique et stratégique, la volonté marquée du Gouvernement de stabiliser le pays, à l’est comme à l’ouest.

Si l’aide alimentaire et la fourniture d’articles non alimentaires, dispensées massivement depuis plus de 10 ans en RDC ont évidemment sauvé des vies, elles n’ont cependant laissé que très peu de place au développement et à la consolidation de stratégies d’adaptation aux crises chroniques. Elles ont également contribué à créer une dépendance et une banalisation de l’aide extérieure, souvent gratuite, et favorisé des comportements d’assistanat n’incitant plus les populations locales à se mobiliser pour sortir de par elles-mêmes des situations de crise.

L’analyse des ressources et des opportunités présentes en RDC montre pourtant que la production agricole peut répondre aux besoins de la population, tant en terme de sécurité alimentaire que de génération de revenus, mais qu’une simple dotation en intrants agricoles ne suffit pas. S’il faut continuer à répondre aux besoins urgents des populations victimes de catastrophes ou de conflits, par le transfert direct de moyens de production (à travers des distributions ou des mécanismes participatifs tels que des foires), il est également indispensable de réviser et d’adapter les stratégies adoptées pour venir en aide aux populations. Elles doivent favoriser le développement de mécanismes durables de réponse et d’adaptation aux conflits et aux crises, y compris celles de longue durée. À ce titre, l’agriculture, premier moteur de relance économique en RDC, a un rôle clef à jouer dans la stabilisation et la consolidation de la paix et la réduction des conflits pour l’accès aux ressources naturelles.

Dans le contexte actuel où la RDC doit faire face à des situations d’urgence complexes, la FAO, notamment par le biais de ses opérations agricoles d’urgence et de réhabilitation, entend apporter sa contribution à ce renouveau stratégique de part sa vocation à coordonner les interventions répondant aux besoins agricoles urgents ainsi que de part son expertise technique reconnue permettant d’accompagner l’élaboration et la mise en oeuvre de stratégies supportant la mise en place des conditions propices à la reprise et au développement durable.