DR Congo

N/Kivu : des champs-impact pérennisent la réinsertion socioéconomique des femmes victimes des conflits armés

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Goma, le 21 janvier 2012 (caritasdev.cd): Le projet de réinsertion socio-économique des femmes victimes des conflits armés au Nord-Kivu vise à assurer non seulement la prise en charge de 800 survivantes de viols, veuves ou atteintes du Vih/Sida, mais aussi celle de leurs enfants.

A Birambizo, Gisigari ou Goma, mais aussi Jomba, Karambi ou Kibirizi, ou encore Kibumba, Kitshanga, Mweso, Nyakariba, Nyamilima, et Nyanzale, ces localités de la partie sud du Nord-Kivu, 800 femmes – issues de seize associations de développement rural partenaires de la Caritas Goma – ont bénéficié, en 2009, de sessions de formation (4 jours par session) en techniques agricoles, en élevage et en gestion des activités génératrices de revenus (AGR).

Ces formations ont été assurées par la Caritas Goma et son partenaire RESCATE, une Ong espagnole. Après ces sessions de formation, chaque femme a reçu les intrants de démarrage (semences et outils aratoires ou géniteurs pour la filière agricole) d’une valeur de 150 €. Pour valoriser les céréales produites dans les différents sites par les bénéficiaires du projet, deux moulins semi-industriels et leurs accessoires ont été installés à Goma et à Buturande.

Deux ans plus tard, soit à la fin du projet de réinsertion socio-économique des femmes victimes des conflits armés au Nord-Kivu, ceci a eu un impact significatif dans sa zone d’exécution. Outre les semences et terrains mis à la disposition des bénéficiaires par le projet, celles-ci ont pu louer d’autres espaces avec la plus value de leurs champs communautaires pour des champs impacts, ces nouveaux champs dans lesquels les nouvelles semences sont semées et qui, même à la fin du projet bénéficient toujours de l’assistance techniques des agronomes.

Grâce à l’alphabétisation, le projet a apporté aux bénéficiaires la capacité d’être informé et de communiquer. Lors de premières élections [en 2006, Ndlr], je n’avais donné que le nom de mon candidat à la députation nationale et quelqu’un d’autre avait voté à mon nom et ma place. Mais cette fois-ci, je l’ai fais seule puisque je savais lire son nom et son numéroʺ, se félicite Uwimana, une femme de Rutshuru, à 70 km au nord de Goma, qui parlait des élections de 2011.

Pour mémoire, ce projet, financé par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) et exécuté par Caritas Goma et l’Ong espagnole RESCATE a énormément apporté une opportunité d’éducation au développement dans la mesure où il a appris aux bénéficiaires à se prendre en charge. A titre de leur participation, ces dernières ont d’abord apporté leurs terrains pour l’agriculture, construit des étales pour l’élevage et payé des fournitures pour l’alphabétisation avant de louer d’autres terrains hors-projet… (010/2012)

Taylor Toeka

Chargé de Communication de Caritas Goma